Albert : les parcs solaires avancent, malgré un parcours semé d’embûches

La ville d'Albert et la Somme multiplient les projets photovoltaïques sur d'anciens sites industriels et bâtiments publics.

Albert : les parcs solaires avancent, malgré un parcours semé d’embûches
Illustration Florian Vasseur / info.fr

Dans la Somme, Albert s'inscrit dans une dynamique solaire régionale en cours depuis plusieurs années. Entre projets révisés, baux emphytéotiques et potentiel agrivoltaïque, la transition énergétique locale avance - prudemment.

En août 2023, la ville d’Albert annonçait deux projets de centrales photovoltaïques sur d’anciens sites industriels à l’abandon, en partenariat avec la commune de Roisel. L’objectif : valoriser des friches inutilisées, produire de l’énergie locale et créer des emplois verts. Trois ans plus tard, le dossier a progressé, non sans obstacles.

SOLROI : un projet revu et corrigé

Le projet phare, porté par la SAS SOLROI, repose sur un bail emphytéotique de 30 ans concédé à la commune, selon des conclusions motivées publiées en mars 2024 par la préfecture de la Somme. Mais le chemin n’a pas été linéaire. En novembre 2023, le Conseil national d’hygiène avait rendu un avis défavorable sur l’installation, selon le Courrier Picard, obligeant les porteurs du projet à revoir leur copie avant toute mise en service. Les raisons précises de cet avis n’ont pas été détaillées publiquement à ce stade.

Le projet s’appuie sur un financement via appel d’offres de l’État, garantissant un tarif d’achat sur 20 ans - un mécanisme également utilisé pour le projet SEM Somme Énergies, lancé en août 2025, selon le site de la structure.

Un département qui s’équipe

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À l’échelle de la Somme, la dynamique est réelle. Le département a équipé 45 bâtiments publics - dont 39 collèges - de panneaux photovoltaïques d’ici 2024, selon Actu.fr. Près d’Albert, la commune de Saint-Sauveur prévoyait l’installation de 26 000 panneaux pour novembre 2025, rapporte WEO. Et en décembre 2025, la préfecture a approuvé un document-cadre pour réguler les installations solaires au sol dans le département, après une consultation publique menée entre août et septembre 2025.

Albert dispose par ailleurs d’un potentiel agrivoltaïque estimé à 908,5 hectares, selon le site MonParcSolaire.fr - des terres où production agricole et production d’énergie peuvent coexister. Un levier identifié, mais dont la mobilisation effective reste à confirmer.

Des emplois verts, en théorie

L’argument de l’emploi local revient dans chaque communication autour de ces projets : installation, maintenance, suivi des installations. Le financement par tarif d’achat garanti sur 20 ans est présenté comme un facteur de stabilité pour les entreprises locales. Mais le nombre d’emplois réellement créés à Albert n’a pas été communiqué à ce stade par les porteurs de projet.

Ce n’est pas la première fois que la Haute-Somme s’y essaie. En 2020, un projet de centrale de 10 500 panneaux sur 5 hectares avait déjà été annoncé dans le secteur, selon le Courrier Picard - un précédent qui illustre la lenteur habituelle de ces dossiers, entre études, enquêtes publiques et autorisations.

Sources

Florian Vasseur

Florian Vasseur

Installé à Amiens, couvre la cathédrale, les tensions sur l'université, l'agriculture et les débats sur la ligne TGV. Diplômé de l'ESJ Lille, il a grandi dans la Somme. Conviction : interroger les conservateurs, les étudiants, les agriculteurs, vérifier les budgets universitaires avant de publier.

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