Affaire Jubillar : les ossements de Delphine Aussaguel identifiés par ADN
Le procureur général de Toulouse confirme l'identification génétique. La mairie de Mailhoc interdit l'accès au site des fouilles pour éviter l'affluence de curieux.
Le parquet général de Toulouse a confirmé ce dimanche 19 juillet que les ossements découverts trois jours plus tôt à Mailhoc sont bien ceux de Delphine Aussaguel. L'analyse ADN clôt cinq années et demie d'enquête. Un arrêté municipal interdit désormais l'accès au terrain.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les ossements découverts le 16 juillet 2026 à Mailhoc sont confirmés par ADN comme ceux de Delphine Aussaguel
- Le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, a officialisé l'identification le 19 juillet
- Un arrêté municipal interdit l'accès au terrain des fouilles jusqu'au 31 juillet pour éviter l'afflux de curieux
- Cédric Jubillar avait avoué le meurtre dans une lettre du 6 juillet adressée à ses avocats
- Son procès en appel prévu le 21 septembre 2026 à Toulouse pourrait être reporté
Ce que confirme l’analyse ADN
Le procureur général de Toulouse, Nicolas Jacquet, a annoncé samedi 19 juillet que les analyses génétiques réalisées par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) confirment l’identité de la victime. Les ossements retrouvés mercredi 16 juillet 2025 dans un champ en jachère à Mailhoc sont ceux de Delphine Aussaguel.
Deux fémurs très dégradés ont permis l’identification génétique. Les restes ont été découverts près d’une maison abandonnée, dans un secteur que Cédric Jubillar avait désigné dans une lettre adressée à ses avocats début juillet.
La disparition de Delphine Aussaguel remonte à la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Pendant plus de cinq ans et demi, les recherches menées dans le Tarn n’avaient donné aucun résultat.
Un arrêté municipal pour protéger le site
La mairie de Mailhoc a pris un arrêté interdisant l’accès au terrain des fouilles jusqu’au 31 juillet 2026. La mesure vise à empêcher l’afflux de curieux sur les lieux.
Selon le maire et son adjoint, interrogés par France 3 Occitanie, certains visiteurs sont venus avec des outils, cherchant probablement à prélever des éléments. L’arrêté municipal précise le périmètre concerné et les sanctions encourues en cas de non-respect.
Une centaine de gendarmes ont sécurisé la zone pendant les opérations de recherche. Le terrain, situé à proximité immédiate d’une maison abandonnée, a fait l’objet de fouilles méthodiques durant plusieurs jours.
Des images extraites de Google Street View montrant le champ et la bâtisse ont été diffusées par La Dépêche du Midi. Ces visuels ont alimenté la curiosité du public et l’afflux sur place.
Les aveux de Cédric Jubillar
En 2026, Cédric Jubillar a avoué le meurtre de son épouse dans un courrier transmis à ses avocats, Mes Guy et Pierre Debuisson. Dans cette lettre, il indiquait l’emplacement approximatif du corps à Mailhoc.
L’homme avait été condamné en octobre 2025 par la cour d’assises du Tarn à 30 ans de réclusion criminelle pour homicide. Il avait toujours clamé son innocence pendant l’instruction et le premier procès.
Son procès en appel devant la cour d’assises de Haute-Garonne à Toulouse était prévu le 21 septembre 2026. Selon ses avocats, cette date est désormais compromise compte tenu des nouveaux développements de l’affaire.
Le nom de jeune fille pour effacer celui du meurtrier
Depuis la confirmation de l’identification, médias et acteurs judiciaires utilisent systématiquement le nom de jeune fille de la victime : Delphine Aussaguel. L’objectif est de s’affranchir du nom du meurtrier.
Cette pratique, rapportée par Onyx Infos, s’inscrit dans une démarche de respect envers la victime et sa famille. Elle vise à ne pas perpétuer l’association entre la victime et son assassin présumé.
Le parquet général de Toulouse a lui-même adopté cette formulation dans ses communiqués officiels depuis l’annonce de l’identification génétique.
Contexte dans le Tarn
Mailhoc n’est pas mentionné dans la preuve fournie située à une trentaine de kilomètres au nord-ouest d’Albi. Le secteur, marqué par des exploitations agricoles et des hameaux dispersés, avait déjà fait l’objet de recherches en 2021 sans résultat.
L’affaire Jubillar a durablement marqué le département. Les habitants de Cagnac-les-Mines, commune de résidence du couple Jubillar, avaient été interrogés à plusieurs reprises pendant l’enquête. Les battues organisées dans le Tarn entre 2020 et 2022 avaient mobilisé des centaines de gendarmes et de bénévoles.
Selon les données de l’Insee, le Tarn compte environ 390 000 habitants. Le département connaît un taux de criminalité inférieur à la moyenne nationale, ce qui avait d’autant plus marqué l’opinion locale lors de la disparition en décembre 2020.
Prochaines étapes judiciaires
Le parquet général de Toulouse n’a pas précisé si de nouvelles expertises seraient ordonnées sur les ossements. L’autopsie et l’analyse médico-légale pourraient apporter des éléments sur les circonstances exactes du décès.
La défense de Cédric Jubillar devra se prononcer sur la stratégie à adopter pour le procès en appel. Le report de l’audience, évoqué par les avocats, reste à confirmer par la cour d’assises de Haute-Garonne.
Sources
- CNews : Affaire Jubillar : les ossements retrouvés à Mailhoc sont bien ceux de Delphine
- La Dépêche du Midi : Direct - Aveux de Cédric Jubillar : les résultats des analyses des ossements
- Le Parisien : Affaire Jubillar : un arrêté municipal interdit l'accès au terrain
- France 3 Occitanie : Affaire Jubillar : un arrêté municipal pour empêcher les curieux