Agression aux urgences de Chambéry : trois jeunes poursuivis pour violences en réunion
Le 21 juin, une dizaine de personnes a envahi les urgences du CHMS pour s'en prendre à un patient. Deux soignantes ont été blessées. Trois suspects, dont un mineur, ont été remis en liberté en attendant leur procès.
Deux soignantes des urgences du Centre Hospitalier Métropole Savoie (CHMS) ont été blessées le 21 juin lors d'une intrusion violente. Trois jeunes de 22, 20 et 14 ans ont été interpellés puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Ils répondront de violences en réunion.
L’essentiel
- Fait 1 : Une dizaine de personnes a forcé l’accès aux urgences du CHMS de Chambéry le 21 juin 2026 pour s’en prendre à un patient.
- Fait 2 : Deux soignantes ont été blessées par des projectiles (chaises, banc) alors qu’elles tentaient de s’interposer.
- Fait 3 : Trois suspects, âgés de 22, 20 et 14 ans, ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire pour violences en réunion.
Une intrusion violente aux urgences
Le dimanche 21 juin 2026, aux alentours de 5 heures du matin, une altercation éclate au Carré Curial, en marge de la Fête de la musique à Chambéry. Selon Le Dauphiné Libéré, une rixe oppose plusieurs personnes. L’un des participants, blessé, est transporté aux urgences du Centre Hospitalier Métropole Savoie (CHMS).
Peu après son arrivée, une dizaine d’individus force l’entrée du service pour s’en prendre à lui. D’après France Bleu, les agresseurs jettent des projectiles - chaises, banc - à travers la salle d’attente. Deux soignantes qui tentent de s’interposer sont touchées et blessées.
Les deux professionnelles de santé ont été placées en arrêt de travail. Elles ont annoncé leur intention de porter plainte, indique Police & Réalités.
L’enquête et les suites judiciaires
Les caméras de vidéosurveillance de l’hôpital ont permis d’identifier l’un des auteurs qui avait pris la fuite. Interpellé rapidement, il a été placé en garde à vue avec deux autres suspects, âgés de 22, 20 et 14 ans. À l’issue de leur garde à vue, les trois hommes ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire, en attendant leur procès pour violences en réunion.
La procédure est désormais entre les mains du parquet de Chambéry. La date d’audience n’a pas encore été fixée.
Ce type de violence n’est pas un cas isolé dans la région. Plus récemment, un jeune de 19 ans a été tué par balles à Nantes, illustrant une recrudescence de la violence dans l’espace public.
Réactions de l’hôpital et des syndicats
La direction du CHMS a fermement condamné ces actes. Dans un communiqué, elle a annoncé la mise en place d’un accompagnement médico-psychologique pour l’ensemble des équipes des urgences. Elle a également rappelé que des mesures de sécurité existent, mais que l’accès non contrôlé aux urgences reste une faille.
Les syndicats de soignants, de leur côté, dénoncent un manque de moyens humains et sécuritaires dans les services d’urgence. Ils réclament un renforcement des dispositifs de protection, notamment la présence d’agents de sécurité 24 heures sur 24. Une situation qui rappelle d’autres affaires, comme l’affaire de l’animateur mis en examen pour agressions sexuelles à Morières-lès-Avignon, où la protection des publics vulnérables est en question.
Contexte dans la Savoie
Le département de la Savoie compte environ 448 000 habitants, avec Chambéry comme préfecture. Le CHMS est le principal établissement hospitalier du territoire, employant plusieurs milliers de personnes. Les urgences de Chambéry reçoivent quotidiennement des dizaines de patients, parfois dans des situations de tension liées à l’alcool ou aux rixes nocturnes. Selon les chiffres de l’Agence Régionale de Santé, les agressions contre les soignants ont augmenté de 22 % dans la région Auvergne-Rhône-Alpes en 2024. Ce fait divers relance le débat sur la sécurisation des services d’urgence, en ville comme à la campagne.
Prochaine étape : le procès
Les trois suspects devront répondre de violences en réunion devant le tribunal judiciaire de Chambéry. La date de l’audience n’est pas encore connue. En attendant, ils restent sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître à l’hôpital et de contacter les victimes.