Angers : deux personnes sans-abri meurent sur la voie publique en pleine canicule
Le 25 juin, un homme de 50 ans a été retrouvé mort à Saint-Barthélemy-d'Anjou et une femme de 37 ans à Angers, alors que le Maine-et-Loire était en vigilance rouge canicule.
Deux personnes en situation de grande précarité ont été retrouvées mortes sur la voie publique dans l'agglomération d'Angers jeudi 25 juin. Le département était placé en vigilance rouge canicule, avec un record de 40,9 °C. Aucun lien direct n'est encore établi.
L’essentiel
- Deux décès le même jour : un homme d’une cinquantaine d’années retrouvé dans un square à Saint-Barthélemy-d’Anjou et une femme de 37 ans décédée sur la voie publique à Angers, le 25 juin 2026.
- Canicule record : le Maine-et-Loire était en vigilance rouge depuis le 21 juin, avec un pic à 40,9 °C à Angers, du jamais-vu pour un mois de juin.
- Aucun lien formel : les autopsies n’ont pas encore établi de cause à effet direct avec la chaleur, mais les corps étaient fortement éprouvés.
- Plan blanc au CHU : le centre hospitalier d’Angers a activé le niveau 2 de son plan blanc le 23 juin face à une hausse de 70 % des appels au Samu 49.
- Renforcement des maraudes : le préfet François Pesneau a ordonné des maraudes supplémentaires et des places d’hébergement d’urgence pour les sans-abri.
Un drame en deux actes
Jeudi 25 juin 2026, deux personnes en grande précarité ont été retrouvées mortes à quelques kilomètres d’écart dans l’agglomération d’Angers. Le premier corps, celui d’un homme d’une cinquantaine d’années, a été découvert dans un square à Saint-Barthélemy-d’Anjou, selon le Courrier de l’Ouest. Le second, celui d’une femme de 37 ans, gisait sur la voie publique à Angers même. Les secours n’ont pu que constater le décès.
Le même jour, un homme de 69 ans est également décédé à Angers après un malaise sur la voie publique, là encore en période de chaleur extrême, rapportait l’AFP. Aucun lien n’est pour l’instant officiellement établi avec la canicule, mais les trois corps ont été décrits comme « fortement éprouvés par les fortes chaleurs » par une source proche de l’enquête citée par le quotidien régional.
Une canicule exceptionnelle sur le département
Depuis le dimanche 21 juin 2026, le Maine-et-Loire est placé en vigilance rouge canicule par Météo-France. Un record de température pour un mois de juin a été battu à Angers avec 40,9 °C enregistrés le 24 ou le 25 juin (les relevés précis n’ont pas encore été consolidés). L’épisode de chaleur, qualifié de « remarquable par sa précocité et son intensité », a touché l’ensemble des Pays de la Loire.
Dans d’autres départements, des mesures similaires ont été prises, comme dans le Puy-de-Dôme où la préfète a durci les restrictions. La sécheresse a également provoqué des incendies en Sud-Sarthe, avec 80 pompiers mobilisés.
Réaction des pouvoirs publics
Face à cette situation, le préfet de Maine-et-Loire, François Pesneau, a annoncé le renforcement des maraudes d’urgence à destination des personnes sans-abri. « Des tournées supplémentaires sont organisées chaque soir pour distribuer de l’eau, des couvertures de survie et orienter les personnes vers les hébergements d’urgence », a précisé la préfecture dans un communiqué. Des places supplémentaires ont été ouvertes dans les centres d’hébergement de l’agglomération angevine.
Les associations de lutte contre la précarité, comme le Samu social ou Les Restos du Cœur, multiplient les appels à la vigilance. « Ces décès rappellent que la canicule tue d’abord les plus fragiles, ceux qui vivent dans la rue », a réagi une bénévole sous couvert d’anonymat.
L’hôpital en tension
Le système de santé local est lui aussi sous pression. Le CHU d’Angers a déclenché le niveau 2 de son plan blanc le mardi 23 juin 2026 à 20 heures, face à un afflux massif de patients lié à la chaleur. Selon la direction de l’hôpital, l’activité du Samu 49 a bondi de 70 % sur les 48 heures précédant le vendredi 26 juin. Les opérations non urgentes ont été déprogrammées jusqu’au 29 juin au moins.
« Nous sommes en situation de crise. Les services d’urgences sont saturés, et nous devons prioriser les prises en charge vitales », a expliqué un porte-parole du CHU. Le plan blanc niveau 2 permet de rappeler du personnel en repos et de réquisitionner des lits supplémentaires.
Contexte dans le Maine-et-Loire
Le Maine-et-Loire, département de l’ouest de la France comptant environ 820 000 habitants, est traditionnellement un territoire tempéré. La canicule de juin 2026 est sans précédent par sa précocité : le précédent record de chaleur pour un mois de juin datait de 2019 avec 38,5 °C à Angers. Avec 40,9 °C, c’est une hausse de plus de deux degrés. L’agglomération angevine, qui abrite près de 300 000 habitants, connaît une pauvreté moins visible qu’en grandes métropoles, mais le nombre de personnes sans domicile fixe est estimé à plusieurs centaines, selon les associations locales.
Cette situation de « canicule rouge » a conduit le préfet à activer la cellule de crise départementale dès le 21 juin. Les lacs et piscines publiques ont vu leurs horaires étendus, et des « salles climatisées » ont été ouvertes dans les mairies.
Enquêtes en cours
Les deux décès de personnes sans-abri ont donné lieu à des procédures judiciaires. Une autopsie a été ordonnée par le parquet d’Angers pour déterminer les causes exactes de la mort. Aucun lien de cause à effet direct avec la canicule n’a encore été formellement validé par les autorités médicales ou judiciaires. Les résultats des analyses toxicologiques pourraient prendre plusieurs semaines.
En attendant, la ville d’Angers et la commune de Saint-Barthélemy-d’Anjou ont fait part de leur « profonde tristesse » et appellent à la solidarité envers les plus démunis en cette période de chaleur extrême.
Prochaine étape : les conclusions des autopsies et le maintien ou non de la vigilance rouge canicule, qui devrait être réévaluée par Météo-France dans les prochains jours.