Abidjan : la rue des Caraïbes fermée trois mois pour le métro
Port-Bouët interdit la circulation du 15 juillet au 30 septembre pour la construction d'un pont ferroviaire de la Ligne 1, projet français à 1,36 milliard d'euros.
La rue des Caraïbes, dans la commune de Port-Bouët à Abidjan, est fermée depuis ce mercredi 15 juillet et jusqu'au 30 septembre pour les travaux du métro. Le ministère ivoirien des Infrastructures demande aux automobilistes de respecter le plan de déviation pendant cette phase critique du chantier.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- La rue des Caraïbes à Port-Bouët est fermée du 15 juillet au 30 septembre 2026 pour les travaux d'un pont ferroviaire.
- La Ligne 1 du métro d'Abidjan reliera Anyama à l'aéroport sur 37,4 km avec 18 stations et une capacité de 500 000 passagers par jour.
- Le projet, piloté par un consortium français (Bouygues, Alstom, Colas, Keolis), coûte 1,36 milliard d'euros financés par la France.
- En juin 2026, le viaduc sur la lagune Ébrié était presque achevé et 12 des 22 ponts terminés.
- La mise en service du métro est prévue pour fin 2028.
La rue des Caraïbes, artère de Port-Bouët dans le sud d’Abidjan, est fermée à la circulation depuis ce mercredi 15 juillet pour une durée de deux mois et demi. Le ministère des Infrastructures et de l’Entretien Routier a annoncé cette mesure nécessaire à la réalisation du tablier d’un pont ferroviaire de la Ligne 1 du métro d’Abidjan. La circulation reprendra le 30 septembre.
Selon le communiqué diffusé par les comptes officiels du projet métro et de l’Ageroute, les automobilistes sont invités à suivre le plan de circulation mis en place et à respecter les consignes de sécurité autour du chantier. Cette fermeture s’inscrit dans le calendrier serré de construction de la première ligne de métro aérien de Côte d’Ivoire.
Un projet de 37,4 km à travers sept communes
La Ligne 1 du métro d’Abidjan reliera Anyama, au nord de la capitale économique, à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny situé à Port-Bouët, au sud. Le tracé traverse sept communes sur 37,4 kilomètres. Selon le consortium en charge des travaux, ce métro automatique doit transporter plus de 500 000 passagers par jour en 50 minutes de trajet, soit environ huit fois plus vite que le trajet actuel en voiture aux heures de pointe.
Le projet comprend 18 stations, 24 ponts, un viaduc enjambant la lagune Ébrié et 34 passerelles piétonnes. En juin dernier, les travaux de génie civil du viaduc étaient presque achevés et 12 des 24 tabliers de ponts prévus étaient terminés, selon les Chantiers de la gouvernance. La mise en service est annoncée pour fin 2028.
Un chantier porté par des groupes français
Le métro d’Abidjan est construit par un consortium français réunissant Bouygues Travaux Publics, Alstom, Colas Rail et Keolis. Le groupe Bouygues pilote les travaux de génie civil et la fourniture du matériel roulant, tandis que Keolis assurera l’exploitation de la ligne pendant 15 ans après la livraison.
Le coût total du projet est estimé à environ 1,36 milliard d’euros, financé en grande partie par la France via l’Agence française de développement et des prêts du Trésor français, selon le ministère ivoirien de l’Économie et des Finances. Ce montage financier fait du métro d’Abidjan l’un des plus gros investissements français en Afrique de l’Ouest dans le secteur des transports.
Contexte dans l’agglomération abidjanaise
Abidjan compte environ 5,5 millions d’habitants dans son agglomération. Port-Bouët, commune côtière au sud de la métropole, abrite l’aéroport international et plusieurs zones industrielles. La ville souffre d’une congestion chronique : les embouteillages paralysent quotidiennement les axes principaux, faute de transport en commun structuré à grande capacité.
Le métro est conçu pour désengorger le réseau routier et offrir une alternative rapide et fiable aux bus et taxis-brousse. Selon le site IN Côte d’Ivoire, le projet doit aussi créer des milliers d’emplois locaux pendant la phase de construction et l’exploitation.
Ce que cela signifie vu de France
Pour Paris, le métro d’Abidjan représente un levier d’influence économique et diplomatique en Afrique francophone. Le projet illustre la stratégie française de financement d’infrastructures structurantes dans ses anciens territoires, où les entreprises tricolores conservent une position dominante face à la concurrence chinoise et turque.
Le chantier fait aussi écho aux débats français sur l’aide au développement et le retour sur investissement des prêts concessionnels. La réussite du métro d’Abidjan, première ligne de ce type en Côte d’Ivoire, pourrait servir de vitrine pour d’autres projets français dans la région, notamment au Sénégal et en Guinée.
Les travaux se poursuivent à un rythme soutenu. La fermeture de la rue des Caraïbes marque l’une des dernières phases critiques avant la pose des rails et l’installation des rames Alstom sur l’ensemble du tracé.
