Algérie : 6 morts dans les incendies depuis le 8 juillet, canicule extrême
Une vague de feux dévastateurs frappe plusieurs wilayas depuis deux semaines, attisée par des températures dépassant 48 °C
Depuis le 8 juillet, l'Algérie affronte une série d'incendies meurtriers qui ont fait 6 victimes et détruit des milliers d'hectares de végétation. La Protection civile a mobilisé plus de 19 000 agents, épaulés par l'armée, pour lutter contre les flammes.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 6 personnes sont décédées dans les incendies entre le 8 et le 21 juillet 2026
- Plus de 19 000 agents de la Protection civile mobilisés, épaulés par l'Armée nationale populaire
- Des températures dépassant 48 °C ont attisé les flammes dans plusieurs wilayas
- Skikda, Béjaïa, Annaba et Tizi Ouzou figurent parmi les zones les plus touchées
- Le ministère de l'Intérieur a activé des mesures d'aide d'urgence et d'indemnisation
Depuis deux semaines, l’Algérie subit une vague d’incendies d’une intensité exceptionnelle. Entre le 8 et le 21 juillet 2026, les feux ont causé la mort de 6 personnes et détruit des milliers d’hectares de couvert végétal à travers plusieurs wilayas du pays, selon le ministère de l’Intérieur. Des récoltes ont été anéanties, des habitations touchées, et des populations évacuées face à la progression rapide des foyers.
Cette crise intervient dans un contexte de canicule extrême qui frappe le Maghreb, avec des températures dépassant localement les 48 °C, selon Rupture-mag.fr. Les conditions climatiques - chaleur écrasante, sécheresse et vents violents - ont transformé la moindre étincelle en brasier incontrôlable.
Un bilan humain et matériel lourd
Le ministère de l’Intérieur a confirmé le décès de 6 personnes depuis le début de la vague de feux, selon Just-InfoDZ. Plusieurs blessés ont également été recensés, tandis que des milliers d’hectares de forêts, de maquis et de terres agricoles sont partis en fumée. Des champs de culture ont été ravagés, détruisant les récoltes de centaines d’exploitants, et des maisons ont été endommagées ou détruites dans plusieurs wilayas.
Les wilayas de Skikda, Béjaïa, Annaba et Tizi Ouzou figurent parmi les plus touchées, rapportent les journaux Horizons et El Moudjahid. À Skikda, des évacuations préventives ont été menées pour mettre à l’abri des familles menacées par l’avancée des flammes. À Béjaïa, les services de secours ont lutté pendant plusieurs jours contre des foyers actifs dans des zones difficilement accessibles.
Des vidéos et photos partagées ce 21 juillet sur les réseaux sociaux montrent des colonnes de fumée noire s’élevant au-dessus de collines boisées, des flammes dévorant la végétation et des paysages calcinés. Ces images témoignent de l’ampleur des dégâts et de la violence des incendies.
Mobilisation massive de la Protection civile et de l’armée
Face à l’urgence, la Protection civile a déployé plus de 19 000 agents et des moyens aériens considérables, dont des avions bombardiers d’eau de type AT-802, selon l’Algérie Presse Service (APS). Ces appareils, capables de larguer plusieurs milliers de litres d’eau par rotation, ont effectué des dizaines de sorties quotidiennes pour tenter de maîtriser les foyers les plus actifs.
L’Armée nationale populaire (ANP) a été mobilisée en renfort des services de la Protection civile et de la Conservation des forêts, précise l’APS. Des unités militaires ont été déployées dans les zones les plus critiques pour participer aux opérations d’extinction, aménager des coupe-feux et évacuer les populations isolées.
Sur le terrain, les sapeurs-pompiers font face à des conditions de travail extrêmes. La chaleur accablante, la fumée dense et le relief escarpé compliquent les interventions. Plusieurs agents ont été légèrement blessés, selon des sources locales, mais aucun bilan officiel détaillé n’a été communiqué à ce stade concernant les secouristes.
Mesures d’aide d’urgence activées par le gouvernement
Le ministère de l’Intérieur a annoncé l’activation de mesures d’aide d’urgence et d’indemnisation pour les sinistrés, rapporte Just-InfoDZ. Ces dispositifs visent à soutenir les familles qui ont perdu leur logement, leurs récoltes ou leur bétail. Des commissions locales ont été mises en place dans les wilayas concernées pour évaluer les dégâts et accélérer le versement des indemnités.
Des associations caritatives et des collectifs de solidarité se sont également mobilisés pour distribuer de l’eau, de la nourriture et des produits de première nécessité aux populations évacuées, hébergées temporairement dans des gymnases ou des salles communales.
Contexte algérien : une vulnérabilité récurrente aux incendies
L’Algérie est régulièrement confrontée à des feux de forêts durant l’été, notamment dans les régions montagneuses du nord du pays où la végétation méditerranéenne - pins, chênes, maquis - est particulièrement inflammable. Le pays dispose d’environ 4,1 millions d’hectares de forêts, soit près de 2 % du territoire, concentrés principalement dans les wilayas côtières et montagneuses.
Ces dernières années, les épisodes de canicule se sont intensifiés et allongés, augmentant la fréquence et la gravité des incendies. En 2021, une vague de feux avait ravagé plus de 100 000 hectares et causé la mort de 90 personnes, dont 33 militaires tués dans la wilaya de Tizi Ouzou. Cet événement tragique avait marqué l’une des pires catastrophes de l’histoire récente du pays.
En France, les incendies ont également fait la une cet été. Deux pompiers ont été tués dans un incendie de bâtiment près de l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, tandis que dans les Hautes-Alpes, un hameau a été évacué et une pompière blessée. Au Canada, près de 1 000 feux de forêt restent actifs, illustrant un phénomène devenu planétaire.
Causes des feux : entre facteurs naturels et interventions humaines
Les autorités algériennes n’ont pas encore communiqué de bilan définitif sur les causes des incendies de juillet 2026. Toutefois, les départs de feux sont généralement attribués à une combinaison de facteurs : négligence humaine (mégots de cigarette, barbecues, travaux agricoles), actes criminels et, dans une moindre mesure, phénomènes naturels comme la foudre sèche.
La gestion forestière et la prévention restent des défis majeurs. Les moyens de surveillance (tours de guet, caméras thermiques, drones) sont inégalement déployés sur le territoire, et la sensibilisation du grand public demeure insuffisante. Les autorités algériennes appellent régulièrement à la vigilance durant l’été et interdisent l’accès aux forêts dans les zones à risque, comme le font actuellement plusieurs départements français dont la Sarthe.
Situation au 21 juillet : des foyers toujours actifs
Ce 21 juillet, plusieurs foyers restaient actifs dans différentes wilayas, selon des comptes d’actualité algériens. Les services de secours poursuivaient leurs opérations d’extinction, soutenus par les moyens aériens et terrestres déployés depuis deux semaines. Les prévisions météorologiques n’annoncent aucune baisse significative des températures à court terme, laissant craindre de nouveaux départs de feux dans les jours à venir.
Les autorités ont renouvelé leurs appels à la prudence et demandé aux citoyens de signaler immédiatement tout début d’incendie aux services de la Protection civile. Des patrouilles de surveillance ont été renforcées dans les zones forestières sensibles, et des barrages filtrants ont été installés pour limiter l’accès aux massifs les plus vulnérables.
Le bilan humain et matériel de cette vague de feux pourrait encore s’alourdir dans les heures et jours à venir, alors que l’Algérie se prépare à affronter plusieurs semaines de canicule.