Amou : un habitant caillassé et blessé par carabine, cinq voisins sous OQTF

Un homme a été agressé rue des Fleurs le 19 avril par cinq individus armés, récemment installés dans ce village landais de 1500 habitants.

Amou : un habitant caillassé et blessé par carabine, cinq voisins sous OQTF
Illustration Christophe Dufour / info.fr

Une agression violente a secoué Amou (Landes) le 19 avril 2026. Un habitant a été caillassé et touché par un tir de carabine à plomb. Cinq voisins roumains ont été interpellés et font désormais l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.

Les faits se sont produits vers 20 heures, rue des Fleurs, dans ce bourg du Tursan. Selon Sud Ouest, un homme a été pris à partie par cinq individus armés de barres métalliques et de cailloux. Il a reçu un tir de carabine à plomb dans le dos. Hospitalisé, ses jours ne sont pas en danger. Les gendarmes ont interpellé les cinq assaillants dans l’heure suivant l’incident. Le PSIG avait été déployé pour sécuriser l’intervention des pompiers.

Des voisins récemment installés

Les cinq hommes, issus de la communauté roumaine, s’étaient installés peu de temps auparavant dans un logement du village, selon Le JDD. Leur arrivée avait déjà généré des tensions dans le voisinage. Placés en garde à vue prolongée, ils ont ensuite été libres sous convocation judiciaire. Ils comparaîtront le 2 novembre 2026 devant le tribunal pour violences en réunion avec arme, selon Midi Libre.

La maire d’Amou, Florence Bergez, n’a pas tardé à réagir. Elle a réclamé publiquement l’expulsion des agresseurs, dénonçant une situation qui avait semé la terreur rue des Fleurs. « Ils ont pris le contrôle de la rue », titre Sud Ouest en reprenant les termes utilisés par des riverains. Dans un village de 1 500 habitants, ce type d’incident ne passe pas inaperçu. Cette affaire rappelle d’autres dossiers d’violences entre particuliers dans l’espace public qui ont mobilisé les autorités locales ces derniers mois.

La préfecture prononce les OQTF

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La préfecture des Landes a répondu à la demande de la maire. Une obligation de quitter le territoire français (OQTF) a été prononcée à l’encontre des cinq assaillants, selon Sud Ouest. La mesure vise à restaurer la sécurité dans le village avant le procès. Elle n’empêche pas la tenue de l’audience fixée en novembre.

La rapidité de la réponse préfectorale est notable. Ce type de décision administrative, prononcée dans les jours suivant une interpellation, reste peu fréquent dans des communes rurales. La mobilisation préfectorale sur des dossiers locaux sensibles tend à s’accélérer lorsqu’une élue locale monte au créneau publiquement.

Un village sous tension

Amou enregistrait 39 crimes et délits pour 1 555 habitants en 2024, un niveau de délinquance qualifié de modéré, selon les données de Linternaute. Aucun incident comparable n’avait été signalé en 2025. Dans les Landes, les vols sans violence avaient légèrement reculé entre 2024 et 2025 (de 3 140 à 3 068 plaintes selon Ville-data). Cette agression tranche avec cette tendance. Les habitants de la rue des Fleurs restent sous le choc. La question de la présence des cinq hommes sur le territoire jusqu’au procès de novembre reste entière : libres sous convocation, ils sont toujours soumis à une OQTF que rien ne garantit d’exécution immédiate.

Prochaine étape : le procès est fixé au 2 novembre 2026. Les cinq prévenus répondront de violences en réunion avec arme.

Sources

Christophe Dufour

Christophe Dufour

Correspondant à Mont-de-Marsan, suit la forêt landaise, les tensions sur les coupes rases, l'agriculture et les chantiers de la LGV. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans les Landes. Conviction : connaître les sylviculteurs, les associations environnementales, les élus locaux, vérifier les surfaces exploitées avant de publier.

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