Alès : un homme de 57 ans jugé aux assises du Gard pour viols et torture sur un collègue
Christophe L. comparaît depuis le 29 mai 2026 à Nîmes pour des faits commis entre 2017 et 2018 sur un ami hébergé chez lui.
La cour d'assises du Gard examine depuis le 29 mai 2026 le cas de Christophe L., 57 ans, Alésien. Il est accusé de viols accompagnés d'actes de torture et de violences aggravées sur un ancien collègue hébergé à son domicile entre 2017 et août 2018. Le verdict est attendu lundi 1er juin.
L’essentiel
- Ouverture du procès : le 29 mai 2026 devant la cour d’assises du Gard à Nîmes, présidée par Christian Pasta.
- Faits allégués : viols répétés avec ustensiles, introduction de javel, fellations forcées, violences physiques, entre 2017 et août 2018 à Alès.
- Accusé : Christophe L., 57 ans, ancien plombier-chauffagiste, nie les viols et actes de torture mais reconnaît des violences.
- Victime absente : Alain* n’a pas porté plainte initialement, n’est pas présent à l’audience ; un expert psychiatre évoque un possible état de stress post-traumatique.
- Verdict attendu : lundi 1er juin 2026 en fin de journée ; l’accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un procès ouvert à Nîmes, huit ans après les faits
Le procès s’est ouvert le vendredi 29 mai 2026 à la cour d’assises du Gard, au palais de justice de Nîmes. Christophe L., 57 ans, domicilié à Alès, ancien plombier-chauffagiste, y répond de viols accompagnés d’actes de torture et de barbarie, ainsi que de violences aggravées - avec arme et sous l’emprise de l’alcool - sur un ancien collègue et ami, identifié sous le prénom Alain*, hébergé à son domicile alésien entre 2017 et août 2018. Les faits remontent donc à près de huit ans. L’audience est présidée par Christian Pasta, magistrat fort de quarante ans de carrière, selon Objectif Gard.
Selon Midi Libre et Objectif Gard, qui couvrent tous deux le procès avec des détails concordants, les faits allégués sont particulièrement graves : sodomies répétées à l’aide d’ustensiles de cuisine (manche à balai, cuillères, casseroles), introduction d’une pastille de javel dans l’anus, eau de javel sur les parties intimes, fellations forcées, violences physiques, moqueries et séquestration - le tout sur fond d’alcool.
L’affaire révélée par une plainte de voisinage
L’affaire n’a pas été portée à la connaissance des autorités par la victime elle-même. C’est une plainte déposée le 17 août 2018 pour violence sur l’enfant d’une voisine - Christophe L., alcoolisé, aurait giflé le jeune enfant - qui a mis l’enquête en mouvement. Lors des vérifications qui ont suivi, la voisine et la fille de l’accusé ont dénoncé les faits subis par Alain*, selon les deux médias.
Des traces de sang ont été retrouvées dans l’appartement : dans les toilettes, la salle de bain, sur un peignoir. Mais l’enquête n’a pas permis d’établir de preuves ADN sur les objets saisis, ni de constater de lésions corporelles sur la victime, toujours selon Objectif Gard. Un dossier à charge matérielle fragile, même si les témoignages sont convergents.
La voisine a déclaré à l’audience avoir entendu depuis son appartement des bruits de coups, des ordres, des plaintes faisant état de saignements, et avoir tenté sans succès de « sortir cette personne » de là. La fille de l’accusé, de son côté, est revenue en partie sur ses premières déclarations : « J’ai simplement répété ce que la voisine m’avait dit », a-t-elle indiqué à la barre, selon Objectif Gard. Ce revirement fragilise l’un des piliers de l’accusation.
L’accusé reconnaît des violences, nie les viols
Christophe L. ne conteste pas tout. Il admet avoir frappé Alain*, mais présente ces violences comme des actes « correctifs » : la victime « faisait des bêtises », explique-t-il. Il nie en revanche formellement les viols et les actes de torture. La ligne de défense repose sur la distinction entre violence et agression sexuelle.
Des témoins le décrivent selon deux visages opposés. Sobre, il serait « en or », « gentil », « serviable ». Ivre, il deviendrait selon les témoignages un « démon », d’après les comptes rendus de Midi Libre et d’Objectif Gard. L’expert psychiatre entendu dans le cadre du procès a évoqué un possible état de stress post-traumatique chez la victime.
Alès est d’ailleurs une ville régulièrement confrontée à des faits de violences graves : une fusillade aux Prés-Saint-Jean avait récemment mobilisé les forces de l’ordre, quatre suspects dont deux mineurs avaient été interpellés.
Une victime absente, qui n’a jamais voulu ce procès
Alain* n’est pas présent à l’audience. Il n’avait pas porté plainte à l’époque des faits, par honte selon les sources. Il ne souhaitait pas davantage ce procès. C’est le parquet qui a mis en mouvement l’action publique, indépendamment de la volonté de la victime. Cette absence pèse sur les débats : pas de déposition directe, pas de confrontation possible avec l’accusé devant les jurés.
L’expert psychiatre évoque un tableau compatible avec un état de stress post-traumatique, sans que ce diagnostic ait été posé de manière définitive à ce stade des débats, selon les informations disponibles dans les sources.
Contexte dans le Gard
Alès est la deuxième ville du Gard avec 46 125 habitants au 1er janvier 2026 (INSEE). En 2025, la commune a enregistré 2 623 crimes et délits, soit un taux de 56,9 pour mille habitants, dont 476 violences contre les personnes, selon les données de l’INSEE et du site Linternaute compilant les statistiques de délinquance.
La cour d’assises du Gard, qui siège à Nîmes, a connu d’autres affaires impliquant des ressortissants alésiens ces derniers mois. En février 2026, un homme de 46 ans originaire d’Alès avait comparu pour des viols conjugaux filmés, selon Objectif Gard. Alès et Nîmes entretiennent par ailleurs des liens historiques forts dans le département, au-delà des seuls faits judiciaires.
Christian Pasta, le président de la cour, a accordé un entretien à Objectif Gard dans lequel il insistait sur la nécessité que la justice ne juge pas « dix ans après les faits ». Ce procès, qui porte sur des événements de 2017-2018, illustre précisément cette tension entre délais d’instruction et impératif de jugement.
Christophe L. avait été placé en détention provisoire pendant environ un an avant d’être remis sous contrôle judiciaire. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour les qualifications retenues.
Verdict attendu lundi 1er juin
Les débats reprennent lundi 1er juin 2026 avec l’audition de nouveaux témoins et l’interrogatoire de l’accusé. Le verdict est attendu en fin de journée, selon Midi Libre. Les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense seront entendues dans la journée. À l’issue, les neuf jurés populaires délibéreront avec les trois magistrats professionnels.
La question centrale - la réalité des viols et des actes de torture en l’absence de preuves ADN et de témoignage direct de la victime - sera au cœur du délibéré. Le verdict du 1er juin dira si les témoignages indirects et les traces de sang suffisent à emporter la conviction de la cour.
Sources
- Midi Libre : "Des choses abominables" : accusé de viols et d'actes de torture sur son collègue, un Alésien de 57 ans est jugé devant la cour d'assises du Gard
- Objectif Gard : AU PALAIS Accusé du viol de son ami, il comparaît devant la cour d'assises
- Objectif Gard : L'INTERVIEW Christian Pasta : « La justice ne doit pas juger dix ans après les faits »
- INSEE : Dossier complet − Commune d'Alès (30007)