Ce mardi 30 décembre 2025, les recherches du vol MH370 de Malaysia Airlines reprennent officiellement dans l'océan Indien. Plus de onze ans après la disparition du Boeing 777 qui reliait Kuala Lumpur à Pékin le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord, la société britannique Ocean Infinity lance une nouvelle campagne d'exploration ciblant une zone de 15 000 kilomètres carrés, considérée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l'épave. Les opérations, qui dureront 55 jours, s'appuient sur des technologies de robotique marine de pointe capables de sonder les fonds jusqu'à 6 000 mètres de profondeur.
L'essentiel
- Les recherches du vol MH370 reprennent ce 30 décembre 2025 après une interruption au printemps due aux conditions météorologiques défavorables dans l'océan Indien
- Ocean Infinity cible une zone de 15 000 km² le long du septième arc, à environ 2 000 km de Perth, considérée comme présentant la plus forte probabilité de localisation de l'épave
- La société britannique utilisera des drones sous-marins autonomes capables d'explorer jusqu'à 6 000 mètres de profondeur pendant 55 jours, avec un accord financier de 70 millions de dollars conditionné au succès
- Le Boeing 777 a disparu le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord, dont quatre Français, après avoir fait demi-tour et coupé toute communication radio environ 50 minutes après son décollage
- Malgré des recherches ayant couvert plus de 120 000 km² entre 2014 et 2017, seuls quelques débris ont été retrouvés à La Réunion et Madagascar, sans permettre d'élucider les causes exactes de la catastrophe
Cinquante minutes après son décollage dans la nuit du 8 mars 2014, le vol MH370 disparaissait des écrans radar. Onze ans, neuf mois et vingt-deux jours plus tard, ce mardi 30 décembre 2025, une nouvelle tentative de retrouver l’épave de ce Boeing 777 démarre dans l’océan Indien. Selon RTL, les opérations reprennent après avoir été interrompues au printemps 2025 en raison de conditions météorologiques défavorables. Cette énigme demeure l’une des plus grandes de l’histoire de l’aviation civile.
Une zone ciblée de 15 000 km² le long du septième arc
La société britannique Ocean Infinity, spécialisée dans l’exploration maritime, concentrera ses efforts sur une surface de 15 000 kilomètres carrés dans le sud-est de l’océan Indien. D’après TF1 Info, cette zone se situe le long du « septième arc », une bande localisée à environ 2 000 kilomètres de Perth, en Australie. Cette délimitation a été calculée à partir de la dernière demande de connexion par satellite du MH370 la nuit de sa disparition.
Le ministère malaisien des Transports a confirmé qu’il s’agit d' »une zone jugée comme présentant la plus forte probabilité de localisation » de l’appareil. Pour mener à bien cette mission, Ocean Infinity déploiera un navire-mère de près de 80 mètres qui enverra des drones sous-marins autonomes équipés de caméras haute définition. Ces véhicules peuvent explorer des profondeurs atteignant 6 000 mètres, dans des eaux froides et souvent très accidentées, comme le précise BFMTV.
Un accord financier de 70 millions de dollars conditionné au succès
Le cadre financier de cette nouvelle campagne repose sur un principe de « no find, no fee ». Selon CNews, Ocean Infinity ne percevra la somme de 70 millions de dollars promise par le gouvernement malaisien qu’en cas de découverte significative de l’épave. Cet accord porte sur une durée maximale de 18 mois, offrant ainsi plusieurs fenêtres d’intervention possibles selon les conditions océanographiques.
Cette approche n’est pas nouvelle pour Ocean Infinity. La société avait déjà tenté de localiser le Boeing 777 en 2018, explorant alors une zone de près de 25 000 kilomètres carrés pendant quatre mois. Malgré l’utilisation de huit drones sous-marins dotés de technologies avancées, ces recherches étaient restées infructueuses. Les opérations dirigées par l’Australie entre 2014 et janvier 2017 avaient quant à elles couvert plus de 120 000 kilomètres carrés, sans parvenir à retrouver l’appareil.
Les théories contradictoires sur la trajectoire de l’avion
Les circonstances de la disparition du MH370 continuent d’alimenter de nombreuses hypothèses. D’après les rapports d’enquête cités par RTL, l’avion aurait fait demi-tour après avoir coupé toute communication radio. Le téléphone du copilote a brièvement borné à 1h52 du matin avec une antenne relais située sur l’île de Penang. Différents radars militaires ont également détecté l’appareil au-dessus du détroit de Malacca, suggérant qu’il a fait cap au sud au lieu de poursuivre vers le nord en direction de Pékin.
Gilles Diharce, contrôleur aérien et auteur d’une enquête approfondie sur la disparition, explique dans les colonnes de RTL :
« Cet avion a été piloté par quelqu’un qui savait piloter, parce que faire le demi-tour de nuit à haute altitude, ça nécessite des compétences de pilotage qui sont quand même avérées. On ne les a pas chez tout le monde, on les a surtout chez les pilotes. Maintenant, pourquoi avoir fini au milieu de l’Océan Indien ? Est-ce que c’est un suicide ? On peut avoir plein d’hypothèses, mais là, on est vraiment dans le système de l’hypothétique. »
Un rapport officiel rendu public en 2018 avait mis en évidence des défaillances du contrôle aérien et relevé que la trajectoire de l’avion avait été modifiée manuellement, sans toutefois aboutir à une conclusion définitive. Parmi les pistes explorées figurent celle d’un suicide du pilote, celle d’un détournement par l’un des passagers, ou encore celle d’une collision avec un missile lors d’essais militaires.
Le combat inlassable des familles de victimes
Ghyslain Wattrelos incarne le visage de cette quête de vérité qui perdure depuis plus d’une décennie. Ce Français a perdu sa femme Laurence et deux de ses enfants, Ambre et Hadrien, dans la catastrophe. Interrogé par RTL, il exprime ses doutes sur la version officielle et développe sa propre théorie selon laquelle l’avion aurait été abattu :
« Si l’avion n’a pas fait demi-tour, c’est qu’il est tombé quand il a disparu. Quand on mène l’enquête, on s’aperçoit que dans cet avion, il y a un chargement qui n’est pas identifié et qui est bizarre. Il y a des personnages aussi assez étranges dans l’avion. Vraisemblablement, l’avion a été abattu parce qu’il y avait quelqu’un qui ne devait pas arriver à Pékin. »
Malgré la douleur, Ghyslain Wattrelos poursuit son combat, notamment pour son fils survivant qui avait 20 ans à l’époque et ne se trouvait pas à bord. Une enquête judiciaire reste d’ailleurs toujours en cours en France, quatre des 239 passagers étant de nationalité française. Début décembre 2025, un tribunal de Pékin a ordonné à Malaysia Airlines de verser un total d’environ 3,3 millions de dollars d’indemnisations aux proches de huit victimes, selon CNews.
Des débris retrouvés mais un mystère intact
Depuis 2015, plusieurs débris ont été découverts échoués sur des plages de l’océan Indien, notamment à La Réunion et à Madagascar. Ces fragments, identifiés comme appartenant au Boeing 777, ont confirmé que l’avion s’était bien abîmé dans cette zone maritime. Toutefois, leur analyse n’a pas permis de déterminer avec certitude les causes exactes du drame. Certains experts estiment que la taille réduite de certains débris suggère un impact à très grande vitesse, tandis que d’autres éléments retrouvés contredisent cette hypothèse.
L’affinement des analyses des données satellites et des courants océaniques au cours des dernières années a permis d’identifier cette nouvelle zone prioritaire. Le ministre malaisien des Transports Anthony Loke avait déclaré en février dernier, selon TF1 Info : « Ils ont rassemblé toutes les données et ils sont convaincus que la zone de recherche actuelle est plus crédible. Ils nous ont convaincus qu’ils étaient prêts. »
Les progrès technologiques réalisés depuis les premières campagnes de recherche, combinés à une meilleure compréhension des courants marins de l’océan Indien, nourrissent un espoir renouvelé. Les 55 jours d’opérations qui débutent ce mardi permettront-ils enfin de lever le voile sur l’une des énigmes les plus tenaces de l’aviation moderne ? La réponse se trouve peut-être à 6 000 mètres sous la surface de l’océan, dans une zone jusqu’ici inexplorée avec cette précision.
Sources
- RTL (30 décembre 2025)
- BFMTV (30 décembre 2025)
- CNews (30 décembre 2025)
- TF1 Info (29 décembre 2025)
- Entrevue.fr (30 décembre 2025)