Deux ans après l’agression de Samara, Montpellier face à la violence scolaire

La collégienne agressée en 2024 près du collège Arthur Rimbaud sort du coma, relançant les questions sur la sécurité dans les établissements héraultais.

Deux ans après l'agression de Samara, Montpellier face à la violence scolaire
Illustration Sarah Bertrand / info.fr

Le 2 avril 2024, Samara, 13 ans, était rouée de coups à la sortie du collège Arthur Rimbaud de Montpellier. Hémorragie cérébrale, coma d'une journée, cinq mineurs mis en examen. Deux ans plus tard, alors que la collégienne sort du coma, le débat sur la sécurité scolaire reste entier dans l'Hérault.

L’affaire avait ému la France entière. Le 2 avril 2024, Samara, collégienne de 13 ans scolarisée au collège Arthur Rimbaud de Montpellier, était agressée à la sortie des cours par trois adolescents. Rouée de coups, elle avait souffert d’une hémorragie cérébrale et était restée dans le coma plus d’une journée, selon TF1 Info. Deux ans plus tard, alors qu’elle sort du coma, l’affaire continue de hanter les couloirs de l’établissement et l’académie de Montpellier.

Cinq mineurs mis en examen, un collège sous tension

Au total, cinq mineurs ont été mis en examen après les faits, dont une collégienne de 14 ans pour tentative d’homicide volontaire, rapportait Le Monde en avril 2024. Les trois principaux auteurs avaient reconnu les faits.

L’enquête administrative menée par le ministère de l’Éducation nationale avait conclu à l’absence de harcèlement ou de négligence de la part du collège. Nicole Belloubet, alors ministre, avait déclaré : « L’enquête administrative n’a pas relevé de négligence de la part du collège Arthur-Rimbaud à Montpellier. » La mère de Samara avait contesté ces conclusions, exprimant sa stupéfaction selon un journaliste présent sur place.

Du côté de l’établissement, la tension avait persisté bien au-delà des premières semaines. Les personnels avaient réagi publiquement aux conclusions du rapport d’inspection.

Le SNES Montpellier avait de son côté dénoncé le refus de la rectrice de maintenir une conseillère principale d’éducation supplémentaire, pourtant positionnée en urgence après l’agression.

Un contexte qui ne s’améliore pas

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L’affaire Samara n’est pas un cas isolé. En février 2025, la principale du collège Marcel Pagnol à Montpellier a été agressée par une élève, entraînant des mesures de sécurité renforcées et la reprise des cours sous surveillance accrue, selon France 3 Occitanie. En avril 2026, une altercation violente entre un professeur et des lycéens au lycée Jules-Guesde a conduit à l’ouverture d’une enquête administrative. Aymeric Meiss, directeur académique de Montpellier, a réagi : « Les violences dans l’enceinte scolaire sont inacceptables d’où qu’elles viennent et il nous faut faire la lumière », rapportait France Info.

À l’échelle nationale, l’année scolaire 2024-2025 a enregistré 14 incidents graves pour 1 000 élèves dans les collèges et lycées, selon le ministère de l’Éducation nationale. Dans l’Hérault, les violences physiques hors cadre familial ont progressé de 7 % en 2025, à 6 088 victimes de violences intrafamiliales recensées, d’après Midi Libre.

Des réponses institutionnelles, des moyens contestés

L’académie de Montpellier a annoncé que 100 % des personnels des collèges et lycées seraient formés au programme « Phare » contre le harcèlement d’ici fin 2025, avec 6 000 élèves ambassadeurs et 6 agents dédiés, selon le site académique. Des efforts salués par certains, mais jugés insuffisants par les syndicats.

Car pour la rentrée 2026, l’académie prévoit 75 suppressions de postes dans le premier degré et 73 dans le second. Des mobilisations syndicales ont eu lieu le 31 mars 2026 contre ces coupes, que les enseignants lient directement à la dégradation des conditions de sécurité, selon France 3 Occitanie.

Prochaine étape : la rentrée de septembre 2026 constituera un premier test pour mesurer l’effet réel des formations anti-harcèlement et des contrôles renforcés aux abords des établissements, dans un contexte budgétaire contraint.

Sources

Sarah Bertrand

Sarah Bertrand

Correspondante à Montpellier, elle suit l'université, les tensions sur le logement étudiant, la viticulture héraultaise et les débats sur la métropole. Issue de l'ESJ Lille, elle a travaillé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Méthode : interroger les étudiants, les bailleurs, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets avant de publier.

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