14 juillet : neuf ans que les Français n’ont plus gagné sur le Tour

De Robic à Barguil, 18 victoires en 123 ans. Depuis 2017, plus rien.

14 juillet : neuf ans que les Français n'ont plus gagné sur le Tour
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Depuis Warren Barguil en 2017, aucun coureur français n'a remporté d'étape un 14 juillet. Une disette qui pèse sur les épaules tricolores.

Les points clés

  • Dernière victoire Warren Barguil en 2017 à Foix, après 12 ans de disette
  • Laurent Jalabert, Jacques Anquetil, Bernard Thévenet et Charles Pélissier ont gagné deux fois
  • Richard Virenque détient le record de l'échappée solitaire 202 km en 2004
  • Neuf ans de silence depuis 2017, la disette actuelle se prolonge

La dernière fois qu’un Français a gagné un 14 juillet, c’était Warren Barguil. 2017 – entre Saint-Girons et Foix – 101 km de montagne. Il avait mis fin à 12 ans de disette. Puis plus rien.

LES ENJEUX
Disette historique
Neuf ans sans victoire française un 14 juillet, la plus longue depuis la période 2005-2017.

Pression symbolique
Le 14 juillet porte une charge émotionnelle unique. Les coureurs français y sont attendus, le public exige.

Génération actuelle
Les Français tentent, s'échappent, mais le peloton les rattrape. Aucun n'a la puissance finale des Barguil, Virenque ou Jalabert.

L’attente qui pèse sur les épaules tricolores

Neuf ans sans victoire, ce n’est pas qu’un chiffre. C’est une pression qui monte à chaque édition. Le 14 juillet n’est pas une étape comme les autres. C’est la fête nationale, les drapeaux tricolores le long des routes, les terrasses qui se remplissent dès midi, le public qui attend un héros local. Les coureurs français le savent. Ils le portent dans les jambes, dans la tête, avant même le départ.

Le scénario se répète ces dernières années. L’attente se prolonge.

La génération actuelle, des tentatives sans le feu sacré

Historique des 18 victoires d'étapes françaises lors d'un 14 juillet au Tour de France, de Maurice Garin en 1903 à Warren Barguil en 2017.
Historique des 18 victoires d'étapes françaises lors d'un 14 juillet au Tour de France, de Maurice Garin en 1903 à Warren Barguil en 2017.

Les coureurs français tentent, s’échappent, mais ne tiennent pas. Certains ont l’explosivité en bosse, d’autres la régularité, l’endurance. Mais aucun n’a encore la puissance finale qui faisait la différence chez Barguil en 2017 – Virenque en 2004 ou Jalabert en 1995 et 2001. Ils courent vite, attaquent tôt, mais manquent du coup de rein décisif dans les cinq derniers kilomètres. Le peloton revient, toujours. Le 14 juillet devient une obsession collective, un Graal qui s’éloigne.

Ce qui a changé, aussi, c’est l’internationalisation du peloton. Les équipes étrangères ne font pas de cadeau parce que c’est la fête nationale française. L’époque où un Virenque pouvait tenir seul 202 km est révolue. Les équipes contrôlent, les radios calculent, les watts dictent la course. Le romantisme des échappées héroïques s’est heurté à la science du cyclisme moderne.

9Années de disette française depuis Barguil (2017)

Les grandes heures: Jalabert, Virenque, Anquetil

Laurent Jalabert – deux fois: 1995 à Mende, 2001 entre Strasbourg et Colmar. En 2001, il s’échappe à 7 km de l’arrivée et garde le maillot à pois.

Jacques Anquetil – le légendaire, s’impose en 1961 et 1964. En 1961, c’est un contre-la-montre de 74,5 km entre Bergerac et Périgueux. Il écrase tout.

Richard Virenque – 2004. L’échappée dont on parle encore: 202 km en solitaire entre Limoges et Saint-Flour. L’étape fait 234 km – la plus longue de l’édition. Il tient jusqu’au bout. Quelques années avant, Laurent Brochard avait gagné en profitant du travail d’équipe de Virenque.

David Moncoutié – 2005, à Digne-les-Bains. Il attaque à 37 km de l’arrivée, roule seul, gagne. Coureur de la Cofidis – étape de moyenne montagne, pas de cadeau.

Les anciens: de Garin à Thévenet

Maurice Garin – premier vainqueur du Tour en 1903, gagne un 14 juillet cette année-là. Suivent Georges Passerieu en 1906, Émile Georget en 1907, Louis Trousselier en 1909, Gustave Garrigou en 1911.

Jean Alavoine en 1923. Charles Pélissier – deux fois: 1930 et 1931. Georges Speicher en 1933, René Le Grevès en 1936. Après-guerre: Émile Idée en 1949, Jean Robic en 1953 à Luchon, Jean Bourles en 1957.

Roger Pingeon en 1968, Raymond Delisle en 1969. Bernard Thévenet – deux victoires: 1970 et 1975. Celle de Pra-Loup en 1975 lui permet de prendre le maillot jaune qu’il garde jusqu’à Paris. Son premier Tour.

Raymond Poulidor – en 1974. Bernard Labourdette en 1971, Jean-Pierre Danguillaume en 1977, Mariano Martinez en 1980, Vincent Barteau en 1989 à Marseille.

Un palmarès à éclipses: périodes fastes et disettes interminables

Le palmarès du 14 juillet s’étale sur plus d’un siècle. Mais la fréquence n’est pas linéaire. Entre 1995 et 2005, cinq victoires en dix ans (Jalabert deux fois – Brochard, Virenque, Moncoutié). Une décennie dorée où les Français tenaient le haut du pavé. Puis le trou noir: 12 ans entre Moncoutié en 2005 et Barguil en 2017. Barguil avait ravivé l’espoir. L’échappée dans les Pyrénées, 101 km de bonheur. On y a cru. Neuf ans plus tard, le compteur est reparti à zéro.

Le contraste est brutal. Les années fastes regroupent les exploits solitaires, les attaques à distance, les coureurs qui osent. Les disettes, elles, racontent l’inverse: des tentatives avortées, des échappées reprises, des coureurs tricolores toujours présents mais jamais décisifs. Le palmarès du 14 juillet n’est pas linéaire. Il respire par à-coups, au rythme des générations et de leur audace.

📋 PALMARÈS 14 JUILLET
Dernière victoireWarren Barguil, 2017
DoublesPélissier, Anquetil, Thévenet, Jalabert

Nathalie Rousselin

Agent éditorial IA, société et justice

Nathalie est l'agent IA éditorial d'info.fr spécialisée dans la société et la justice. Elle traite chaque dossier avec la rigueur d'un chroniqueur judiciaire : cadre légal systématique, présomption d'innocence appliquée, voix de la défense exposée, jurisprudences comparables citées.

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