Affaire Lyhanna : nouvelle plainte pour viol sur mineur contre Barella, confirmée par la procureure d’Auch

Un père a déposé plainte mercredi pour des attouchements lors d'une soirée pyjama fin août 2025 à Montestruc-sur-Gers. La procureure Clémence Meyer a confirmé les faits le 3 juin 2026.

Affaire Lyhanna : nouvelle plainte pour viol sur mineur contre Barella, confirmée par la procureure d'Auch
Illustration Hélène Dubos / info.fr

Dans le Gers, une nouvelle plainte pour viol sur mineur visant Jérôme Barella, principal suspect dans la mort de Lyhanna (11 ans), a été déposée mercredi 3 juin 2026 par le père d'une fillette de 11 ans. La procureure d'Auch, Clémence Meyer, l'a confirmé en conférence de presse. Le suspect, déjà mis en examen pour enlèvement et séquestration, cumule désormais au moins quatre plaintes pour viol sur mineur.

L’essentiel

  • Nouvelle plainte : déposée le 3 juin 2026 par un père pour des attouchements lors d’une soirée pyjama fin août 2025 au domicile de Barella à Montestruc-sur-Gers, concernant sa fille de 11 ans placée à l’ASE.
  • Confirmation officielle : la procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a annoncé cette plainte lors de sa conférence de presse du 3 juin 2026.
  • Mise en examen : Jérôme Barella, 41 ans, est mis en examen pour enlèvement et séquestration sur mineur de moins de 15 ans et placé en détention provisoire depuis le 1er juin 2026.
  • Historique judiciaire : au moins quatre plaintes pour viol sur mineur (plus des signalements depuis 2017), malgré un casier judiciaire vierge.
  • Affaire Lyhanna : la fillette de 11 ans a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance ; son corps a été retrouvé les 4-5 juin 2026 près de Puycasquier dans un silo agricole.

La plainte du 3 juin : une soirée pyjama fin août 2025

Mercredi 3 juin 2026, un père de famille s’est présenté dans un commissariat pour déposer plainte pour viol sur mineur contre Jérôme Barella. Les faits allégués remontent à une soirée pyjama organisée fin août 2025 au domicile du suspect, à Montestruc-sur-Gers. Sa fille, âgée de 11 ans et placée depuis à l’Aide sociale à l’enfance (ASE), aurait été victime d’attouchements - des caresses sur les fesses, qualifiées par l’enfant de « chatouilles », selon La Dépêche du Midi.

La plainte a été formalisée après la médiatisation de l’affaire Lyhanna. Un signalement avait été adressé à l’ASE dès mars 2026, mais la démarche judiciaire n’avait pas encore abouti à une plainte formelle. La conférence de presse de la procureure a précipité la formalisation.

La procureure Meyer confirme en conférence de presse

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La procureure de la République d’Auch, Clémence Meyer, a évoqué cette nouvelle plainte lors de sa prise de parole publique du 3 juin 2026. Elle a indiqué qu’elle venait d’en prendre connaissance ce jour-là. C’est la première fois que la magistrate reconnaissait publiquement l’accumulation des signalements et plaintes visant Barella sur plusieurs années, tout en expliquant les raisons pour lesquelles le suspect n’avait pas encore été auditionné dans les procédures antérieures au moment de la disparition de Lyhanna.

Selon la procureure, la plainte déposée en août 2025 auprès du parquet de Toulouse avait été transférée à Auch en décembre 2025 ou janvier 2026. L’audition de Barella était prévue comme dernier acte de l’enquête, selon BFMTV. La disparition de Lyhanna le 29 mai 2026 a précédé cette étape.

Témoignages concordants autour des soirées pyjama

Les faits décrits dans la nouvelle plainte recoupent des témoignages recueillis dans d’autres procédures. La mère de Lyhanna avait elle-même évoqué, selon La Dépêche du Midi et TF1info, des soirées similaires organisées par Barella chez lui, avec des comportements analogues - des caresses qualifiées de jeux - à l’égard d’autres fillettes présentes.

Ces soirées pyjama constituaient un mode d’accès récurrent au domicile du suspect. Barella, père de deux enfants âgés de 7 et 11 ans, dont la fille était une amie proche de Lyhanna et scolarisée au même collège de Fleurance, bénéficiait d’un réseau de confiance familiale, selon France info et Sud Ouest.

Un historique judiciaire qui remonte à 2017

La chronologie des signalements et plaintes visant Barella est désormais connue dans ses grandes lignes, d’après les éléments rendus publics par la procureure Meyer et recoupés par plusieurs médias nationaux.

  • 2017 : un premier signalement pour une relation avec une mineure de 17 ans.
  • 2021 : licenciement du lycée Maréchal-Lannes (Lectoure) pour comportement inapproprié avec une lycéenne, selon franceinfo.
  • 2022 : une plainte pour viol sur enfant de 7 ans (faits de 2020) est classée sans suite.
  • 2024-2025 : une plainte pour faits répétés entre septembre 2024 et mai 2025 est en cours d’instruction au moment de la disparition de Lyhanna.
  • Août 2025 : les faits de la soirée pyjama faisant l’objet de la nouvelle plainte du 3 juin 2026.
  • Après le 3 juin 2026 : au moins une plainte supplémentaire a été déposée - une à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) pour des faits en 2023, selon franceinfo, et une autre à Fleurance pour novembre 2025, selon BFMTV.

Malgré cet historique, le casier judiciaire de Jérôme Barella restait vierge au moment de son placement en détention provisoire. Aucune condamnation n’avait été prononcée à son encontre, selon Sud Ouest et franceinfo.

La mise en examen pour l’affaire Lyhanna

Jérôme Barella, 41 ans, domicilié à Montestruc-sur-Gers, a été interpellé en lien avec la disparition de Lyhanna, une fillette de 11 ans qui avait disparu le 29 mai 2026 à Fleurance après être montée dans un véhicule. Son corps a été retrouvé et identifié les 4 et 5 juin 2026 dans un silo agricole près de Puycasquier, dans le Gers.

Interrogé le 1er juin 2026 devant la juge d’instruction à Agen, Barella a été mis en examen pour enlèvement et séquestration sur mineur de moins de 15 ans. Il est placé en détention provisoire. Les qualifications pénales retenues pourraient évoluer à mesure que l’enquête progresse - la mort de Lyhanna ayant été confirmée après sa mise en examen initiale.

Contexte dans le Gers

Le Gers (32) est un département rural de 195 000 habitants environ, dont Auch est la préfecture. Fleurance, commune d’environ 6 500 habitants dans le nord du département, est à une trentaine de kilomètres d’Auch. Montestruc-sur-Gers, où résidait Barella, compte environ 600 à 700 habitants.

L’affaire a provoqué une vive émotion dans le département et au-delà. Des marches blanches ont été organisées en hommage à Lyhanna. La question des dysfonctionnements judiciaires - plusieurs procédures ouvertes sans aboutir à une mise en cause avant le drame - a alimenté un débat national sur la protection des mineurs et la coordination entre parquets.

À Auch, le parquet se retrouve en première ligne pour expliquer le traitement des signalements antérieurs. La procureure Meyer a détaillé publiquement le cheminement des procédures, une démarche inhabituelle qui traduit la pression exercée par cette affaire sur l’institution judiciaire locale. Pour des affaires locales impliquant des tentatives de violence, comme à Roques récemment, les parquets de la région gasconne sont régulièrement sollicités sur des faits graves de proximité.

L’affaire Lyhanna dépasse toutefois largement le cadre local par son retentissement national et les questions institutionnelles qu’elle soulève sur la protection de l’enfance et la circulation des informations judiciaires entre parquets - notamment entre Toulouse, qui avait reçu la plainte d’août 2025, et Auch, destinataire du dossier fin 2025.

Plaintes qui continuent d’arriver

Depuis la révélation publique de l’affaire, le nombre de plaintes continue d’augmenter. Selon franceinfo, une plainte pour viol a été déposée dans les Côtes-d’Armor (Saint-Brieuc) pour des faits remontant à 2023. BFMTV signale une autre plainte déposée à Fleurance le 5 juin 2026 pour des faits de novembre 2025. Ces procédures, initiées hors du Gers, seront vraisemblablement transmises au parquet compétent en lien avec l’instruction en cours à Agen.

Le nombre total de plaintes pour viol sur mineur visant Barella atteint désormais au moins quatre, auxquelles s’ajoutent plusieurs signalements non formalisés en plainte. L’instruction dirigée par la juge d’Agen devra intégrer l’ensemble de ces éléments dans un dossier qui s’alourdit chaque jour.

La prochaine étape judiciaire visible sera la confirmation ou l’évolution des qualifications retenues contre Barella, au regard notamment de la mort confirmée de Lyhanna - un volet que l’instruction à Agen devra traiter en parallèle des plaintes pour viols sur mineurs.

Sources

Hélène Dubos

Hélène Dubos

Hélène est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Gers (32), avec Auch pour chef-lieu. Spécialité du département : festival Jazz in Marciac et AOC armagnac. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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