Il mesure 1,20 m à 2 ans, 1,70 m à 9 ans, et 2,29 m aujourd'hui à 15 ans. Jérémy Gohier, originaire de Laval au Québec, est devenu l'adolescent le plus surveillé de la planète basket. Dépassant Victor Wembanyama de 3 centimètres, ce prodige canadien fait déjà saliver les recruteurs de la NBA tout en poursuivant tranquillement sa scolarité dans un lycée de Montréal. Portrait d'un phénomène qui refuse de brûler les étapes.
L'essentiel
- Jérémy Gohier mesure 2,29 m à 15 ans, soit 3 centimètres de plus que Victor Wembanyama (2,26 m), et chausse du 54
- Sa croissance exceptionnelle a été fulgurante : 1,20 m à 2 ans, 1,70 m à 9 ans, avec 11 cm gagnés sur la dernière année seulement
- En septembre 2024, lors du camp d'Indianapolis, son compte Instagram est passé de 1 800 à 11 000 abonnés en une journée après avoir inscrit 36 points au premier match
- À l'AmeriCup U16 avec le Canada, il a tourné à 2,5 points, 4,3 rebonds et 46,7% de réussite en 10 minutes par match malgré deux ans de moins que ses coéquipiers
- Il ne sera éligible à la Draft NBA qu'en 2030, mais les recruteurs NCAA et les franchises professionnelles le suivent déjà de près
Il est 6 heures du matin à Laval, au Québec. Derrière son écran d’ordinateur, Jérémy Gohier s’apprête à rejoindre ses cours de français et de mathématiques à l’école Georges-Vanier. Selon Le Parisien, qui l’a rencontré début décembre, ce jeune homme de 15 ans mène une vie d’adolescent presque ordinaire : excellent élève, passionné de jeux vidéo, entouré d’amis qui le surnomment affectueusement « Jay ». À un détail près, vertigineux : il mesure 2,29 mètres, soit 7 pieds et 6 pouces dans le système américain. Trois centimètres de plus que Victor Wembanyama.
Une croissance fulgurante sous surveillance médicale
La trajectoire physique de Jérémy Gohier défie l’entendement. Diagnostiqué très jeune d’une surcroissance infantile, il a toujours été « en avance » sur les courbes de croissance classiques. La Dépêche rapporte qu’à deux ans, il mesurait déjà 1,20 m, puis 1,70 m à neuf ans. Sur la dernière année seulement, il a gagné 11 centimètres supplémentaires. Son père mesure 1,83 m, sa mère 1,70 m, et son grand-père 1,96 m.
Contrairement à ce que l’on pourrait craindre, cette croissance exceptionnelle n’est pas liée à un problème de santé. Comme l’expliquent ses proches dans La Dépêche : « On a écarté tout problème médical, c’est simplement sa génétique qui s’exprime. » Sa mère plaisante même parfois en déclarant : « Je n’ai rien mis dans son biberon ! » Le jeune homme chausse désormais du 54, une pointure qui le place déjà parmi les gabarits les plus imposants de l’histoire du basket professionnel.
Le poids du regard et l’apprentissage de la différence
Vivre avec une telle stature à l’adolescence n’est pas sans conséquences sur le quotidien. Jérémy Gohier en est parfaitement conscient. Dans une interview accordée à BeBasket, il confie avec une maturité surprenante pour son âge :
« Dès que je vais quelque part, tout le monde me regarde. Parfois, j’aimerais mesurer 1,80 m et passer inaperçu. Mais je préfère être aussi grand que je suis… et jouer au basket. »
Dès la maternelle, sa différence était flagrante. La Dépêche raconte qu’il devait jouer à genoux pour suivre ses camarades de classe, déchirant régulièrement ses pantalons dans l’opération. Aujourd’hui, à 15 ans, il a appris à gérer cette attention constante, trouvant dans le basketball un espace où sa taille devient un atout plutôt qu’une curiosité.
Un talent qui dépasse la simple stature
Ce qui impressionne le plus les observateurs, ce n’est pas seulement la taille de Jérémy Gohier, mais sa coordination et sa mobilité exceptionnelles pour un gabarit aussi imposant. Inscrit depuis l’âge de 6 ans au programme des Nobel de l’Association de basketball de Laval (ABL), il a développé des qualités techniques remarquables. Son entraîneur Emmanuel Borno expliquait au Journal de Montréal, cité par BeBasket : « Ce qui est très spécial chez lui, ce sont ses habiletés par rapport à sa grandeur. Il est rapide et flexible. Il présente une bonne motricité et une excellente mobilité. »
Le jeune prodige suit actuellement le programme Sports-études à l’école Georges-Vanier de Laval, au nord de Montréal. Pour accélérer son développement, il joue systématiquement dans des catégories supérieures : en secondaire 2, il affronte des élèves de secondaire 4 âgés de 16 ans. L’été dernier, selon La Dépêche, il a participé à l’AmeriCup U16 avec l’équipe du Canada, malgré deux années de moins que ses coéquipiers. En seulement 10 minutes par match, il a tourné à 2,5 points, 4,3 rebonds et 46,7 % de réussite aux tirs.
La révélation d’Indianapolis et l’explosion médiatique
Le tournant dans la carrière médiatique de Jérémy s’est produit en septembre dernier, lors d’un camp regroupant les meilleurs espoirs nord-américains à Indianapolis. Ses entraîneurs Daniel Mulumba et Emmanuel Borno avaient longtemps hésité avant d’accepter cette exposition. Comme le relate La Presse, Mulumba s’inquiétait : « S’il ne performe pas et que ça ne va pas bien, il peut se faire détruire par les médias. »
Leurs craintes se sont révélées infondées. Dès le premier match, Jérémy a inscrit 36 points, dunkant par-dessus tous ses adversaires avec une facilité déconcertante. Le compte Instagram du jeune homme est passé de 1 800 à 11 000 abonnés en une seule journée. Le lendemain, raconte son entraîneur dans La Presse, des dizaines de personnes lui demandaient des photos : « On disait : ‘Si on avait demandé 5 $ par photo, on serait sorti avec au moins 100 000 $’. »
Un développement protégé malgré les sollicitations
Face à cet engouement soudain, l’entourage de Jérémy a choisi la prudence. Malgré les approches insistantes de programmes prestigieux au Canada, aux États-Unis et ailleurs, le mot d’ordre reste clair, comme le souligne BeBasket :
« Pas question de brûler les étapes. Il ne faut pas trop s’emballer. On doit rester terre à terre. Parce qu’il est très grand, rien n’est garanti qu’il se rendra à la NBA, même si on se le fait tout le temps répéter. »
Cette approche mesurée contraste avec la frénésie qui entoure le jeune homme. Les recruteurs de la NCAA ont déjà créé un dossier à son nom, avec alertes activées. Selon L’Équipe, qui suivait déjà son évolution en septembre 2024 lorsqu’il mesurait 2,21 m à 13 ans, Jérémy devra patienter jusqu’à la rentrée 2030 avant d’être éligible à la Draft NBA. D’ici là, les franchises professionnelles ont activé leurs radars pour surveiller chaque étape de son développement.
Dans les pas d’un autre géant québécois
La trajectoire de Jérémy Gohier rappelle celle d’un autre prodige canadien : Olivier Rioux. En 2021, à l’âge de 15 ans, ce dernier était entré au Guinness des records en tant que plus grand adolescent du monde avec 2,26 m. Aujourd’hui âgé de 18 ans, Rioux évolue pour les Florida Gators en NCAA et mesure désormais 2,36 m. Cette comparaison, mentionnée par L’Équipe, laisse entrevoir le potentiel d’évolution physique de Gohier, qui n’a probablement pas terminé sa croissance.
Pour l’instant, le jeune Québécois reste concentré sur l’essentiel : sa scolarité, où il excelle, et son développement basketistique progressif. Fan de Giannis Antetokounmpo et Nikola Jokic, il rêve bien sûr de « faire la grosse ligue », comme il le confie à La Presse. Mais entre les cours de français du matin et les parties de NBA 2K sur PlayStation avec ses amis, Jérémy Gohier reste avant tout un adolescent de 15 ans qui apprend à vivre avec un corps d’exception. Un corps qui, comme il le dit lui-même avec humour, donnerait « le vertige » à quiconque l’habiterait.
La question qui obsède désormais les observateurs du basket mondial est simple : jusqu’où ira-t-il ? Avec 11 centimètres gagnés sur la dernière année et une croissance qui pourrait se poursuivre pendant trois ou quatre ans encore, Jérémy Gohier pourrait bien redéfinir les limites physiques du basketball moderne. En attendant, il continue de grandir, au propre comme au figuré, sous les yeux émerveillés d’une planète basket qui n’a pas fini d’entendre parler de lui.
Sources
- Le Parisien (1er décembre 2025)
- BasketSession.com (10 octobre 2025)
- BeBasket (10 octobre 2025)
- La Dépêche (10 novembre 2025)
- La Presse (17 janvier 2025)
- L'Équipe (26 septembre 2024)