Allemagne : Merz annonce l’achat de missiles Tomahawk americains
Le chancelier Friedrich Merz a annonce le 9 juillet 2026 devant le Bundestag l'acquisition de missiles de croisiere americains, un tournant pour la defense allemande.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a annonce ce jeudi devant le Bundestag l'achat de missiles de croisiere Tomahawk aux Etats-Unis. L'accord, scelle en marge du sommet de l'OTAN a Ankara, doit combler ce qu'il appelle un 'ecart strategique important' dans la defense du pays.
L’essentiel
- Annonce : le chancelier Friedrich Merz a confirme le 9 juillet 2026 devant le Bundestag l’achat de missiles Tomahawk aux Etats-Unis
- Lieu de l’accord : negocie en marge du sommet des dirigeants de l’OTAN a Ankara, en Turquie
- Portee : les missiles Tomahawk atteignent 2 500 kilometres et seront stationnes sur le sol allemand
- Budget : la defense allemande disposera de 124 milliards d’euros en 2026, un montant qui a double depuis le debut de la guerre en Ukraine
- Revirement : cet achat remplace un plan de 2024 de deploiement temporaire d’armes americaines, abandonne sous la seconde administration de Donald Trump
Un accord scelle a Ankara
C’est devant les deputes du Bundestag que Friedrich Merz a fait l’annonce. Selon le chancelier, Washington a donne son feu vert a la vente de missiles de croisiere Tomahawk a l’Allemagne, avec l’objectif de les stationner directement sur le territoire allemand. La negociation s’est conclue en marge du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN a Ankara, rapporte l’agence Xinhua. L’ambassade allemande a reagi rapidement sur les reseaux sociaux.
Le chancelier a resume la portee de la decision en quelques mots, relayes par l’agence de presse turque Anadolu en francais.
Combler une lacune strategique
Pour Friedrich Merz, cet achat vise a combler ce qu’il a qualifie d’ecart strategique important dans le dispositif de defense allemand. Les Tomahawk, dont la portee atteint 2 500 kilometres selon le site officiel deutschland.de, permettraient a la Bundeswehr de disposer pour la premiere fois d’une capacite de frappe longue portee sur son propre sol, sans dependre exclusivement des stocks stockes ailleurs en Europe. Le media suisse Blick a resume l’enjeu en une phrase.
Le ministre de la Defense Boris Pistorius s’etait montre optimiste la veille sur la finalisation de l’accord, selon l’agence de presse allemande dpa. En parallele de cet achat americain, Berlin prevoit aussi de developper ses propres systemes d’armes a longue portee avec des partenaires europeens, une piste evoquee par Xinhua qui montre que l’Allemagne ne veut pas se limiter a une dependance americaine sur ce dossier.
Un revirement apres l’abandon du plan de 2024
Cette annonce s’inscrit dans une sequence plus longue. Un premier plan, presente en 2024 sous la presidence de Joe Biden, prevoyait deja le deploiement temporaire d’armes americaines a longue portee en Allemagne. Ce projet avait ete abandonne par la suite, sous la seconde administration de Donald Trump, selon l’agence dpa. L’accord annonce ce 9 juillet s’y substitue, cette fois sous la forme d’un achat direct par Berlin plutot que d’un simple deploiement temporaire pilote par Washington.
Contexte en Allemagne
Cette decision s’inscrit dans une hausse continue des depenses militaires allemandes depuis le debut de la guerre en Ukraine en 2022. Le budget de defense du pays atteindra 124 milliards d’euros en 2026, selon deutschland.de, un montant qui a double en quatre ans. L’Allemagne, longtemps prudente sur les questions de reamement en raison de son histoire, est devenue l’un des principaux contributeurs militaires europeens au soutien de l’Ukraine et se positionne desormais comme un acteur central de la dissuasion europeenne face a la Russie. Le renforcement de sa capacite de frappe longue portee marque une etape supplementaire dans ce virage strategique amorce ces dernieres annees.
Ce que ca change pour la France et l’OTAN
Pour un lecteur francais, ce dossier resonne avec les debats sur l’autonomie strategique europeenne et la place de la dissuasion nucleaire francaise dans l’architecture de securite du continent. La France dispose depuis longtemps de ses propres capacites de frappe longue portee, mais l’Allemagne en etait jusqu’ici largement depourvue, une asymetrie souvent citee dans les discussions entre Paris et Berlin sur la defense europeenne. En se dotant de Tomahawk americains tout en travaillant sur des systemes europeens paralleles, Berlin cherche a la fois a rassurer ses allies de l’OTAN et a preparer une alternative moins dependante de Washington a plus long terme. Reuters et DW notent que cette double approche traduit une volonte allemande de ne pas se retrouver, a l’avenir, dans la meme situation d’incertitude qu’en 2024 lorsque le premier plan de deploiement avait ete abandonne du jour au lendemain par l’administration americaine.
Les modalites precises du calendrier de livraison des missiles n’ont pas ete detaillees a ce stade.