Algérie : canicule record à 49°C et incendies meurtriers mobilisent 19 000 agents
Une vague de chaleur extrême frappe le pays depuis deux semaines, aggravant une crise des feux de forêt qui a déjà causé 6 morts et nécessite l'intervention massive de la Protection civile et de l'armée.
L'Algérie traverse ce 22 juillet 2026 une journée critique marquée par des températures atteignant 49°C dans plusieurs wilayas. Cette canicule persistante alimente une flambée d'incendies qui a fait 6 morts en deux semaines et mobilise plus de 19 000 secouristes sur le terrain.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Des températures jusqu'à 49°C sont enregistrées ce 22 juillet dans plusieurs wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux algériens, selon l'Office national de la météorologie.
- Le bilan des incendies s'établit à 6 morts entre le 8 et le 21 juillet, avec 195 foyers déclarés dont 53 encore actifs ce mercredi matin.
- Plus de 19 000 agents de la Protection civile, appuyés par l'armée, sont mobilisés pour combattre les feux à travers le pays.
- Des évacuations préventives ont été menées à Seraïdi (wilaya d'Annaba), incluant des patients hospitalisés menacés par les flammes.
- L'État a lancé un recensement des dégâts pour engager rapidement les indemnisations des sinistrés.
Le thermomètre affiche ce mercredi 22 juillet des valeurs alarmantes dans le Sud et les Hauts-Plateaux algériens. Selon l’Office national de la météorologie (ONM), plusieurs wilayas enregistrent des pics de 49°C, marquant l’apogée d’une vague de chaleur qui dure depuis deux semaines. Cette situation météorologique exceptionnelle coïncide avec une recrudescence dramatique des incendies de forêt à travers le pays.
Le bilan humain s’alourdit. Le ministère de l’Intérieur fait état de 6 décès liés aux incendies recensés entre le 8 et le 21 juillet. Sur le terrain, la Protection civile dénombre 195 foyers déclarés depuis le début de cette séquence, dont 142 ont pu être totalement maîtrisés. Au matin du 22 juillet, 53 incendies restaient actifs, nécessitant une intervention continue des secours dans des conditions extrêmes.
Une mobilisation sans précédent face aux flammes
La Protection civile a déployé plus de 20 000 agents pour combattre les feux, épaulés par des unités de l’armée nationale. Cette mobilisation massive témoigne de l’ampleur de la crise que traverse le pays. Les équipes font face à des conditions d’intervention particulièrement difficiles : vents forts, relief accidenté et végétation desséchée qui se transforme en combustible hautement inflammable.
Le colonel Farouk Achour, porte-parole de la Protection civile, explique que les conditions météorologiques ont d’abord favorisé la pousse de la végétation avant que la chaleur et la sécheresse ne la transforment en combustible. Cette combinaison facilite la propagation rapide des feux, rendant leur maîtrise particulièrement complexe.
Évacuations préventives et course contre les flammes
Face à la progression des incendies, les autorités ont procédé à des évacuations préventives dans plusieurs zones à risque. À Seraïdi, dans la wilaya d’Annaba au nord-est du pays, des habitants ont été mis à l’abri, ainsi que des patients hospitalisés menacés par l’avancée des flammes. Ces évacuations illustrent la menace directe que représentent les feux pour les populations civiles et les infrastructures.
Le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud s’est rendu sur place pour suivre les opérations et coordonner la réponse des services de l’État. La priorité affichée reste la protection des vies humaines et des biens, dans un contexte où la situation évolue rapidement au gré des vents et des températures.
Un épisode caniculaire exceptionnel
L’intensité de cette canicule dépasse les normes habituelles, même pour un pays méditerranéen habitué aux étés chauds. Les 49°C prévus ce mercredi placent cette vague de chaleur parmi les épisodes les plus intenses enregistrés en Algérie. La Tunisie voisine connaît une situation similaire, avec des températures oscillant entre 46 et 49°C ces derniers jours, selon La Chaîne Météo.
Cette chaleur extrême met à rude épreuve les populations, particulièrement les plus vulnérables. Elle complique également le travail des secouristes engagés dans la lutte contre les incendies, contraints d’intervenir dans des conditions physiques éprouvantes avec un équipement de protection lourd.
Contexte d’une Algérie face au dérèglement climatique
L’Algérie, pays d’Afrique du Nord de 48 millions d’habitants, s’étend sur plus de 2,3 millions de km², ce qui en fait le plus vaste pays du continent. Son territoire combine zones littorales méditerranéennes, massifs montagneux de l’Atlas et vastes étendues sahariennes. Cette diversité géographique expose différentes régions à des risques variés lors d’épisodes climatiques extrêmes.
Le pays fait face de manière récurrente à des vagues de chaleur estivales, mais leur intensité et leur durée semblent s’accentuer ces dernières années. Les incendies de forêt sont devenus un enjeu de sécurité civile majeur, particulièrement dans les wilayas du Nord où la couverture végétale est la plus dense. En 2021, le pays avait connu un épisode dramatique avec plus de 90 morts dans des feux de forêt en Kabylie.
Indemnisations promises aux sinistrés
Au-delà de l’urgence immédiate, les autorités se préparent à la phase de reconstruction. Le ministère de l’Intérieur a annoncé le lancement d’une opération de recensement exhaustif des dégâts causés par les incendies. Cette étape doit permettre d’engager rapidement les indemnisations pour les habitants ayant perdu leur logement, leurs biens ou leurs moyens de subsistance.
L’État promet un soutien financier aux sinistrés, sans préciser à ce stade les montants ni les modalités exactes. Ce recensement devra établir le bilan matériel complet : habitations détruites, exploitations agricoles ravagées, infrastructures endommagées et surfaces forestières parties en fumée.
Perspective : une fin d’été sous haute surveillance
La situation reste sous tension pour les prochains jours. Les services météorologiques n’annoncent pas de baisse significative des températures à court terme, et le risque d’incendie demeure élevé dans de nombreuses wilayas. La Protection civile maintient son dispositif de mobilisation maximale, tandis que les populations des zones à risque restent en alerte. L’enjeu pour les autorités algériennes est désormais de tenir jusqu’à la fin de l’été tout en préparant une réponse structurelle face à ces crises climatiques de plus en plus fréquentes.