Carlos Alcaraz : trois mois d’arrêt, aucune date de retour
Le champion de Wimbledon 1996 ne doute pas du retour, mais de sa date
Blessé au poignet droit le 14 avril à Barcelone, Carlos Alcaraz n'a toujours pas rejoué. Son médecin déclare le poignet guéri mi-juillet, mais le joueur déclare forfait pour Montréal début août.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
La date impossible
Le poignet est déclaré guéri mi-juillet, mais Alcaraz déclare forfait pour Montréal. Krajicek l'explique : les blessures au poignet ne donnent aucune date fiable de retour.
Cincinnati ou rien
Le Masters 1000 de Cincinnati (13-23 août) est la dernière rampe avant l'US Open. S'il rate Cincinnati, Alcaraz arrive à New York sans match depuis avril.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
-
Nov. 2022
Abdominaux
Déchirure du muscle oblique gauche, forfait Masters de Paris et ATP Finals
-
Janv. 2023
Jambe droite
Blessure musculaire, forfait Open d'Australie
-
Fév. 2023
Ischio-jambier
Entorse grade un, forfait Acapulco
-
Avr. 2023
Main gauche
Arthrite post-traumatique, forfait Monte-Carlo
-
Juin 2023
Poignet gauche
Blessure post-traumatique et crampes, demi-finales Roland-Garros
-
Avr. 2026
Poignet droit
Ténosynovite, 6 tournois majeurs manqués depuis
Le 14 avril - Carlos Alcaraz bat Otto Virtanen au premier tour de Barcelone. Il gagne le match. Il perd son poignet droit. Trois mois plus tard, le n°3 mondial n’a toujours pas rejoué.
Richard Krajicek est directeur de tournoi. Il a gagné Wimbledon en 1996. Il connaît les blessures, celles-ci ont raccourci sa carrière. Quand on lui parle d’Alcaraz, il ne ment pas: « Je ne suis pas inquiet sur le fait qu’il rejouera ni sur le fait qu’il retrouvera son meilleur niveau. Mais la question est de savoir quand ».
Krajicek ajoute que les blessures au poignet sont « beaucoup plus difficiles » à gérer et qu’il est « vraiment difficile de se remettre » de celles-ci. Il compare: pour une cheville, les médecins vous donnent trois ou quatre mois. Pour un poignet, personne ne vous donne de date.
Ténosynovite: le diagnostic qui ne dit rien
Le diagnostic officiel: ténosynovite du poignet droit. Une inflammation de la gaine qui entoure les tendons. Alcaraz l’a contractée en avril 2026. Elle lui a coûté Madrid, Rome, Roland-Garros, Queen’s, Wimbledon. Des tournois majeurs effacés.
Le 14 et 15 juillet - son médecin Angel Ruiz-Cotorro, celui qui suivait Rafael Nadal, déclare le poignet « totalement guéri ». Alcaraz déclare forfait pour Montréal deux semaines plus tard.
Guéri selon le médecin, pas selon le corps
Voilà la contradiction que personne ne résout: le poignet est médicalement guéri mi-juillet, mais Alcaraz ne joue toujours pas début août. Soit la guérison clinique ne suffit pas pour reprendre au niveau ATP. Soit l’équipe ne croit plus au diagnostic « totalement guéri ».
C’est précisément ce que Krajicek explique. Une cheville guérit en trois ou quatre mois - les médecins vous donnent une date. Un poignet, non. La guérison médicale, absence d’inflammation, amplitude retrouvée, ne garantit pas la guérison sportive: encaisser des revers à haute vitesse pendant trois heures. Entre les deux, il y a un fossé que personne ne mesure.
Cincinnati reste la cible. Le tournoi Masters 1000 se joue du 13 au 23 août. Si Alcaraz y va, ce sera son premier match depuis trois mois. S’il n’y va pas, la saison sur dur américain s’effondre.
Ce que rate Alcaraz
Si Alcaraz manque Cincinnati, il arrive à l’US Open sans match officiel depuis avril. Aucune préparation, aucun rythme, aucune compétition. Les trois semaines entre Cincinnati et l’US Open ne suffisent pas à reconstruire ce que trois mois d’arrêt ont détruit.
Au-delà de l’US Open, c’est toute la fin de saison qui vacille. Les tournois d’automne en Europe et en Asie. Si le corps ne suit pas à Cincinnati, Alcaraz rate non seulement l’été américain, mais aussi la fin de saison. Une saison blanche depuis avril.
Sur le plan du classement, Alcaraz est aujourd’hui n°3 mondial. Chaque tournoi manqué creuse l’écart avec les joueurs du top. Si Alcaraz ne joue aucun de ces tournois, son classement en souffre.
Un palmarès déjà lourd, un corps déjà fragile
Alcaraz a remporté des titres majeurs. Son bilan 2026 avant la blessure: 22 victoires, 3 défaites. Il était intouchable. Il n’a plus touché une raquette depuis trois mois.
Depuis fin 2022 - le corps d’Alcaraz cède régulièrement: abdominaux en novembre 2022 - jambe droite en janvier 2023 - ischio-jambier en février 2023 - main gauche en avril 2023 - poignet gauche en juin 2023 - poignet droit en avril 2026. Des blessures majeures en quelques années.
Le pattern est clair: Alcaraz court plus vite que les autres, frappe plus fort, glisse plus loin. Son style de jeu, tout en explosivité, en plongeons, en changements d’appui, lui a offert des titres majeurs. Ce même style le contraint à déclarer forfait régulièrement depuis 2022. Chaque titre paie son prix. Chaque victoire ronge une articulation, un muscle, un tendon.
La question n’est plus de savoir si Alcaraz peut tenir ce rythme. La réponse est déjà là, gravée dans son historique médical: il ne peut pas. Le corps lâche avant l’ambition. Et contrairement aux chevilles ou aux ischio-jambiers, les poignets ne respectent aucun calendrier de récupération. C’est exactement ce que Krajicek a compris: Alcaraz reviendra, mais quand son poignet acceptera. Pas avant.
Le précédent Nadal: guérir ou jouer, jamais les deux
Angel Ruiz-Cotorro - le médecin qui suit Alcaraz, a accompagné Rafael Nadal toute sa carrière.
Alcaraz, pour l’instant, refuse ce compromis. Son bilan 2026 avant la blessure, 22 victoires, 3 défaites, le prouve: il joue à pleine capacité ou il ne joue pas. Pas d’infiltrations, pas de demi-mesures, pas de tournois sacrifiés. Quand le poignet dit non, Alcaraz s’arrête net.
Le problème: Alcaraz a déjà plusieurs blessures majeures au compteur. Si Alcaraz continue à tout donner sans jamais gérer, son corps ne tiendra pas. Ruiz-Cotorro le sait. Krajicek aussi. La question que personne ne pose ouvertement: Alcaraz acceptera-t-il un jour de jouer en gestion pour durer? Ou brûlera-t-il tout avant l’heure?
Ce que Krajicek ne dit pas, mais que tout le monde comprend
Krajicek ne dit pas qu’Alcaraz ne reviendra pas. Il dit que personne ne sait quand. Et que les poignets, contrairement aux chevilles, ne respectent aucun calendrier. Mais la vraie question, celle qu’il ne formule pas ouvertement, celle qui fâche, est ailleurs: quand Alcaraz acceptera-t-il que son poignet impose le tempo?
Cincinnati dira si le corps suit encore. Ou si Krajicek a raison: la question n’est plus si Alcaraz revient, mais quand il acceptera de jouer au rythme que son corps autorise, pas au rythme que son ambition réclame.
