Appietto : une campagne vaccinale face à la menace du moustique tigre
En Corse-du-Sud, la commune d'Appietto s'inscrit dans un dispositif de vaccination contre les maladies vectorielles, alors que 2025 a été une année record.
Le moustique tigre est implanté en Corse depuis 2007. L'été 2025 a marqué un tournant avec les premiers cas autochtones de chikungunya sur l'île. Une campagne vaccinale cible désormais les personnes les plus exposées.
À Appietto, commune de Corse-du-Sud, une campagne de vaccination contre le chikungunya est en cours. Elle cible les groupes à risque dans les zones où le moustique tigre (Aedes albopictus) est implanté. Le vaccin utilisé, Ixchiq, a été autorisé en France en juin 2024. La vaccination est gratuite pour les personnes concernées, selon les recommandations relayées par Le Monde.
Une île largement colonisée
Le moustique tigre s’est établi en Corse-du-Sud dès 2007. Selon l’ARS Corse, il couvre aujourd’hui plus de 98 % des communes de l’île. En Corse, plus de 40 espèces de moustiques sont recensées, dont 5 à 6 potentiellement vectrices de maladies - chikungunya, dengue, Zika - rappelle la préfecture de Corse-du-Sud.
L’île n’a pas été épargnée en 2025. Dès le 19 juin, deux cas autochtones de chikungunya ont été détectés à Grosseto-Prugna, commune voisine d’Appietto. Le foyer a finalement atteint 14 cas confirmés d’ici août, selon La Provence. C’était la première fois que le virus circulait localement sur l’île cette année-là.
2025, une saison sans précédent
À l’échelle nationale, le bilan 2025 est inédit. Près de 700 cas autochtones de chikungunya ont été recensés dans l’Hexagone, contre seulement 32 cas cumulés sur toute la période 2010-2024, selon Le Monde. Santé Publique France recense 27 foyers déclarés en 2025, contre 4 foyers sur les quatorze années précédentes.
Le moustique tigre est désormais présent dans 81 départements français, soit 84 % du territoire métropolitain, favorisé par le réchauffement climatique qui allonge sa période d’activité, selon l’ANRS. En Corse, l’alerte est fixée dès avril pour le retour de l’insecte.
L’ARS Corse surveille la situation depuis 2010. En parallèle de la vaccination, les autorités recommandent d’éliminer les eaux stagnantes - soucoupes, gouttières, bidons - qui constituent les principaux sites de ponte. Des opérations de démoustication sont également conduites sur le terrain.
La Corse avait aussi enregistré ses deux premiers cas autochtones de dengue en 2022, transmis par le même moustique, selon l’ARS. La campagne vaccinale 2026 s’inscrit dans ce contexte de vigilance renforcée à l’approche de la saison chaude.
Sources
- ARS Corse : Les moustiques, espèces nuisibles
- La Provence : Corse : deux cas autochtones de chikungunya détectés, des mesures sanitaires mises en place
- Le Monde : Pour anticiper la prochaine épidémie de chikungunya, l'accès aux vaccins doit être organisé précocement
- Santé Publique France : Bilan chikungunya 2025 — foyers autochtones