Algérie : 1 968 incendies éteints après trois semaines de lutte acharnée
La Protection civile annonce la fin d'une crise majeure qui a coûté la vie à six personnes et mobilisé plus de 19 000 agents depuis le 8 juillet
L'Algérie a officiellement éteint le 28 juillet l'ensemble des foyers d'incendies qui ravageaient le pays depuis trois semaines. Déclenchés dans un contexte de canicule extrême, les feux ont causé six décès et détruit près de 150 habitations. Le gouvernement lance le recensement des dégâts pour indemniser les sinistrés d'ici fin août.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 1 968 foyers d'incendies éteints le 28 juillet 2026 après trois semaines de lutte acharnée en Algérie
- Bilan humain de six décès et près de 150 habitations détruites depuis le 8 juillet 2026
- Mobilisation de plus de 19 000 agents de la Protection civile et 18 aéronefs
- Températures atteignant jusqu'à 50°C et environ 17 000 hectares brûlés
- Recensement des dégâts lancé pour indemniser les sinistrés avant fin août 2026
Après vingt jours de lutte intensive, l’Algérie a éteint le dernier des 1 968 foyers d’incendies qui ont ravagé le pays depuis le 8 juillet 2026. La Protection civile a annoncé mardi l’extinction complète des feux, marquant la fin d’une crise environnementale et sécuritaire qui a mobilisé des moyens nationaux exceptionnels. Le bilan humain s’établit à six décès, selon le ministère de l’Intérieur.
Les flammes ont débuté dans un contexte de canicule extrême, avec des températures atteignant jusqu’à 49,5°C dans plusieurs wilayas. Forêts, maquis, zones agricoles et habitations ont été touchés, les autorités n’ayant pas encore communiqué le bilan définitif de la superficie brûlée. Près de 150 habitations ont été endommagées ou détruites par les feux.
Une mobilisation nationale historique
Face à l’ampleur du désastre, une cellule de crise nationale placée sous l’égide du Premier ministre a coordonné l’ensemble des opérations de secours. Plus de 19 000 agents de la Protection civile ont été déployés sur le terrain, appuyés par des renforts massifs de l’Armée nationale populaire, selon La patrie news.
La flotte aérienne mobilisée comprenait 18 aéronefs au total, incluant des avions bombardiers d’eau et des hélicoptères. Ces moyens aériens ont effectué des milliers de largages pour contenir la progression des flammes dans les zones les plus difficiles d’accès. L’Armée nationale populaire a également déployé des unités terrestres pour épauler les pompiers dans les secteurs montagneux.
Les opérations se sont déroulées dans des conditions extrêmes, les équipes intervenant sous des températures caniculaires et dans des reliefs parfois escarpés. La Protection civile a maintenu ses unités en état d’alerte maximale tout au long de la crise, avec des rotations continues pour assurer une couverture permanente.
Un bilan humain et matériel lourd
Les six décès signalés par le ministère de l’Intérieur constituent le bilan humain définitif de cette vague d’incendies. Les autorités n’ont pas précisé les circonstances exactes de ces décès ni l’identité des victimes. Au-delà des pertes humaines, les dégâts matériels se révèlent considérables.
Près de 150 habitations ont été touchées par les flammes, laissant de nombreuses familles sans logement. Les zones agricoles ont également subi des pertes importantes, avec des récoltes détruites en pleine période estivale. Les forêts et maquis, déjà fragilisés par la sécheresse, ont vu partir en fumée des milliers d’hectares de végétation.
Le gouvernement algérien a lancé un recensement complet des dégâts afin de procéder à l’indemnisation des sinistrés. Selon le ministère de l’Intérieur, ce recensement doit être achevé avant fin août 2026, permettant ensuite le versement des compensations aux familles et exploitants touchés.
Une canicule exceptionnelle au Maghreb
Cette vague d’incendies s’inscrit dans un épisode caniculaire exceptionnel qui a frappé l’ensemble du Maghreb en juillet 2026. Les températures ont atteint des niveaux records, dépassant les 50°C dans certaines régions algériennes. Cette chaleur extrême a créé des conditions idéales pour le déclenchement et la propagation rapide des feux.
Les Échos rapportent dans leur édition du 29 juillet une crise majeure touchant plusieurs pays de la région, avec notamment des coupures d’électricité liées à la surconsommation énergétique. En Algérie, le réseau électrique a été mis sous pression par l’usage massif de la climatisation et des ventilateurs.
La combinaison de températures record, de sécheresse prolongée et de vents violents a amplifié la virulence des incendies. Les services météorologiques avaient émis des alertes canicule dès le début du mois de juillet, mais l’intensité et la durée de l’épisode ont dépassé les prévisions initiales.
Contexte en Algérie : une vulnérabilité croissante
L’Algérie, pays d’Afrique du Nord de 48 millions d’habitants, connaît une vulnérabilité croissante face aux incendies de forêt. Le pays compte environ 4,1 millions d’hectares de forêts, principalement concentrés dans le nord, une zone méditerranéenne particulièrement exposée aux risques de feux durant l’été.
Ces dernières années, la fréquence et l’intensité des épisodes caniculaires se sont accentuées. En août 2021, l’Algérie avait déjà vécu une catastrophe majeure avec une série d’incendies qui avaient causé la mort de 90 personnes, dont 33 militaires tombés dans la région de Kabylie. Cette tragédie avait marqué les esprits et conduit à un renforcement des moyens de lutte.
Depuis, les autorités ont investi dans l’acquisition de nouveaux aéronefs et la formation d’équipes spécialisées. La Protection civile dispose désormais d’une flotte aérienne étoffée et d’unités d’intervention rapide déployées dans les wilayas à risque. Malgré ces efforts, la multiplication des départs de feux simultanés complique la tâche des secours.
Les leçons d’une crise maîtrisée
Si le bilan humain de 2026 reste tragique, il apparaît nettement inférieur à celui de 2021. Cette amélioration témoigne de l’efficacité du dispositif mis en place par les autorités algériennes. La coordination entre la Protection civile, l’Armée nationale populaire et la cellule de crise gouvernementale a permis une réponse rapide et massive.
L’utilisation intensive des moyens aériens a joué un rôle déterminant dans la maîtrise des feux les plus menaçants. Les bombardiers d’eau et hélicoptères ont pu intervenir sur les fronts de flammes avant qu’ils n’atteignent des zones densément peuplées, limitant ainsi les pertes humaines et matérielles.
La Protection civile maintient néanmoins ses unités en état d’alerte maximale. Les températures restent élevées dans plusieurs régions et le risque de reprise de feu demeure, selon l’agence APS. Les équipes surveillent particulièrement les zones où des braises pourraient persister sous la cendre.
Indemnisation et reconstruction à venir
Le recensement lancé par le gouvernement doit établir avec précision l’étendue des dégâts pour chaque sinistré. Les familles ayant perdu leur logement, les agriculteurs dont les récoltes ont été détruites et les propriétaires forestiers touchés seront éligibles aux compensations. Le calendrier fixé par le ministère de l’Intérieur prévoit un versement des indemnités avant fin août 2026.
Au-delà de l’urgence humanitaire, se pose la question de la reconstruction et de la prévention. Les autorités devront déterminer si certaines habitations peuvent être rebâties sur leur emplacement d’origine ou si des zones doivent être classées inconstructibles en raison du risque incendie. La replantation des forêts détruites prendra, elle, plusieurs décennies.
Cette crise majeure interroge également sur l’adaptation du pays aux épisodes climatiques extrêmes, appelés à se multiplier dans les années à venir selon les projections scientifiques. Le renforcement des dispositifs de prévention, la sensibilisation des populations et l’aménagement du territoire devront faire l’objet d’une réflexion approfondie pour limiter l’impact des prochaines vagues de chaleur.