550 anciens responsables israéliens alertent Trump sur la violence des colons
À la veille d'un sommet à Washington, près de 600 ex-généraux et hauts fonctionnaires exhortent le président américain à faire pression sur Netanyahu pour stopper le 'terrorisme de colons' en Cisjordanie.
Près de 600 anciens responsables militaires, diplomatiques et du renseignement israéliens ont adressé ce mardi 28 juillet une lettre ouverte à Donald Trump. Ils demandent au président américain d'inciter Benjamin Netanyahu à endiguer la violence des colons en Cisjordanie occupée, qu'ils qualifient de menace existentielle pour Israël.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Près de 600 anciens responsables militaires, diplomatiques et du renseignement israéliens ont signé la lettre ouverte à Trump.
- Les signataires qualifient les violences en Cisjordanie de 'terrorisme de colons' et accusent le gouvernement de protéger les extrémistes.
- L'appel a été publié le 28 juillet 2026, à la veille d'une rencontre officielle entre Trump et Netanyahu à Washington.
- Les anciens officiels estiment que cette violence menace une escalade 'plus destructrice' que les événements d'octobre 2023.
À quelques heures d’une rencontre cruciale entre Donald Trump et Benjamin Netanyahu à Washington, près de 600 anciens hauts responsables israéliens brisent le silence. Dans une lettre ouverte publiée ce mardi, ces ex-généraux, anciens du Mossad, du Shin Bet et de la diplomatie exhortent le président américain à faire pression sur le Premier ministre pour stopper ce qu’ils appellent le « terrorisme de colons » en Cisjordanie occupée.
Regroupés sous la bannière « Commanders for Israel’s Security », les signataires affirment que cette violence met en danger l’avenir d’Israël et la sécurité régionale, selon Al Jazeera. Ils estiment que seul Trump peut éviter une « calamité » qu’ils jugent potentiellement plus destructrice que les événements d’octobre 2023.
Une mobilisation sans précédent
Les quelque 600 signataires représentent une mobilisation rare dans l’establishment sécuritaire israélien. Selon The Times of Israel, ces anciens responsables occupaient des postes clés dans l’armée, les services de renseignement et la diplomatie. Leur appel commun rompt avec la réserve habituelle des militaires retraités en Israël.
La lettre qualifie explicitement les violences de « terrorisme de colons », terme fort dans le vocabulaire politique israélien. Les signataires accusent des membres du gouvernement actuel de protéger ces extrémistes et d’affaiblir délibérément l’Autorité palestinienne, rapporte The Times of Israel.
Un avertissement sur l’escalade
Les anciens responsables ne mâchent pas leurs mots. Selon l’Agence de Presse Sada, ils mettent en garde contre une escalade sécuritaire potentiellement « plus destructrice » que les événements du 7 octobre 2023. Cette référence explicite au déclenchement du conflit à Gaza souligne la gravité de leur diagnostic.
L’impunité dont bénéficieraient certains colons, parfois avec la bienveillance politique, crée selon eux un terreau propice à l’embrasement. Les signataires estiment que cette violence compromet non seulement la sécurité d’Israël, mais aussi les intérêts américains et les efforts diplomatiques en cours dans la région.
Le timing stratégique de l’appel
La publication de cette lettre n’est pas anodine. Elle intervient à la veille d’une rencontre officielle entre Trump et Netanyahu à Washington ce 28 juillet 2026, selon l’Agence Ivoirienne de Presse. Les signataires misent visiblement sur ce sommet pour obtenir un effet de levier.
En s’adressant directement au président américain plutôt qu’au gouvernement israélien, les anciens responsables reconnaissent implicitement que seule une pression extérieure peut infléchir la politique actuelle. Ils considèrent Trump comme le seul acteur capable d’obtenir un changement de cap de Netanyahu.
Contexte en Cisjordanie occupée
La violence des colons en Cisjordanie occupée s’est intensifiée ces dernières années. Des attaques contre des villages palestiniens, des destructions de propriétés et des intimidations sont régulièrement documentées par des organisations de défense des droits humains.
Selon Anadolu Ajansı, l’appel des anciens officiels souligne que cette violence n’est pas le fait d’individus isolés, mais s’inscrit dans un système où l’impunité est garantie par des choix politiques. L’affaiblissement délibéré de l’Autorité palestinienne, accusent-ils, crée un vide sécuritaire propice à l’escalade.
Les signataires pointent également la responsabilité de membres du gouvernement actuel, sans les nommer explicitement, qui selon eux protègent ces extrémistes au lieu de les poursuivre.
Une voix dissidente dans l’establishment
Cette prise de position marque une rupture dans le consensus sécuritaire israélien. Alors que les responsables en activité restent silencieux, ces anciens hauts gradés utilisent leur crédibilité et leur expérience pour alerter sur ce qu’ils perçoivent comme une menace existentielle.
Le mouvement « Commanders for Israel’s Security » regroupe depuis plusieurs années des anciens de l’appareil sécuritaire israélien critiques de la politique gouvernementale. Mais l’ampleur de cette mobilisation - près de 600 signataires - et la gravité du ton employé témoignent d’une inquiétude croissante au sein de cette communauté.
Reste à savoir si cet appel trouvera un écho lors du sommet de Washington. La rencontre Trump-Netanyahu était initialement centrée sur d’autres dossiers régionaux, mais la publication de cette lettre pourrait placer la question de la violence des colons à l’ordre du jour des discussions entre les deux dirigeants.
Sources
- Al Jazeera : Ex-Israeli officials urge Trump to curb settler violence
- The Times of Israel : Former security officials call on Trump to pressure Netanyahu
- Anadolu Ajansı : Israeli ex-officials warn Trump of settler terrorism
- Agence de Presse Sada : Lettre ouverte d'anciens responsables israéliens à Trump