Airbags Takata : troisième décès en France métropolitaine confirmé en Haute-Savoie
Le ministère des Transports a officiellement attribué la mort d’un automobiliste de 41 ans à l’explosion de son airbag défectueux survenue le 22 janvier 2025 à Cranves-Sales.
Un conducteur de 41 ans est mort le 22 janvier 2025 à Cranves-Sales (Haute-Savoie) après l’explosion de l’airbag Takata de sa Citroën C3. Le ministère des Transports a confirmé le 3 juillet 2026 qu’il s’agit du troisième décès lié à ce défaut en France métropolitaine. Plus d’un million de véhicules restent concernés.
L’essentiel
- Troisième décès : Le 22 janvier 2025, un homme de 41 ans meurt à Cranves-Sales (Haute-Savoie) dans une Citroën C3 dont l’airbag Takata a explosé.
- Confirmation officielle : Le ministère des Transports a officiellement reconnu le rôle de l’airbag défectueux le 3 juillet 2026.
- Alertes ignorées : Le véhicule faisait l’objet d’une consigne « stop drive » et la non-réparation figurait déjà sur le procès-verbal du contrôle technique.
- Périmètre : Plus d’un million de voitures circulent encore en France avec ces airbags au nitrate d’ammonium.
Un accident mortel sur la RD903
Le 22 janvier, un automobiliste de 41 ans circulait sur la route départementale RD903 à Cranves-Sales, à quelques kilomètres d’Annemasse, lorsqu’un choc violent a secoué l’habitacle de sa Citroën C3. Selon le ministère des Transports, l’explosion de l’airbag conducteur - un modèle Takata - a projeté des fragments métalliques mortels dans l’habitacle. Le conducteur est décédé sur le coup.
L’alerte a été donnée par les riverains. Les gendarmes et les pompiers d’Annemasse sont intervenus mais n’ont pu que constater le décès. Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte par le parquet de Thonon-les-Bains, confiée à la brigade de recherches d’Annemasse.
Une confirmation officielle plus d’un an après
Ce n’est que le 3 juillet 2026 que le ministère des Transports a officiellement confirmé le lien entre la mort et l’airbag défectueux. Dans un communiqué, le ministre a déclaré que « l’expertise réalisée par le laboratoire de l’UTAC a établi sans équivoque que l’explosion de l’airbag Takata est la cause directe du décès ». L’assureur du conducteur, contacté par Le Parisien, indique que la procédure judiciaire suit son cours.
Ce décès porte à trois le nombre de morts recensés en France métropolitaine liés aux airbags Takata. Un premier cas avait été signalé en Corse en 2024, un deuxième dans les Hauts-de-Seine au printemps 2025.
Des alertes restées sans effet
La Citroën C3 de la victime était une version 2013, équipée de l’airbag défectueux. Selon les informations du Dauphiné Libéré, le véhicule avait été signalé lors de son dernier contrôle technique en 2024 : l’obligation de remplacer l’airbag figurait explicitement sur le procès-verbal. De plus, le constructeur Citroën - qui a lancé plusieurs campagnes de rappel depuis 2020 - avait adressé au conducteur au moins deux courriers recommandés de type « stop drive », interdisant formellement la circulation du véhicule. La famille a confirmé aux enquêteurs que ces courriers n’avaient pas été pris en compte.
Le défaut des airbags Takata réside dans le propulseur au nitrate d’ammonium, qui se dégrade avec l’humidité et la chaleur, provoquant une explosion violente au lieu d’un gonflage contrôlé. L’usine Takata a fermé en 2017, mais les airbags équipent encore des millions de véhicules de marques Citroën, Ford, BMW, Mazda et Nissan.
Contexte dans la Haute-Savoie
Cranves-Sales est une commune de 7 300 habitants située dans le Chablais, à l’est d’Annemasse. La RD903 est un axe très fréquenté reliant la vallée de l’Arve à la frontière suisse. Cet accident est le premier mortel recensé dans le département lié aux airbags Takata, mais le territoire compte une forte proportion de véhicules anciens - la Haute-Savoie affiche l’un des taux de motorisation les plus élevés de France (602 voitures pour 1 000 habitants selon l’INSEE). La préfecture a annoncé qu’une campagne de sensibilisation sera menée dans les points de contrôle technique du département.
Un million de véhicules encore à risque
Selon le ministère des Transports, plus d’un million de voitures équipées d’airbags Takata circulent encore en France au 1er juillet 2026. Pour accélérer les rappels, une disposition réglementaire est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 : tout contrôle technique d’un véhicule concerné par une campagne de rappel non réalisée entraîne désormais une contre-visite obligatoire. La mesure vise à contraindre les propriétaires à faire remplacer l’airbag, sous peine d’immobilisation du véhicule. Le gouvernement estime que 200 000 véhicules supplémentaires ont été traités depuis cette date.
Citroën, pour sa part, assure avoir multiplié les canaux d’information : SMS, e-mails et recommandés. Mais le taux de réponse reste insuffisant : environ 60 % des propriétaires concernés n’ont pas encore effectué le remplacement, selon la marque.
Prochaine étape : la justice et les rappels
L’enquête judiciaire devra déterminer les responsabilités : celle du constructeur pour défaut d’information, celle du conducteur pour non-respect de la consigne « stop drive », ou celle des garagistes ayant pu manquer le défaut. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir a déposé une plainte collective en 2025, estimant que les constructeurs « ont sciemment tardé à lancer les rappels pour limiter les coûts ».
En attendant, les autorités appellent les automobilistes à vérifier si leur véhicule est concerné via le site Mes rappels (mes-rapels.gouv.fr) ou en consultant leur garagiste. La date butoir pour bénéficier du remplacement gratuit n’est pas fixée, mais Citroën s’est engagé à poursuivre les réparations sans frais.