Anicet Girardin, maître-chien de Suippes, mort pour la France au Liban
Le caporal-chef de 31 ans, basé au 132e régiment de Suippes, est décédé le 22 avril des suites de ses blessures après une embuscade du Hezbollah.
Anicet Girardin, caporal-chef et maître-chien au 132e régiment d'infanterie cynotechnique de Suippes, est mort le 22 avril 2026 au Liban. Blessé grièvement le 18 avril lors d'une embuscade attribuée au Hezbollah à Deir-Kifa, il portait secours à son chef d'élément tombé sous les tirs. Il avait 31 ans et était père d'un enfant.
Emmanuel Macron l’a annoncé depuis l’Élysée dans la matinée du 22 avril : « Le caporal-chef Anicet Girardin est mort ce matin des suites de ses blessures. Il est mort pour la France. » Le soldat, originaire des Ardennes, avait été rapatrié en France le 21 avril après quatre jours de combat pour sa survie. Il est décédé le lendemain matin, selon Le Figaro.
Dix ans de service, une spécialité rare
Anicet Girardin avait rejoint le 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, dans la Marne, il y a près de dix ans, selon TF1 Info. Maître-chien, il avait été déployé au Liban le 23 janvier 2026 dans le cadre de l’opération Daman de la FINUL, en qualité de chef d’équipe cynotechnique. Une mission de maintien de la paix dans le sud du pays, dans un contexte de tensions persistantes.
Le 18 avril, son unité est prise en embuscade à Deir-Kifa, dans le sud du Liban. Lors de l’accrochage attribué à des combattants du Hezbollah, l’adjudant Florian Montorio, son chef d’élément, est tué sur place. Anicet Girardin est grièvement blessé alors qu’il lui portait secours, selon France Info. La ministre des Armées Catherine Vautrin a salué ce geste : il avait tenté de sauver son supérieur sous les tirs.
Un deuil dans la Marne et les Ardennes
Père d’un enfant, Anicet Girardin laisse derrière lui une famille et une unité en deuil. Jean-Marc Roze, président du département de la Marne, a réagi dès l’annonce, soulignant le travail du soldat dans la protection des civils libanais.
À Reims, le maire Arnaud Robinet a annoncé un hommage solennel les 7 et 8 mai 2026 pour Anicet Girardin et ses compagnons d’armes. La Nation lui rendra également hommage lors de la cérémonie du 23 avril à Montauban, prévue initialement pour l’adjudant Montorio, selon l’Élysée.
Un contexte de plus en plus dangereux au sud-Liban
La mort d’Anicet Girardin porte à deux le bilan français de l’embuscade du 18 avril. Elle survient dans un sud-Liban où la situation se dégrade. Trois casques bleus indonésiens avaient déjà été tués les 29 et 30 mars 2026, dans des incidents attribués à l’armée israélienne ou au Hezbollah, selon Le Monde. Les forces spécialisées françaises interviennent dans des environnements de plus en plus instables.
Depuis 1978, la France a perdu 123 soldats au Liban dans le cadre de la FINUL, dont 58 lors de l’attentat du Drakkar en 1983, rappelle Le Monde. Anicet Girardin entre dans cette longue liste de militaires morts loin de chez eux pour une mission de paix.
Le chef d’état-major de l’armée de Terre a exprimé sa tristesse sur X. Comme d’autres drames humains survenus dans des départements voisins, ce décès rappelle la réalité des engagements sur le terrain, loin des états-majors. À Suippes, le 132e RIC perd l’un des siens.
Sources
- Le Figaro : Emmanuel Macron annonce la mort du caporal-chef Anicet Girardin
- TF1 Info : Qui était Anicet Girardin, le deuxième soldat français de la Finul mort au Liban ?
- Le Monde : Ce que l'on sait de la mort du deuxième militaire français, Anicet Girardin
- L'Union : Le deuxième militaire mort au Liban était basé dans la Marne