Alsace : les entreprises résistent, mais les transporteurs paient le prix fort

Malgré la guerre au Moyen-Orient, l'activité économique alsacienne reste stable en mars 2026, selon la Banque de France.

Alsace : les entreprises résistent, mais les transporteurs paient le prix fort
Illustration Lucie Meyer / info.fr

L'enquête mensuelle de la Banque de France du 13 avril 2026 confirme une progression de l'activité dans l'industrie, les services et le bâtiment en France. En Alsace, la résistance est réelle, mais les coûts de transport grimpent.

Les entreprises alsaciennes traversent la tempête sans couler. C’est, en résumé, ce que révèle l’enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée le 13 avril 2026 : en mars, l’activité a progressé dans l’industrie, les services marchands et le bâtiment, à un rythme comparable aux mois précédents. La guerre au Moyen-Orient n’a pas, pour l’heure, dérailé la machine économique régionale.

L’impact reste qualifié de « limité » par la Banque de France, qui prévoit une croissance du PIB français de 0,3 % au premier trimestre 2026. Sur l’année, la prévision a été légèrement abaissée à 0,9 %, contre 1 % initialement, en raison des tensions énergétiques, selon La Croix.

Un choc d’incertitude comparable à 2022

La Banque de France note toutefois que l’indicateur d’incertitude économique a atteint en mars 2026 des niveaux proches de ceux enregistrés au début de la guerre en Ukraine, en 2022. Les entreprises l’expriment dans leurs commentaires. Pour l’Alsace, le baromètre 2026 de la CCI Alsace Eurométropole dresse un tableau nuancé : plus de 20 000 entreprises créées en 2025, 2,5 milliards d’euros d’investissements prévus, mais une hausse de 10 % des défaillances et un moral fragile.

Les transporteurs en première ligne

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Le secteur le plus exposé reste le transport routier. Selon la Fédération nationale des transports routiers, la flambée du carburant liée au conflit coûte jusqu’à 50 euros supplémentaires par jour et par camion aux entreprises alsaciennes. Une pression qui s’ajoute à une inflation déjà présente : en 2025, les coûts hors carburant avaient progressé de 2,4 % en moyenne, selon le Comité National Routier.

Face à cette situation, le gouvernement a annoncé en avril 2026 un plan de soutien de 50 millions d’euros destiné aux TPE et PME du secteur, sous forme d’aide forfaitaire équivalente à 20 centimes par litre de carburant, selon la préfecture de Meurthe-et-Moselle.

Prochaine étape : la Banque de France publiera début mai 2026 son enquête couvrant le mois d’avril. Un indicateur clé à surveiller : 23 % des entreprises industrielles envisagent d’ores et déjà de relever leurs prix ce mois-ci.

Sources

Lucie Meyer

Lucie Meyer

Correspondante à Strasbourg, elle suit l'Eurométropole, les tensions sur les transports, les institutions européennes et les débats sur le bilinguisme. Diplômée de l'ESJ Lille, elle a commencé en agence. Ligne de travail : interroger les élus, les fonctionnaires européens, les associations, vérifier les budgets de la CUS avant de publier.

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