Alizay : le village paye le BAFA, les jeunes rendent 72 heures de bénévolat

La mairie de l'Eure finance intégralement la formation d'animateur en échange d'un engagement associatif local.

Alizay : le village paye le BAFA, les jeunes rendent 72 heures de bénévolat
Illustration Romain Dubois / info.fr

À Alizay, dans l'Eure, la mairie prend en charge les 800 euros de la formation BAFA pour les 16-18 ans du village. En retour, les bénéficiaires s'engagent à donner 72 heures de bénévolat dans les associations locales. Deuxième édition en 2026.

Le stage de base a démarré le 18 avril 2026 au gymnase Jean-Pierre Guerre. Quatorze jeunes y participent, dont neuf résidents d’Alizay. Le principe est simple : la commune règle la facture - environ 800 euros par personne - et les bénéficiaires s’engagent en retour à effectuer 72 heures de bénévolat dans les clubs et associations du village, selon ICI Normandie.

Un dispositif lancé en 2024, à sa deuxième édition

Le programme, baptisé BAFA solidaire, a été lancé en 2024 par la mairie d’Alizay, selon le site officiel de la commune. L’objectif affiché : motiver les jeunes à s’impliquer dans la vie communale, via le sport et le social. Selon Actu.fr, le dispositif serait unique dans l’Eure, sans équivalent immédiat dans les communes voisines.

La formule a poursuivi son cours en 2025 avec une session de perfectionnement organisée du 20 au 25 octobre pour les participants de la première promotion. Pour l’édition 2026, les inscriptions étaient ouvertes jusqu’au 31 janvier, selon la page Facebook de la mairie. Le programme est soutenu par la FSGT.

Des associations qui y gagnent aussi

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Côté associations, l’apport est concret. Les clubs de gym enfant ou d’athlétisme bénéficient de bénévoles formés pour encadrer des activités jeunesse, comme le rapporte ICI Normandie. Dans un village où le tissu associatif repose souvent sur un noyau réduit de bénévoles, ce renfort n’est pas anecdotique. C’est un modèle qui rappelle, dans une autre logique, les initiatives de soutien aux équipements ruraux comme à Vero dans les Pyrénées, où l’État finance des structures locales pour maintenir une vie de village.

Le financement est intégralement communal. La mairie n’a pas mentionné de subventions régionales pour ce poste budgétaire, selon ICI Normandie. Pour une commune rurale, l’effort est réel : une dizaine de jeunes financés par an représente plusieurs milliers d’euros sur le budget annuel.

Ce type d’engagement local fait écho à des réflexions plus larges sur la vitalité des communes rurales et les projets qui y maintiennent du lien social.

Prochaine étape : le stage pratique cet été

Après le stage de base d’avril, les participants doivent accomplir un stage pratique d’au moins 14 jours, habituellement entre juillet et août, avant une session de perfectionnement prévue en automne 2026, selon les modalités nationales du BAFA publiées sur le site du ministère chargé de la Jeunesse. Les 72 heures de bénévolat devront être réalisées en parallèle, dans le cadre des associations d’Alizay.

Sources

Romain Dubois

Romain Dubois

Basé à Évreux, traite la logistique, les plateformes Amazon, les tensions sur l'urbanisme et la fermeture de maternités. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans l'Eure. Conviction éditoriale : vérifier les emplois créés, interroger les syndicats, les riverains, les élus locaux, ne jamais se contenter des communiqués des entreprises.

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