Angoulême : une fuite industrielle détruit la faune du ruisseau des Eaux-Claires
Une rupture de canalisation sur le site Rousselot a provoqué une mortalité piscicole totale sur trois kilomètres à Saint-Michel
Le ruisseau des Eaux-Claires, à Saint-Michel près d'Angoulême, a subi une pollution organique massive début juillet. La rupture d'une canalisation d'eaux usées de l'entreprise Rousselot a décimé la faune piscicole sur trois kilomètres. La Fédération de pêche de la Charente annonce une plainte.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une rupture de canalisation d'eaux usées de l'entreprise Rousselot à Saint-Michel a provoqué une pollution organique massive du ruisseau des Eaux-Claires autour du 10 juillet
- La totalité des poissons a été décimée par asphyxie sur trois kilomètres, incluant truites, vairons, chevesnes et anguilles en danger d'extinction
- La Fédération de pêche de la Charente a annoncé le dépôt d'une plainte pour préjudice écologique
- Le même ruisseau avait déjà subi une pollution similaire le 20 avril 2026
- Les cours d'eau charentais sont fragilisés par la canicule, les faibles débits et la présence de cyanobactéries
Une pollution organique a décimé la totalité des poissons du ruisseau des Eaux-Claires sur près de trois kilomètres, à Saint-Michel, près d’Angoulême. L’incident, constaté autour du 10 juillet, provient d’une rupture de canalisation d’eaux usées sur le site de l’entreprise Rousselot, spécialisée dans la fabrication de gélatines et de collagènes.
Une mortalité totale par asphyxie
Valentin Hortolan, directeur de la Fédération de pêche de la Charente, a constaté que plus aucun poisson n’a survécu sur les trois kilomètres affectés. Selon Le Figaro Nautisme, les espèces décimées incluent des truites, des vairons, des chevesnes et des anguilles, ces dernières classées en danger d’extinction.
Le lit du ruisseau s’est retrouvé colmaté par de la matière organique, privant les poissons d’oxygène. La mort par asphyxie a été quasi instantanée.
Rousselot en cause, plainte annoncée
La pollution provient d’une rupture de canalisation d’eaux usées sur le site industriel de Rousselot, implanté à Saint-Michel. L’entreprise, spécialisée dans les produits à base de collagène, n’a pas communiqué sur les circonstances exactes de la défaillance.
La Fédération de pêche de la Charente a annoncé son intention de porter plainte pour préjudice écologique. Valentin Hortolan a confirmé cette démarche auprès de Charente Libre.
Un écosystème déjà fragilisé
Le ruisseau des Eaux-Claires avait déjà subi un incident similaire le 20 avril dernier, selon Charente Libre. Cette récurrence interroge sur la fragilité des installations industrielles riveraines.
Les cours d’eau charentais sont par ailleurs affaiblis par la canicule et les faibles niveaux d’eau. Selon Le Chasseur Français, les fortes chaleurs multiplient les mortalités piscicoles en France. La présence importante de cyanobactéries, favorisée par les faibles débits, augmente encore la vulnérabilité des milieux aquatiques, comme le souligne la ville d’Angoulême dans ses communications environnementales.
Contexte dans la Charente
Le département de la Charente compte plusieurs cours d’eau sensibles, dont la Charente elle-même et ses affluents. Saint-Michel, commune de l’agglomération d’Angoulême, héberge plusieurs sites industriels dont l’activité nécessite une vigilance accrue en matière de rejets.
La Fédération de pêche de la Charente intervient régulièrement pour surveiller la qualité des milieux aquatiques. Cet épisode s’inscrit dans une série d’alertes estivales liées à la sécheresse et aux pollutions accidentelles.
Prochaines étapes
La plainte de la Fédération de pêche devrait être déposée dans les prochains jours. Les autorités environnementales n’ont pas encore communiqué sur d’éventuelles mesures de dépollution ou de restauration du milieu aquatique. Le délai de reconstitution de la faune piscicole sur ce tronçon reste à évaluer.
