Algérie : six morts dans les incendies, 19 000 pompiers mobilisés
Depuis début juillet 2026, plus de 1400 départs de feu ont frappé plusieurs wilayas algériennes, tuant six personnes en pleine canicule extrême
L'Algérie affronte depuis début juillet une vague d'incendies exceptionnelle, aggravée par une canicule dépassant les 48°C. Le bilan officiel fait état de six morts et de plus de 1400 départs de feu. Le ministre de l'Intérieur Saïd Sayoud s'est rendu à Guelma le 23 juillet pour présenter les condoléances aux familles des victimes.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Six morts recensés depuis début juillet 2026 dans les incendies de forêt en Algérie, selon un bilan du ministère de l'Intérieur communiqué le 21 juillet.
- 1437 départs de feu au total depuis le 1er juillet, dont 465 feux de forêt, selon la Protection civile algérienne.
- Environ 150 habitations endommagées à Seraïdi, dans la wilaya d'Annaba, selon le ministre Saïd Sayoud.
- Plus de 19 000 agents de la Protection civile mobilisés, appuyés par l'armée et des moyens aériens.
- Le ministre de l'Intérieur Saïd Sayoud s'est rendu à Guelma le 23 juillet 2026 sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune.
Le ministère de l’Intérieur algérien a communiqué, mardi 21 juillet 2026, un bilan qui donne la mesure de la crise : six morts depuis le début du mois dans les incendies qui ravagent plusieurs wilayas du pays. Plus de cent personnes ont été hospitalisées, selon les autorités, dans un contexte de canicule sévère où les températures ont localement dépassé les 47°C, avec des pointes signalées jusqu’à 49°C.
Depuis le 1er juillet, la Protection civile algérienne a recensé 1437 départs de feu à travers le territoire, sans précision officielle sur le nombre de feux de forêt. Un chiffre qui traduit l’ampleur inhabituelle de cette saison estivale, marquée par une sécheresse persistante et des vents chauds venus du sud.
Le ministre à Guelma pour présenter ses condoléances
Sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, le ministre de l’Intérieur Saïd Sayoud s’est déplacé à Guelma, dans le nord-est du pays, le 23 juillet. Il y a présenté ses condoléances aux familles des victimes, selon les services du ministère. Ce déplacement intervient alors que les secours restent mobilisés sur plusieurs fronts simultanément, dans une région où les massifs forestiers bordent directement des zones habitées.
La presse française a largement repris ce bilan. Le Parisien a ainsi titré sur un nord algérien « ravagé par des incendies qui ont fait six morts en moins de deux semaines », un condensé qui résume l’inquiétude grandissante autour de cette série d’événements.
Seraïdi, dans la wilaya d’Annaba, durement touchée
Parmi les zones les plus affectées figure la commune de Seraïdi, dans la wilaya d’Annaba. Selon Brahim Sayoud, cité par l’agence de presse APAnews, environ 150 habitations y ont été endommagées par les flammes. Des opérations d’évacuation ont concerné à la fois des patients d’établissements de santé et des habitants des quartiers menacés, dans une commune connue pour son relief boisé surplombant la ville d’Annaba.
Ce type de configuration, entre pinèdes denses et habitat dispersé en altitude, explique en partie la vitesse de propagation des feux lorsque le vent se lève par forte chaleur. Aucune cause précise n’a pour l’instant été communiquée officiellement pour l’ensemble des départs de feu recensés depuis début juillet.
19 000 agents de la Protection civile sur le terrain
Face à cette situation, l’État algérien a engagé des moyens considérables. Plus de 19 000 agents de la Protection civile sont mobilisés à travers le pays, appuyés par l’armée et des moyens aériens de largage. Cette mobilisation, inhabituelle par son ampleur, illustre la difficulté à circonscrire simultanément des foyers actifs dans des wilayas parfois éloignées les unes des autres.
Le président Abdelmadjid Tebboune a par ailleurs ordonné la mise en place d’une cellule nationale de suivi de la situation des incendies, selon les services du Premier ministre. Cette structure doit centraliser les remontées d’information entre les différentes wilayas touchées et coordonner l’appui logistique aux équipes de terrain.
Contexte : une crise qui dépasse une seule wilaya
La particularité de cet épisode tient à sa dispersion géographique. Les incendies ne se limitent pas à un seul massif forestier : Annaba et Guelma, deux wilayas voisines du nord-est algérien, figurent parmi les zones les plus citées par les autorités, mais le bilan national de 1437 départs de feu suggère une exposition beaucoup plus large du territoire. Cette configuration a conduit le ministre de l’Intérieur à demander aux walis un recensement exhaustif des pertes matérielles, en vue d’une indemnisation des sinistrés, selon le ministère.
Pour un lecteur français, cette crise résonne particulièrement au regard des liens noués entre les deux rives de la Méditerranée : une large communauté d’origine algérienne vit en France, souvent avec de la famille encore installée dans les wilayas du nord, précisément celles où se concentrent aujourd’hui les foyers d’incendie les plus actifs.
Prochaine étape
Le recensement des dégâts commandé par Brahim Sayoud aux walis doit permettre d’évaluer précisément l’ampleur des pertes matérielles avant toute indemnisation des familles sinistrées. La cellule nationale de suivi installée sur instruction du président Tebboune continuera par ailleurs de coordonner les moyens engagés, tant que la canicule maintient les risques de reprise de feu sur les massifs déjà touchés.