Julian Alaphilippe abandonne le Tour de France 2026 après 82 courses sans victoire
Le double champion du monde termine dernier de l'étape 11 après avoir lâché à 36 km de l'arrivée. Tudor avoue ne plus avoir de réponses.
Le double champion du monde français a jeté l'éponge après la 11ème étape. Depuis son dernier succès au Tour 2021, il enchaîne les déceptions sans que son équipe Tudor comprenne pourquoi ses jambes ne répondent plus.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Fin d'une ère
Avec 82 courses sans victoire, Alaphilippe n'a plus gagné depuis 2021. Le double champion du monde traverse le pire moment de sa carrière.
Mystère physique
Malgré les examens, Tudor ne trouve aucune explication médicale. Alaphilippe n'est pas malade mais ses jambes ne répondent plus.
Avenir incertain
Sous contrat jusqu'en 2027, Alaphilippe devra prendre des décisions pour la fin de sa carrière selon les observateurs.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2018-2021
L'ère des victoires
6 victoires d'étape sur le Tour, 14 jours en maillot jaune en 2019, double champion du monde 2020-2021
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Tour 2021
Dernière victoire
Remporte une étape le premier jour. Depuis, 82 courses sans succès
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Août 2024
Signature Tudor
Rejoint l'équipe suisse avec un contrat de trois ans
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Juil. 2026
Tour catastrophique
130ème au général, 38 min de retard sur Pogačar, abandonne après l'étape 11
Julian Alaphilippe lâche prise. L’échappée file vers Nevers, lui reste planté sur la route. Derrière lui, personne. Devant, le peloton qui continue sans se retourner.
C’est la 11ème étape du Tour de France 2026. C’est aussi la 82ème course consécutive sans victoire pour le double champion du monde. Sa dernière, c’était le premier jour du Tour 2021. Depuis, rien. Pas une échappée gagnante, pas un sprint, pas une attaque qui tienne. Juste des classements anonymes et des retards qui s’accumulent.
Au classement général après 10 étapes, il pointe à la 130ème place - à 2 heures 30 minutes du maillot jaune. Sa meilleure performance sur ce Tour? Une 78ème place lors de la 6ème étape. Le Slovène, lui, ne s’en étonne même plus. Alaphilippe non plus: « Concernant Tadej Pogačar et les écarts, non, plus rien ne me surprend désormais ».
« Il n’a qu’une ou deux cartouches »
Dans le bus Tudor, Addy Engels cherche les mots. Le directeur sportif ne comprend pas. « Ce n’est pas le Tour le plus facile pour lui » - concède-t-il. « Il n’a pas les jambes qu’il devrait avoir ». Puis il lâche la phrase qui résume tout: « C’est comme s’il n’avait qu’une ou deux cartouches. Ensuite, ses jambes s’éteignent et il est contraint de ralentir ».
Une ou deux cartouches. C’est ce qu’il reste au coureur qui a remporté 6 étapes sur le Tour entre 2018 et 2021 - qui a porté le maillot jaune pendant 14 jours en 2019 avant de finir 5ème au général. Celui qui a été sacré double champion du monde en 2020 et 2021. Celui qui a fait vibrer la France à chaque attaque, à chaque accélération dans les côtes, à chaque geste de bras levé sur la ligne.
Le mystère physique sans réponse
Engels cherche une explication médicale, mentale, physique. Il n’en trouve pas. « Si nous savions pourquoi, nous pourrions prendre certaines décisions. Il n’est pas malade. Il se sent bien. Il a la bonne mentalité; ça n’a jamais été un problème pour lui ». Mais les jambes ne répondent plus. Le corps dit non.
La contradiction est frontale. Comment peut-on ne pas être malade et ne pas avoir les jambes qu’on devrait avoir? Sur la route, il explose après deux accélérations. La frontière entre forme et santé devient floue. Les médecins ne trouvent pas de diagnostic. Les entraîneurs ne trouvent pas de solution. Entre les deux, Alaphilippe continue de pédaler dans le vide.
On se souvient de coureurs qui ont mis plusieurs saisons à retrouver leur puissance après une blessure. La chute d’un champion reste toujours brutale, qu’elle ait une explication ou non. Alaphilippe, lui, n’a rien de tout ça. Juste un corps qui refuse ce que la tête ordonne encore.
Tudor dans le même trou
L’équipe Tudor Pro Cycling dispute son Tour de France. Pour l’instant, le bilan est maigre: une sixième place de Rick Pluimers à la 8ème étape, et c’est tout. Pas de top 10 ailleurs. Michael Storer et Marc Hirschi peinent aussi à se distinguer.
Alaphilippe avait rejoint Tudor en août 2024 - contrat de trois ans. Il rêvait d’une victoire d’étape sur le Tour. Il avait même sacrifié les Championnats de France pour préparer cette Grande Boucle. Résultat: un abandon après la 11ème étape.
Les voix qui lâchent le verdict
Dans le milieu, certains osent dire tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Jérôme Pineau - ancien coureur, tranche: « L’ère Julian est malheureusement finie ». Il faudra prendre « des bonnes décisions pour sa fin de carrière », ajoute-t-il. Rick Pluimers - coureur Tudor, tente de sauver l’honneur: « Il continue d’essayer parce que c’est dans sa nature. Il garde son esprit combatif ». Mais l’esprit ne suffit plus quand les jambes refusent de tourner.
Engels, lui, s’accroche encore à un dernier fil d’espoir. « Tant qu’on ne sait pas ce qui lui arrive, la magie peut toujours survenir ». La magie. Celle qui l’avait porté au Grand Prix Cycliste de Québec en 2025 - sa dernière vraie victoire sous le maillot Tudor. Celle qui lui avait fait gagner six fois sur le Tour - plus que tous les coureurs de ce peloton sauf deux.
Avenir incertain, contrat jusqu’à fin 2027
Le contrat qui lie Alaphilippe à Tudor court jusqu’à fin 2027. Deux saisons encore. Mais les mots d’Engels résonnent différemment après cet abandon: « Si nous savions pourquoi, nous pourrions prendre certaines décisions ». Quelles décisions? Une rupture anticipée du contrat? Une reconversion dans l’encadrement? Un changement de programme pour cibler des courses plus courtes?
Les prochains mois diront si Tudor et son coureur vedette oseront prendre ces « bonnes décisions » dont parle Pineau.
Ce que les chiffres ne disent pas
Les statistiques racontent une chute. 82 courses sans gagner, 130ème au général. Mais elles ne disent pas ce que ça fait de perdre ce qu’on avait en soi. De sentir son corps refuser ce que la tête ordonne encore. D’être Julian Alaphilippe en 2026, c’est-à-dire Julian Alaphilippe en 2019 moins les jambes qui explosaient dans les côtes, moins l’accélération qui faisait mal aux autres, moins la certitude d’être le plus fort.
Au soir de l’étape 11, Alaphilippe monte dans le bus. Il range son bidon, retire son maillot, enfile un survêtement. Demain, il ne sera plus là. Le Tour continuera sans lui. Les échappées partiront sans lui. Le peloton roulera sans lui. Et quelque part sur une route de France, un gamin regardera passer les coureurs en se demandant qui était ce Julian Alaphilippe dont son père lui parle encore les yeux brillants.
La réponse est dans les archives. Pas sur la route de Nevers.
