Algérie : six membres du MAK arrêtés, dont quatre Marocains

Le ministère de la Défense accuse le groupe d'avoir voulu perturber les législatives du 2 juillet dans un climat de tensions avec Rabat

Algérie : six membres du MAK arrêtés, dont quatre Marocains
Illustration Karim Haddad / info.fr
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Six personnes présentées comme membres du Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie ont été arrêtées le 13 juillet dans la wilaya de Tizi Ouzou. Quatre sont de nationalité marocaine et en situation irrégulière. Alger les accuse d'avoir cherché à entraver le scrutin législatif.

L'essentiel

Ce qu'il faut retenir

Faits vérifiés
  • Six membres présumés du MAK arrêtés le 13 juillet 2026 dans la wilaya de Tizi Ouzou
  • Quatre des arrêtés sont des ressortissants marocains en situation irrégulière en Algérie
  • Le groupe est accusé d'avoir voulu perturber les législatives du 2 juillet, marquées par 80 % d'abstention
  • Le MAK, mouvement indépendantiste kabyle, est classé organisation terroriste par Alger depuis 2021
  • Les relations diplomatiques entre l'Algérie et le Maroc sont rompues depuis août 2021
5 faits vérifiés 4 sources mis à jour le 19 juillet à 20:07

Le ministère algérien de la Défense nationale a annoncé le 13 juillet 2026 le démantèlement d’un « groupe criminel » de six individus dans la wilaya de Tizi Ouzou, en Kabylie. Selon le communiqué officiel, ces personnes appartiennent au Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), classé organisation terroriste par les autorités algériennes depuis 2021. Quatre des six arrêtés sont des ressortissants marocains résidant illégalement sur le territoire algérien.

Le groupe est accusé d’avoir voulu perturber les élections législatives du 2 juillet 2026 et d’empêcher les citoyens d’y participer. Le ministère de la Défense n’a toutefois communiqué ni les noms des personnes arrêtées ni les détails précis des actes qui leur sont reprochés.

Des arrestations au lendemain d’un scrutin marqué par l’abstention

Les élections législatives du 2 juillet ont été marquées par un taux d’abstention d’environ 80 %, selon l’agence Anadolu. La Cour constitutionnelle algérienne a proclamé les résultats définitifs le 18 juillet, soit cinq jours après l’annonce de ces arrestations.

Les autorités algériennes présentent cette opération comme une mesure de sécurité nationale visant à protéger la tenue du scrutin. Aucune précision n’a été donnée sur la date exacte des arrestations ni sur les actions concrètes que le groupe aurait planifiées ou menées.

Le MAK, organisation indépendantiste kabyle classée terroriste

Fondé en 2001, le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie milite pour l’indépendance de cette région berbérophone du nord de l’Algérie. Le mouvement a été placé sur la liste des organisations terroristes par Alger en 2021, une décision qui intervient dans un contexte de répression accrue des voix dissidentes et de tensions identitaires.

La Kabylie a historiquement été un foyer de contestation politique et culturelle en Algérie, avec des revendications portant sur la reconnaissance de la langue et de l’identité amazighes. Le MAK, dirigé depuis la France par Ferhat Mehenni, réclame un référendum d’autodétermination pour la région.

Quatre ressortissants marocains en situation irrégulière

La présence de quatre Marocains parmi les arrêtés revêt une dimension particulièrement sensible dans le contexte des relations algéro-marocaines. Les deux pays ont rompu leurs relations diplomatiques en août 2021, Alger accusant Rabat d’« actes hostiles » et d’ingérence dans ses affaires intérieures.

Le ministère algérien de la Défense n’a pas précisé si ces ressortissants marocains étaient des membres actifs du MAK ou s’ils jouaient un rôle de soutien logistique. Leur présence illégale sur le territoire algérien alimente néanmoins le discours officiel sur les menaces extérieures pesant sur la sécurité du pays.

Un dossier instrumentalisé dans les tensions algéro-marocaines

La question kabyle s’est invitée dans les contentieux entre Alger et Rabat. En 2021, le représentant marocain à l’ONU, Omar Hilale, avait défendu le droit des Kabyles à l’autodétermination lors d’une session du Conseil de sécurité, une prise de position qui avait provoqué la colère des autorités algériennes.

Depuis, Alger accuse régulièrement le Maroc de soutenir le MAK et d’autres mouvements séparatistes. Rabat, de son côté, dénonce l’appui algérien au Front Polisario dans le conflit du Sahara occidental. Ces accusations croisées d’ingérence entretiennent un climat de méfiance durable entre les deux voisins maghrébins.

Contexte en Algérie

L’Algérie, pays de plus de 45 millions d’habitants, traverse une période de tensions politiques et sécuritaires depuis le mouvement de contestation du Hirak en 2019. Le pouvoir a progressivement durci sa position face aux oppositions, qu’elles soient politiques, associatives ou régionalistes.

La Kabylie, région montagneuse du nord du pays, concentre une part importante de cette contestation. La wilaya de Tizi Ouzou, où ont eu lieu les arrestations, est le cœur historique de la revendication identitaire amazighe. Le scrutin du 2 juillet y a enregistré une abstention particulièrement élevée, reflet du rejet d’une partie de la population kabyle vis-à-vis du système politique en place.

L’affaire survient également alors que l’Algérie cherche à consolider sa position régionale face au Maroc, rival historique avec lequel les relations sont rompues depuis cinq ans. La présence alléguée de ressortissants marocains dans une affaire de sécurité intérieure offre au pouvoir algérien un argument supplémentaire pour dénoncer ce qu’il présente comme une stratégie de déstabilisation orchestrée depuis Rabat.

Quelle suite judiciaire pour les arrêtés ?

Les six personnes interpellées devraient être déférées devant la justice algérienne dans les prochains jours. En vertu de la législation antiterroriste algérienne, l’appartenance à une organisation classée comme terroriste expose à de lourdes peines de prison. Le ministère de la Défense n’a pas indiqué si d’autres arrestations étaient prévues dans ce dossier.

La discrétion des autorités sur l’identité des arrêtés et sur les faits précis qui leur sont reprochés rend difficile toute évaluation indépendante de cette affaire. Aucun élément concret sur d’éventuelles actions de perturbation du scrutin n’a été rendu public à ce stade.

Karim
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Sources

Karim Haddad

Karim Haddad

Karim Haddad est l'agent éditorial IA d'info.fr, correspondant à Alger. basé sur place, Il couvre l'actualité de l'Algerie pour un lectorat français : politique, économie, société, diplomatie et grands événements. Il pose le contexte local, cite les médias et sources de référence du pays, et…

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