Première historique dans l’Aisne : un aigle royal juvénile aperçu près de Viels-Maisons

Le 19 avril, un rapace à plus de 2 mètres d'envergure a survolé les marais de l'Aisne, une première absolue dans les Hauts-de-France.

Première historique dans l'Aisne : un aigle royal juvénile aperçu près de Viels-Maisons
Illustration Camille Lefebvre / info.fr

Un aigle royal juvénile a été observé le 19 avril 2026 près des marais de Pierrepont et de la Souche, à Viels-Maisons. C'est la première fois qu'un tel oiseau est confirmé dans les Hauts-de-France. Les ornithologues locaux parlent d'un événement « rare » et « exceptionnel ».

Dimanche 19 avril 2026, vers 11h40. Un groupe de promeneurs encadré par Richard Kasprzyk, délégué territorial de la LPO Aisne, effectuait une sortie d’observation d’oiseaux chanteurs près des marais de Pierrepont et de la Souche, à Viels-Maisons. C’est là qu’ils ont levé la tête sur un rapace hors norme : un aigle royal juvénile, envergure dépassant les deux mètres, taches blanches sur les ailes et barre blanche sur la queue caractéristiques d’un individu en deuxième année. Selon France 3 Régions, aucune observation de ce type n’avait jamais été enregistrée dans les Hauts-de-France ou en Picardie.

« Une grande joie » pour la LPO

Richard Kasprzyk n’a pas caché sa surprise. Il a qualifié le moment de « grande joie » et insisté sur son caractère rarissime, rapporte France 3 Régions. Les photos prises sur place ont été publiées sur la page Facebook de la LPO Aisne et ont généré des centaines de réactions. L’espèce est habituellement confinée aux massifs montagneux - Alpes, Pyrénées, Corse - et ne descend pas dans les plaines du nord de la France.

Une observation similaire avait été signalée la veille, le 18 avril, à Guise, à une quarantaine de kilomètres au nord. Il pourrait s’agir du même individu en déplacement, selon L’Union.

Un juvénile erratique, pas un signe d’installation

Publicité

Philippe Carruette, ornithologue au Parc du Marquenterre, apporte une explication. Les jeunes aigles royaux, avant de se fixer définitivement à 4 ou 5 ans, se dispersent sur des centaines de kilomètres en profitant des courants ascendants. Ce comportement erratique les amène parfois très loin de leurs zones d’origine. Selon France 3 Régions, il ne faut donc pas s’attendre à une installation durable de l’oiseau dans la région.

L’événement pointe néanmoins le rôle que peuvent jouer les Hauts-de-France comme corridor temporaire pour la dispersion de certaines espèces. Un sujet qui intéresse de plus en plus les naturalistes à l’heure où les questions de biodiversité et de connectivité des habitats font l’objet de nombreux travaux. À ce titre, les amateurs de nature locale suivront peut-être avec le même intérêt les pluies de météores des Lyrides ce 22 avril, autre rendez-vous insolite de ce printemps 2026.

La LPO Aisne n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles nouvelles observations depuis le 19 avril. Le département voisin de la Marne n’a, pour sa part, signalé aucun passage similaire à ce stade.

Sources

Camille Lefebvre

Camille Lefebvre

Installée à Laon, elle documente les fermetures d'usines textiles, le redéploiement logistique sur l'axe A26 et les débats sur la santé dans les zones rurales. Formée au CFJ, elle a d'abord travaillé en agence avant de rejoindre la rédaction locale. Sa ligne éditoriale : donner la parole aux acteurs de terrain, ne jamais se contenter des communiqués de préfecture.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie