Amiens : procès pour le meurtre de Fatiha Mahdi, verdict attendu lundi
Nicolas Deprez, 44 ans, comparaît devant la cour d'assises de la Somme depuis le 11 juin pour le féminicide de son ex-compagne en 2023.
Le procès de Nicolas Deprez s'est ouvert le 11 juin 2026 à Amiens. L'homme de 44 ans est accusé d'avoir tué son ex-compagne Fatiha Mahdi de 19 coups de couteau le 3 mars 2023, sur le parking de son lieu de travail. Le verdict est attendu ce lundi 15 juin.
L’essentiel
- Ouverture du procès : le 11 juin 2026, devant la cour d’assises de la Somme à Amiens.
- Les faits : le 3 mars 2023, Fatiha Mahdi, 28 ans, est tuée de 19 coups de couteau sur le parking de l’hôtel Première Classe d’Amiens, où elle travaillait.
- Préméditation reconnue : une vidéo de 26 minutes et des recherches Google intitulées « comment tuer sa femme » figurent parmi les preuves versées au dossier.
- Contexte conjugal : la victime avait porté plainte pour violences conjugales en août 2022 ; une interdiction d’approcher était en vigueur.
- Verdict : attendu le lundi 15 juin 2026. L’accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Le 3 mars 2023 : une attaque sur le lieu de travail
Ce matin-là, Fatiha Mahdi prend son poste à la réception de l’hôtel Première Classe, dans le nord d’Amiens. Elle a 28 ans. Nicolas Deprez l’attend sur le parking. Il la frappe de 19 coups de couteau. Elle décède sur place.
Selon le site Feminicides.fr, le neveu de la victime, âgé de 5 ans, est présent au moment des faits. C’est lui qui prévient les secours. Deprez tente de se suicider après l’agression, selon la même source.
Le couple s’était séparé en août 2022. Fatiha Mahdi avait déposé une plainte pour violences conjugales. Une ordonnance d’interdiction d’approcher avait été prononcée contre Nicolas Deprez, comme le rapporte France 3 Hauts-de-France.
Une préméditation documentée
L’instruction a mis au jour un dossier à charge particulièrement lourd. Parmi les éléments retenus : une vidéo d’environ 26 minutes, enregistrée par Deprez lui-même, dans laquelle il explique son intention de tuer, et des recherches Google formulées ainsi - « comment tuer sa femme » - selon ICI Picardie/France Bleu.
Le journaliste Nicolas Fillon, qui couvre le procès, a résumé l’ouverture des débats :
Confronté à ces éléments au cours des audiences, Nicolas Deprez a reconnu la préméditation, d’après ICI Picardie. Il aurait également, avant les faits, suivi la victime et son neveu dans le même bus, dissimulé sous une fausse barbe et une perruque, selon Feminicides.fr et plusieurs médias.
La couverture du Courrier Picard décrit un homme hanté par la jalousie, convaincu que son ex-compagne le trompait avec un responsable de l’hôtel. La même source et ICI Picardie rapportent qu’il a qualifié le procès de « mascarade ».
Une victime qui avait cherché à se protéger
Fatiha Mahdi avait enclenché les démarches légales après la séparation. La plainte pour violences conjugales, l’interdiction d’approche : les outils juridiques existaient. Ils n’ont pas suffi.
Son meurtre a été répertorié parmi les féminicides du mois de mars 2023 par le collectif Feminicides.fr, qui documente les homicides de femmes par leur partenaire ou ex-partenaire en France.
Des associations de défense des droits des femmes suivent le procès. Les enjeux autour de l’effectivité des mesures de protection - interdictions d’approche, bracelets anti-rapprochement - sont régulièrement soulevés dans ce type d’affaires. Mais aucune déclaration publique spécifique à ce dossier n’a été recensée dans les sources disponibles à ce stade.
Contexte dans la Somme
Amiens, préfecture de la Somme, abrite la cour d’assises du département, seule juridiction compétente pour juger les crimes. Les affaires de féminicide y sont traitées avec une attention croissante depuis que la statistique nationale - en moyenne une femme tuée par son partenaire ou ex-partenaire tous les deux à trois jours - a été régulièrement rappelée dans le débat public.
Dans le département, les services de gendarmerie et de police nationale ont renforcé ces dernières années les protocoles de suivi des victimes de violences conjugales. En novembre dernier, 70 élus de la Somme avaient été formés à Montdidier par la gendarmerie à la gestion de situations sensibles, dont les violences intra-familiales.
Le cas Deprez illustre une configuration documentée : victime ayant déposé plainte, mesure de protection prononcée, passage à l’acte malgré tout. Le parquet d’Amiens n’a pas communiqué publiquement sur les conditions de suivi du dossier entre août 2022 et mars 2023.
Vers le verdict
Les débats se sont tenus du 11 au 13 juin 2026. Le Courrier Picard et ICI Picardie confirment que le délibéré doit être rendu ce lundi 15 juin. Nicolas Deprez encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
La reconnaissance de la préméditation par l’accusé lui-même, conjuguée aux preuves numériques versées au dossier, oriente les débats vers une qualification d’assassinat avec circonstances aggravantes - meurtre sur ex-conjointe dans un contexte de violences conjugales antérieures.
Sources
- France 3 Hauts-de-France : Féminicide sur la voie publique : Nicolas Deprez jugé pour le meurtre de son ex-conjointe
- ICI Picardie / France Bleu : Meurtre de Fatiha Mahdi à Amiens : confronté à une vidéo accablante, Nicolas Deprez reconnaît la préméditation
- Radio France / France Bleu Picardie : « Comment tuer sa femme » : accusé d'avoir assassiné Fatiha Mahdi à Amiens, Nicolas Deprez face à des preuves accablantes
- Le Courrier Picard : Meurtre de Fatiha : Nicolas Deprez, le taliban bien de chez nous
