Alcaraz : le retour qui inquiète Krajicek
Le champion de Wimbledon 1996 tempère les espoirs de retour rapide
Le médecin annonce la guérison. L'ancien champion de Wimbledon tempère "C'est vraiment difficile de repartir à zéro."
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Retour incertain malgré la guérison médicale
Le poignet est guéri selon le médecin, mais Krajicek rappelle que la reprise à haut niveau reste un processus complexe et imprévisible.
Précédents de blessures au poignet dans le tennis
Juan Martín del Potro a vu sa carrière jalonnée d'opérations. Le poignet et le coude restent les blessures les plus redoutées.
Calendrier serré jusqu'à l'US Open
Cincinnati mi-août, puis l'US Open : deux objectifs majeurs qui exigent une condition physique optimale sans marge d'erreur.
L'aspect psychologique du retour
Monica Seles et Roger Federer ont montré que le mental joue un rôle aussi crucial que la guérison physique dans les retours de blessure.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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14 avr. 2026
Blessure à Barcelone
Alcaraz se blesse au poignet droit face à Otto Virtanen. Diagnostic : ténosynovite.
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Avr.-juil. 2026
4 mois d'absence
Alcaraz manque Roland-Garros, Wimbledon et Madrid pour la 2e année consécutive.
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11 juil. 2026
Annonce de guérison
Le médecin d'Alcaraz confirme la guérison complète du poignet.
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Mi-août 2026
Retour visé
Cincinnati et l'US Open comme objectifs de reprise sur dur.
Le médecin d’Alcaraz a annoncé le 11 juillet que le poignet était « complètement guéri ». Dans la foulée, l’entourage du joueur évoque un retour à Cincinnati mi-août. Tout le monde respire. Sauf Richard Krajicek.
« On n’a pas eu beaucoup d’informations. Ce sont des blessures bien plus graves, ces blessures au poignet ou au coude. J’ai moi-même eu une blessure au coude. C’est vraiment difficile de repartir à zéro quand on recommence à jouer après ce genre de blessure » - lâche l’ancien champion de Wimbledon 1996 - aujourd’hui directeur du tournoi de Rotterdam.
Le poignet qui a tout cassé
14 avril 2026. Open de Barcelone. Alcaraz affronte Otto Virtanen. Le poignet droit lâche. Diagnostic: ténosynovite. Depuis, presque quatre mois hors des courts. Roland-Garros et Wimbledon manqués. Pour la deuxième année consécutive - Madrid rayé du calendrier.
L’Espagnol vise Cincinnati - qui débute mi-août. Objectif suivant: l’US Open. Fin juillet au plus tôt pour un retour sur dur, octobre en indoor si ça traîne. Le calendrier est posé. Krajicek, lui, regarde ailleurs: pas la date du retour, mais ce qui vient après.
Ce que le scanner ne montre pas
« C’est vraiment difficile de repartir à zéro quand on recommence à jouer après ce type de blessure » - insiste Krajicek. Il sait de quoi il parle. Son coude l’a éloigné des courts. Le poignet guéri, c’est une chose. Rejouer au même niveau, c’en est une autre.
Juan Martín del Potro a connu ça. Multiples opérations au poignet. Longues absences. Retours laborieux. Le tennis est jonché de carrières cassées par le poignet ou le coude. Krajicek le sait. Alcaraz aussi, désormais.
Un calendrier qui ne pardonne pas
Cincinnati mi-août - puis l’US Open: le timing laisse peu de marge. Entre la reprise à Cincinnati et le dernier tournoi majeur de la saison, deux semaines maximum pour retrouver les automatismes, tester le poignet sous pression, enchaîner les matches. Pas de tournoi de rodage. Pas de montée en puissance progressive.
Si le retour échoue ou si le poignet rechute, la fenêtre se referme brutalement. Octobre en indoor devient le plan B. Mais là, c’est la fin de saison qui se joue. Manquer Cincinnati et l’US Open, c’est hypothéquer plusieurs mois de compétition et plomber le classement pour 2027.
L’autre risque: revenir trop tôt. Forcer sur un poignet pas encore prêt pour tenir trois sets, jour après jour, sur surface rapide. C’est exactement ce que Krajicek redoute quand il parle de « repartir à zéro ». La guérison médicale ne garantit pas la capacité à enchaîner deux semaines de compétition intensive.
Les précédents qui rassurent (un peu)
Tous les retours ne finissent pas mal. Roger Federer s’est arrêté six mois en 2016 pour le genou et le dos. Il a gagné l’Open d’Australie en 2017. Rafael Nadal a repris l’entraînement un mois après sa blessure aux côtes en 2022.
Monica Seles a été poignardée sur le court en 1993. Elle a remporté l’Open d’Australie en 1996. Mais elle a admis avoir lutté psychologiquement. Le corps guérit. La tête, c’est plus long.
► Lire aussi: Alcaraz vs Nadal: qui a le mieux démarré sa carrière?
La bataille invisible
Krajicek ne parle pas seulement de physiologie quand il évoque la difficulté de « repartir à zéro ». Il parle aussi de ce qui se passe dans la tête. L’hésitation au moment de frapper à fond. La peur du geste qui déclenche la douleur. Le doute qui s’installe après un premier point perdu parce qu’on a retenu son coup.
Alcaraz a bâti son jeu sur l’agressivité et la puissance. Son coup droit, c’est son arme. Si le poignet droit devient une zone à protéger plutôt qu’un atout à exploiter, tout l’édifice vacille. Pas besoin de rechute médicale pour perdre son tennis: il suffit de commencer à jouer avec le frein à main.
Les exemples de Seles ou Federer montrent que le retour physique ne suffit pas. Il faut retrouver la confiance, accepter de prendre des risques, se convaincre que le corps tiendra. Cette reconstruction mentale, personne ne peut la quantifier. Aucun scanner ne la mesure. Aucun médecin ne peut annoncer sa « guérison complète ».
Ce que personne ne dit
Krajicek tempère l’enthousiasme alors que le médecin annonce la guérison complète. Paradoxe? Non. Lucidité. Le poignet ne fait plus mal, d’accord. Mais enchaîner trois sets à haute intensité, tenir un tournoi de deux semaines, ça, personne ne l’a encore testé.
L’annonce médicale rassure les sponsors et les organisateurs. Krajicek, lui, parle aux joueurs. Il sait qu’entre « guéri » et « prêt », il y a des semaines de doute, de rechutes mineures, de gestes qu’on n’ose plus faire à fond. « C’est vraiment difficile de repartir à zéro »: cette phrase-là, elle ne vient pas d’un pessimiste. Elle vient d’un ancien champion qui a vécu le retour de blessure de l’intérieur.
Le calendrier d’Alcaraz prévoit Cincinnati - puis l’US Open. Mais le vrai test ne sera pas la première semaine. Ce sera la troisième, quand la fatigue s’accumule, quand le poignet chauffe, quand le corps demande s’il peut encore tenir. Là, on saura.
Sources
- Carlos Alcaraz Wrist Injury: Richard Krajicek Exclusive - Tennis365
- Carlos Alcaraz Hits Major Milestone in Injury Recovery - Sports Illustrated
- Carlos Alcaraz to miss 2026 Madrid Open with wrist injury - Olympics.com
- Carlos Alcaraz receives encouraging injury verdict - TennisWorldUSA
- Richard Krajicek prévient sur Carlos Alcaraz - We Love Tennis
- Wimbledon champ Carlos Alcaraz wrist injury - FirstSportz
