Affaire Élodie Kulik : le parquet d’Amiens ordonne de nouvelles expertises
Le procureur Jean-Philippe Vicentini a ordonné le 9 juillet de nouvelles analyses ADN et vocales, 24 ans après le meurtre
Dans l'affaire Élodie Kulik, le procureur d'Amiens a ordonné mardi de nouvelles expertises scientifiques. Ces analyses ADN et vocales répondent à une demande de la défense de Willy Bardon, condamné en 2019 et qui clame son innocence.
L’essentiel
- Date : le procureur d’Amiens a ordonné ces expertises le 9 juillet 2026
- Condamnation : Willy Bardon a été condamné en 2019 à 30 ans de réclusion
- Délai : 24 ans se sont écoulés depuis le meurtre d’Élodie Kulik en janvier 2002
- Demande : les avocats de Bardon ont déposé leur requête en mai 2026
Le procureur de la République d’Amiens, Jean-Philippe Vicentini, a ordonné jeudi 9 juillet de nouvelles expertises dans l’affaire Élodie Kulik. Cette décision intervient 24 ans après le meurtre de la jeune femme de 24 ans, enlevée, violée et assassinée en janvier 2002 à Tertry.
Deux types d’analyses ordonnées
Les nouvelles investigations porteront sur deux volets distincts. D’abord, des analyses ADN via des techniques modernes sur des prélèvements conservés depuis l’enquête initiale. Selon TV5MONDE, ces expertises concerneront des éléments pileux et des traces retrouvés sur les scènes de crime, avec des méthodes qui n’existaient pas lors de l’instruction originale.
Second volet : l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) va réanalyser la bande-son de l’appel aux secours passé par Élodie Kulik. Cet enregistrement constitue la pièce centrale du dossier. L’objectif est d’affiner l’identification des voix, notamment celle que la défense conteste être celle de Willy Bardon.
Une demande de la défense
Cette décision du parquet répond à une demande déposée en mai 2026 par les avocats de Willy Bardon. La défense s’appuie sur les progrès techniques récents pour justifier ces nouvelles analyses. Willy Bardon, condamné en 2019 à 30 ans de réclusion pour l’enlèvement et le viol d’Élodie Kulik, a toujours clamé son innocence.
Ces expertises pourraient permettre à la défense d’enclencher une procédure en révision de procès si les résultats remettent en cause les éléments ayant fondé la condamnation. Une telle démarche nécessiterait des éléments de preuve nouveaux et déterminants.
Contexte dans la Somme
L’affaire Élodie Kulik reste l’une des affaires criminelles les plus médiatisées de la Somme. Le département, qui compte environ 570 000 habitants, a été marqué par ce dossier durant deux décennies. Le tribunal judiciaire d’Amiens est dirigé par son président, traite régulièrement des affaires sensibles, mais celle-ci conserve une résonance particulière dans l’opinion publique locale.
La justice française dispose désormais d’outils d’analyse ADN et vocale considérablement plus précis qu’au début des années 2000. Ces avancées ont déjà permis de résoudre plusieurs cold cases ces dernières années, comme d’autres affaires judiciaires complexes.
Prochaine étape
Les résultats de ces expertises sont attendus dans les prochains mois. Ils détermineront si la défense dispose d’éléments suffisants pour saisir la commission de révision des condamnations pénales. Le parquet d’Amiens n’a pas communiqué de calendrier précis pour la remise de ces analyses scientifiques.