10.001 relayeurs sur 12.000 km : la flamme olympique entame son voyage vers Milan

Allumée ce mercredi à Olympie malgré la pluie, la flamme des JO d'hiver 2026 traversera la Grèce puis l'Italie jusqu'au 6 février

10.001 relayeurs sur 12.000 km : la flamme olympique entame son voyage vers Milan
Cérémonie d'allumage de la flamme olympique au site archéologique d'Olympie en Grèce Guillaume Charpentier / INFO.FR

Dans le musée archéologique d'Olympie, la flamme olympique des Jeux d'hiver de Milano Cortina 2026 a été allumée ce mercredi 26 novembre 2025, marquant le début d'un périple de 12.000 kilomètres à travers la Grèce puis l'Italie. Contrainte par des conditions météorologiques défavorables, la cérémonie traditionnelle devant le temple d'Héra a dû être relocalisée en intérieur, utilisant le feu sacré allumé lundi lors de la répétition générale. À 72 jours de la cérémonie d'ouverture prévue dans le stade San Siro de Milan, ce rituel millénaire marque l'entrée dans la phase finale des préparatifs des premiers Jeux olympiques d'hiver en Italie depuis Turin 2006.

L'essentiel

  • La flamme olympique des JO d'hiver Milano Cortina 2026 a été allumée le 26 novembre 2025 à Olympie, mais à l'intérieur du musée archéologique en raison de conditions météorologiques défavorables
  • 10.001 relayeurs transporteront la flamme sur exactement 12.000 kilomètres : 9 jours et 2.200 km en Grèce, puis 63 jours à travers l'Italie du 6 décembre au 6 février 2026
  • Kirsty Coventry, nouvelle présidente du CIO, a prononcé un discours émotionnel sur le rôle des Jeux comme symbole de paix dans un monde divisé
  • L'Italie accueille les Jeux olympiques d'hiver pour la première fois depuis Turin 2006, après 20 ans d'absence et deux candidatures estivales ratées pour Rome
  • La cérémonie d'ouverture se déroulera le 6 février 2026 dans le stade San Siro de Milan, avec l'identité du dernier porteur de la flamme gardée secrète selon la tradition

Zeus, dieu de la pluie dans la mythologie grecque, semblait vouloir jouer les trouble-fêtes ce mercredi matin à Olympie. Mais ni les nuages gris ni les averses annoncées n’ont pu empêcher l’accomplissement du rituel sacré : la flamme olympique des Jeux d’hiver de Milano Cortina 2026 a bien été allumée dans le sanctuaire antique, berceau des Jeux depuis 776 avant J.-C. Selon Olympics.com, la cérémonie s’est déroulée à l’intérieur du musée archéologique, une adaptation nécessaire pour préserver la dignité de cet événement chargé de 2.600 ans d’histoire.

Une cérémonie réinventée face aux caprices du ciel grec

Traditionnellement, la flamme olympique s’allume devant les ruines du temple d’Héra, grâce aux rayons du soleil concentrés par un miroir parabolique tenu par une actrice incarnant la Grande Prêtresse. Mais comme Sport & Société le rapporte, les organisateurs ont dû s’adapter : c’est la flamme allumée lundi lors de la répétition générale, conservée précieusement, qui a servi à enflammer la torche olympique ce mercredi. Une solution déjà utilisée en avril 2024 pour les Jeux de Paris, preuve que la tradition sait composer avec les réalités météorologiques sans perdre son authenticité.

L’actrice grecque Mary Mina, entourée de « prêtresses » vêtues de longues robes claires inspirées de l’Antiquité, a transmis le feu sacré au premier relayeur, Petros Gaidatzis, médaillé de bronze en aviron aux Jeux de Paris 2024. Ce dernier remplaçait au pied levé le slalomeur Alexandros Ioannis Ginnis, blessé lors d’un entraînement. Selon France 3 Régions, le Comité olympique hellénique a justifié ce changement de lieu comme « nécessaire pour garantir la sécurité de tous et préserver la dignité de la cérémonie ».

Un message de paix dans un monde fracturé

La cérémonie a pris une dimension particulièrement émotionnelle avec le discours de Kirsty Coventry, la nouvelle présidente du Comité international olympique élue en mars dernier. La Zimbabwéenne, au bord des larmes selon Sud Ouest, a évoqué le contexte géopolitique tendu qui entoure ces Jeux.

« Ces Jeux arrivent à un moment charnière de notre histoire. Dans le monde divisé qui est le nôtre aujourd’hui, les Jeux occupent une place véritablement symbolique. Il est de notre devoir, de notre responsabilité de veiller à ce que les athlètes du monde entier puissent se rassembler en paix et éveiller les rêves et les espoirs de celles et ceux qui les regardent partout dans le monde », a déclaré la présidente du CIO.

Elle a poursuivi en insistant sur les valeurs universelles portées par le mouvement olympique : « Les athlètes portent les valeurs qui nous unissent. Ils nous montrent le meilleur de l’humanité, une humanité où la discrimination n’a pas sa place sur l’aire de compétition ». Un message qui résonne particulièrement à l’heure où plusieurs conflits internationaux menacent l’esprit de la Trêve olympique.

Un périple de 10.001 porteurs à travers deux nations

Après Petros Gaidatzis, deux légendes italiennes des sports d’hiver ont pris le relais à Olympie : Stefania Belmondo, double championne olympique de ski de fond en 1992 et 2002, puis Armin Zöggeler, double champion olympique de luge en 2006 et 2010. Comme le précise RMC Sport, exactement 10.001 relayeurs se succèderont ensuite pour porter la flamme sur près de 12.000 kilomètres.

Le périple commence par neuf jours en Grèce, couvrant 2.200 kilomètres avant une cérémonie de passation prévue le 4 décembre dans le stade panathénaïque d’Athènes, là même où se déroulèrent les premiers Jeux olympiques modernes en 1896. La flamme arrivera ensuite à Rome le 6 décembre pour entamer sa traversée de l’Italie pendant 63 jours. Selon TF1 Info, elle passera par des sites emblématiques comme Sienne, Pompéi et Venise avant d’atteindre Cortina d’Ampezzo le 26 janvier.

L’Italie retrouve les Jeux après deux décennies d’absence

Pour l’Italie, ces Jeux marquent un retour attendu sur la scène olympique hivernale. Vingt ans exactement se seront écoulés entre les Jeux de Turin 2006 et ceux de Milano Cortina 2026. Entre-temps, la péninsule a essuyé deux échecs cuisants avec les candidatures estivales de Rome pour 2020 et 2024. Giovanni Malago, président du Comité national olympique italien, s’est réjoui en déclarant que « le génie italien brille à travers la torche olympique ».

Les préparatifs n’ont pourtant pas été un long fleuve tranquille. Sport & Société rappelle que les premiers mois ont été « quelque peu chaotiques, notamment sur le plan stratégique du sponsoring », avant que le gouvernement italien ne reprenne fermement la main sur le dossier. Le CIO a dû exercer une vigilance accrue sur l’avancement des chantiers, particulièrement celui du Centre de glisse dont l’homologation, obtenue la semaine dernière seulement, a permis d’écarter le spectre de compétitions organisées hors d’Italie.

Le compte à rebours final avant San Siro

À moins de 100 jours de la cérémonie d’ouverture prévue le 6 février 2026 dans le mythique stade San Siro de Milan, les organisateurs entrent dans la phase la plus critique. La flamme olympique, symbole millénaire de paix et d’excellence sportive, devient le marqueur visible de cette échéance qui se rapproche. Son voyage à travers l’Italie, du sud au nord et d’est en ouest, doit permettre de mobiliser l’ensemble du pays autour de cet événement planétaire.

L’identité du dernier relayeur qui allumera la vasque olympique le 6 février reste, selon la tradition, un secret jalousement gardé. Ce mystère entretient le suspense et l’attente autour d’une cérémonie qui marquera le retour de l’Italie dans le cercle restreint des nations organisatrices des Jeux olympiques d’hiver. La flamme allumée ce mercredi à Olympie porte désormais les espoirs de tout un pays et, au-delà, le message universel de fraternité et de dépassement de soi qui anime le mouvement olympique depuis l’Antiquité.

Dans un contexte international marqué par les divisions, ces Jeux de Milano Cortina 2026 s’annoncent comme un rendez-vous crucial pour rappeler au monde que le sport peut encore être ce terrain neutre où l’humanité se retrouve autour de valeurs communes. La flamme qui brûle désormais et qui va traverser deux nations en 72 jours en sera le symbole vivant, porté par 10.001 relayeurs ordinaires et extraordinaires.

Sources

  • Olympics.com (26 novembre 2025)
  • Sport & Société (26 novembre 2025)
  • France 3 Régions (26 novembre 2025)
  • Sud Ouest (26 novembre 2025)
  • RMC Sport (26 novembre 2025)
  • TF1 Info (26 novembre 2025)
Guillaume Charpentier

Guillaume Charpentier

Journaliste polyvalent culture et sport. Formation en communication et médias numériques. Passionné par l'actualité sportive et culturelle. Expérience en création de contenu digital et couverture événementielle. Intègre INFO.FR en novembre 2025.