Carlos Alcaraz : le retour se précise, les doutes persistent
Le directeur du tournoi de Rotterdam minimise l'inquiétude autour du poignet de l'Espagnol
Absent des courts depuis trois mois, l'Espagnol vise Cincinnati avant l'US Open. Son poignet est guéri, mais son corps tiendra-t-il
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Durabilité du corps
Liste de blessures depuis 2021 : abdomen, jambe, ischio-jambiers, maintenant le poignet. À 23 ans, l'historique médical interroge.
Précédents inquiétants
Del Potro et Thiem n'ont jamais retrouvé leur niveau après leurs ennuis de poignet. Nadal, Vondrousova et Muchova ont réussi leur retour.
Saison amputée
Pas de Roland-Garros ni de Wimbledon en tant que double tenant du titre. Une saison 2026 réduite à néant sur les tournois majeurs.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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14 avril 2026
Blessure à Barcelone
Alcaraz ressent des douleurs au poignet droit lors de son 1er tour contre Virtanen. Début d'un arrêt qui durera des mois.
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mai-juillet 2026
Cascade de forfaits
Roland-Garros, Wimbledon, Madrid, Rome, Queen's, Montréal : Alcaraz manque toute la saison sur terre battue et gazon.
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16 juillet 2026
Krajicek se veut rassurant
L'ancien champion de Wimbledon affirme ne pas être inquiet pour le retour d'Alcaraz malgré la complexité de la blessure.
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11 août 2026
Retour visé à Cincinnati
Le Masters 1000 de Cincinnati doit marquer le grand retour d'Alcaraz après près de quatre mois d'absence.
Le court est vide à l’académie de Murcie. Carlos Alcaraz tape des balles, seul, depuis quelques jours. Trois mois sans compétition. Le poignet droit qui l’a lâché le 14 avril à Barcelone contre Otto Virtanen. Depuis, silence radio. Pas de Roland-Garros - pas de Wimbledon - pas de Queen’s - pas de Madrid - pas de Rome. La liste s’allonge. Le Masters 1000 de Montréal vient d’y passer aussi.
Richard Krajicek ne s’inquiète pas. L’ancien champion de Wimbledon et directeur du tournoi de Rotterdam a pris la parole le 16 juillet. Son message: pas de panique. « Je ne suis pas inquiet » - a-t-il déclaré. Alcaraz est jeune, il a une « bonne capacité de récupération ». Il reviendra à son meilleur niveau.
Mais Krajicek sait de quoi il parle. Il a lui-même eu une blessure au coude. Les blessures au poignet ou au coude sont « beaucoup plus difficiles » que les autres, dit-il. Il faut procéder « étape par étape ». Pas de précipitation. Le poignet est « complètement guéri » selon le médecin d’Alcaraz, le Dr Angel Ruiz-Cotorro. Les rapports médicaux récents le confirment. Le feu vert devrait tomber cette semaine.
L’Espagnol avait commencé la saison en trombe. Seize victoires d’affilée. Un bilan de 22-3 avant que le poignet ne cède à Barcelone. Double tenant du titre à Roland-Garros - double tenant à Wimbledon. Tout ça envolé. La ténosynovite au poignet droit a tout cassé.
Une saison amputée qui pèse lourd au classement. Alcaraz a perdu les points de défense de Roland-Garros et Wimbledon, deux tournois du Grand Chelem qu’il avait remportés l’année précédente. Les tournois de Madrid et Rome - où il avait brillé l’an dernier, ont également échappé à son bilan. Chaque forfait creuse l’écart avec le top 3. Montréal était un tournoi important avant Cincinnati. Le calendrier se referme. Plusieurs tournois majeurs manqués en trois mois, c’est une saison réduite à néant sur la partie la plus dense du circuit.
Alcaraz vise Cincinnati. Quelques semaines entre Cincinnati et l’US Open pour retrouver le rythme de compétition. Trois mois d’arrêt - puis un enchaînement tournoi-Grand Chelem sans transition. Le corps doit tenir le choc. Les matchs s’accumulent vite sur dur américain en août. Pas de marge d’erreur. Si Cincinnati tourne court, l’US Open devient un pari risqué. Il s’entraîne déjà à son académie de Murcie - augmente progressivement l’intensité. Les séances sont courtes, contrôlées. Pas d’excès. Mais le calendrier, lui, ne pardonne pas.
Boris Becker est moins optimiste. L’Allemand estime qu’Alcaraz est encore « loin de pouvoir revenir à la compétition ». Deux lectures opposées qui traduisent deux philosophies. Krajicek table sur la jeunesse et la résilience physique. Becker voit la complexité de ce type de blessure et le temps nécessaire pour retrouver les automatismes. L’un mise sur la biologie, l’autre sur l’expérience du circuit. Krajicek a raison de souligner la « bonne capacité de récupération » d’Alcaraz, mais Becker a raison de rappeler que les blessures au poignet ne se règlent pas en quelques semaines d’entraînement. La vérité se situe probablement entre les deux: le poignet peut être guéri médicalement sans que le joueur soit prêt mentalement et physiquement à enchaîner cinq sets sur dur.
Les précédents ne rassurent pas tous, mais Krajicek reste optimiste pour une raison: tous les cas ne se ressemblent pas. Juan Martín del Potro a enchaîné les opérations au poignet - n’est jamais vraiment revenu. Dominic Thiem non plus, sa carrière a basculé. Mais ces deux joueurs ont subi des interventions chirurgicales multiples. Alcaraz n’a pas été opéré. À l’inverse, Rafael Nadal avait dû forfaiter pour Roland-Garros en 2016 à cause d’une ténosynovite au poignet gauche. Il est revenu en force sans chirurgie. Chez les femmes, Marketa Vondrousova et Karolina Muchova ont repris le circuit au plus haut niveau après des opérations au poignet. Krajicek s’appuie sur ces exemples pour justifier son optimisme. Le poignet d’Alcaraz est « complètement guéri » - il n’a pas eu besoin du bistouri. C’est déjà un point positif face aux cas de del Potro et Thiem.
Mais une question plus large se pose: le jeu d’Alcaraz est-il compatible avec la durée? La blessure au poignet s’ajoute à une liste « longue et inquiétante » de pépins physiques depuis 2021. Déchirures abdominales, douleurs musculaires à la jambe, élongation aux ischio-jambiers. Alcaraz accumule déjà un historique médical qui interroge. Son style ultra-physique, fait de sprints latéraux, de frappes en extension et d’accélérations brutales, sollicite le corps à l’extrême. Chaque coup est joué à pleine puissance. Chaque point est un combat. Ce jeu spectaculaire a un coût. Les articulations, les tendons, les muscles encaissent. Le poignet n’est que le dernier maillon d’une chaîne déjà fragilisée. S’il veut durer, il devra peut-être adapter son jeu. Moins d’intensité sur certains coups, plus de placement, moins de risques physiques. Ou accepter que son corps lui impose des pauses régulières.
Cincinnati, puis l’US Open. C’est le plan. Krajicek y croit. Le reste dépendra du poignet. Et du corps qui doit tenir.
Sources
- Tennis365 - Carlos Alcaraz wrist injury update
- We Love Tennis - Krajicek sur la blessure d'Alcaraz
- Olympics.com - Alcaraz withdraws from French Open
- Al Jazeera - Alcaraz skips Wimbledon
- AS - Alcaraz injury update and return timeline
- Tennis World FR - Alcaraz dévoile son tournoi de retour
- RTS - Alcaraz renonce à Roland-Garros
