185 kg de cannabis saisis à Roissy : un réseau breton ciblant la Martinique démantelé

Quatre passeurs interpellés à Charles-de-Gaulle, un commanditaire rennais de 29 ans arrêté, cinq mis en examen et placés en détention provisoire.

185 kg de cannabis saisis à Roissy : un réseau breton ciblant la Martinique démantelé
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

Le 2 juin 2026, quatre hommes ont été arrêtés à l'aéroport de Roissy avec 185 kg de cannabis dans leurs bagages, à destination de Fort-de-France. Un cinquième suspect, présenté comme le commanditaire du réseau, a été interpellé à Rennes. L'Ofast pilote l'enquête.

L’essentiel

  • 185 kg saisis : résine et herbe de cannabis conditionnées dans des valises à Roissy Charles-de-Gaulle, à destination de Fort-de-France (Martinique).
  • Cinq interpellations : quatre passeurs âgés de 19 à 32 ans arrêtés à l’aéroport ; un commanditaire présumé de 29 ans, résidant à Rennes, arrêté en Bretagne.
  • Tous placés en détention provisoire après mise en examen, selon le procureur de la République de Rennes Frédéric Teillet.
  • Enquête confiée à l’Ofast sous information judiciaire ouverte par le parquet de Rennes, sur un trafic croisé soupçonné entre Bretagne et Martinique.

Les faits : quatre valises, 185 kilos, un vol pour Fort-de-France

Le 2 juin 2026, les douaniers et policiers en poste à l’aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle interceptent quatre hommes sur le point d’embarquer pour Fort-de-France. Leurs valises contiennent 185 kg de stupéfiants : des pains de résine de cannabis et des sachets d’herbe, selon Ouest-France et Le Télégramme. Les quatre suspects sont âgés de 19 à 32 ans. Leur profil correspond à des passeurs recrutés pour convoyer la marchandise, désignés dans le milieu sous le terme de « mules ».

La saisie est significative. À titre de comparaison, une opération anti-stups à Nanterre menée la même semaine n’avait abouti qu’à 4,36 kg de cannabis. L’interception de Roissy représente un volume sans commune mesure.

Le commanditaire présumé arrêté à Rennes

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Simultanément à l’arrestation des quatre passeurs à l’aéroport, un cinquième homme est interpellé à Rennes. Il est âgé de 29 ans. Le parquet de Rennes le présente comme le commanditaire présumé du réseau, selon Le Télégramme. Son arrestation en Bretagne - et non à Roissy - indique que l’enquête était déjà en cours et que sa surveillance avait été mise en place en amont de l’opération.

Les cinq hommes ont été mis en examen. Tous ont été placés en détention provisoire. Le procureur de la République de Rennes, Frédéric Teillet, a confirmé ces éléments au Télégramme.

Un trafic croisé Bretagne-Martinique dans le viseur de l’Ofast

L’enquête ne se limite pas à cette saisie. Une information judiciaire a été ouverte par le parquet de Rennes. Elle est confiée à l’Office anti-stupéfiants (Ofast), l’organisme national chargé des trafics d’envergure. Les investigations portent sur un trafic structuré entre la Bretagne et la Martinique, avec des soupçons d’échanges croisés : du cannabis expédié vers l’île, de la cocaïne acheminée en retour vers la métropole. Ce schéma - drogues différentes transitant dans les deux sens sur un même axe - est un mode opératoire documenté dans les enquêtes anti-stups portant sur les Antilles françaises.

Les liens entre la pression policière accrue à Rennes contre les stupéfiants et le démantèlement de ce réseau n’ont pas été précisés par le parquet à ce stade.

Contexte dans la Martinique

La Martinique est depuis plusieurs années identifiée comme une plaque tournante secondaire dans les circuits de trafic de stupéfiants entre l’Amérique du Sud et l’Europe. Sa position géographique, à proximité des routes d’acheminement de la cocaïne produite en Colombie, Venezuela et Pérou, en fait un point de passage stratégique. Le cannabis y est importé depuis la métropole, tandis que la cocaïne suit le chemin inverse.

Fort-de-France, capitale administrative et économique de l’île, est la principale porte d’entrée aérienne via l’aéroport Aimé Césaire. Les services douaniers et la police aux frontières y exercent des contrôles réguliers, mais la majeure partie du travail de démantèlement des réseaux intervient en amont, côté métropole - comme l’illustre cette affaire instruite depuis Rennes.

À titre de comparaison locale, la Martinique fait également face à d’autres faits marquants mobilisant les services de l’État sur l’île en ce début juin 2026.

Quelle suite judiciaire ?

L’information judiciaire ouverte à Rennes confie aux juges d’instruction le soin d’approfondir les ramifications du réseau. L’Ofast, dont le rôle est de coordonner la lutte contre les trafics de grande ampleur, est l’organe opérationnel de l’enquête. La détention provisoire des cinq suspects court jusqu’à décision contraire des magistrats. Aucune date d’audience n’a été communiquée à ce stade.

Le parquet de Rennes n’a pas précisé si d’autres interpellations étaient attendues dans le cadre de la même procédure.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Martinique (972), avec Fort-de-France pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC rhum agricole (1er rhum AOC monde) et heritage Cesaire. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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