Arabie saoudite : un centre de tennis géant de 30 courts dévoilé à Qiddiya
Le complexe, conçu par Populous, comptera un court central de 15 000 places à toit rétractable et vise un Masters 1000 dès 2028.
L'Arabie saoudite a présenté le National Tennis Centre, un vaste complexe de 30 courts situé dans la nouvelle ville de Qiddiya, à 45 km de Riyad. Le projet, porté par le fonds souverain PIF, ambitionne d'accueillir un tournoi ATP Masters 1000 à partir de 2028.
L’essentiel
- 30 courts : 28 en dur et 2 en terre battue, dont un central de 15 000 places avec toit rétractable.
- Un Masters 1000 ATP confirmé : l’Arabie saoudite accueillera un tournoi de cette catégorie dès 2028, selon l’ATP.
- Architecte : le cabinet américain Populous, déjà à l’origine de l’Emirates Stadium et du Tottenham Hotspur Stadium, conçoit le complexe.
- Coût non dévoilé : le montant global du projet n’a pas été communiqué par la Qiddiya Investment Company.
- Vision 2030 : Qiddiya est un méga-projet de 376 km², trois fois la taille de Disneyland, intégré à la stratégie de diversification saoudienne.
L’Arabie saoudite franchit une nouvelle étape dans sa conquête du tennis mondial. La Qiddiya Investment Company, filiale du Fonds d’investissement public (PIF), a dévoilé les plans du National Tennis Centre, un complexe hors normes implanté dans la ville nouvelle de Qiddiya, à environ 45 km à l’ouest de Riyad. Le projet, conçu par le cabinet d’architecture américain Populous, prévoit 30 courts - 28 en dur et deux en terre battue - ainsi qu’un court central de 15 000 places doté d’un toit rétractable, comme l’a rapporté le média spécialisé Construction Briefing.
Un complexe aux dimensions calquées sur les plus grands tournois
Le centre ne se limite pas au court principal. Selon l’agence de presse saoudienne SPA, il comprend également un court de 5 000 places, un de 2 000 places et un court polyvalent, sans oublier des installations d’entraînement, un académie et des espaces de loisirs. Le site accueillera aussi un parcours de golf 18 trous signé par le légendaire joueur britannique Sir Nick Faldo, précise Construction Briefing - un élément supplémentaire pour faire de Qiddiya une destination intégrée de sport et de divertissement.
L’annonce s’inscrit dans un calendrier sportif précis. Comme l’a confirmé l’ATP en octobre 2025, l’Arabie saoudite organisera un Masters 1000 à partir de 2028, rejoignant ainsi les tournois les plus prestigieux du circuit masculin. Ce nouveau Masters 1000, le premier dans la région du Golfe, devrait se dérouler sur ces courts flambant neufs, selon les informations recueillies par France 24. La réaction du monde du tennis est partagée : certains saluent l’ambition, d’autres s’interrogent sur le rôle des investissements saoudiens dans le sport, comme en témoigne l’attention médiatique autour de ce projet qualifié de « Wimbledon du désert » par Ouest-France.
Contexte en Arabie Saoudite : Qiddiya, vitrine de la Vision 2030
Le National Tennis Centre n’est qu’une pièce d’un puzzle bien plus vaste. Qiddiya, dont le projet a été lancé en 2018, est l’un des méga-chantiers phares de la Saudi Vision 2030, plan de diversification économique destiné à réduire la dépendance au pétrole. Supervisée par la Qiddiya Investment Company, détenue à 100 % par le PIF, la ville s’étend sur 376 km², soit l’équivalent de trois fois la superficie du complexe Disneyland, selon l’encyclopédie en ligne Saudipedia. Le site doit mêler parcs d’attractions, zones culturelles, résidences et infrastructures sportives. Le tennis fait donc partie d’une stratégie globale visant à attirer événements et touristes internationaux.
L’ambition saoudienne dans le tennis n’est pas isolée. Le pays a déjà accueilli des exhibitions avec des stars comme Novak Djokovic et Rafael Nadal, et le PIF est devenu sponsor du circuit ATP. Ce nouveau centre s’inscrit dans une logique de montée en gamme, avec pour objectif de rivaliser avec les tournois du Grand Chelem en matière de standing et de capacité d’accueil. La construction est d’ores et déjà en cours, avec une phase 1 dont l’achèvement est prévu d’ici 2028, en cohérence avec l’arrivée du Masters 1000, selon Construction Briefing.
Des chiffres qui parlent, un budget discret
Si la démesure du projet est frappante - 30 courts, 15 000 places, 376 km² de ville nouvelle - , le montant total de l’investissement n’a pas été officiellement révélé. La Qiddiya Investment Company n’a pas communiqué de chiffre, ni pour le centre de tennis ni pour le développement global de la zone. Cette discrétion contraste avec la transparence habituelle des grands projets sportifs occidentaux. Les observateurs s’interrogent toutefois sur le modèle économique : Qiddiya devra attirer un flux touristique massif pour rentabiliser des infrastructures aussi imposantes. Le parcours de golf Nick Faldo pourrait séduire une clientèle aisée, tandis que le Masters 1000 garantira une visibilité médiatique mondiale.
Le cabinet Populous, qui a notamment conçu l’Emirates Stadium d’Arsenal et le Tottenham Hotspur Stadium, apporte son savoir‑faire en matière de stades multifonctionnels. Le toit rétractable du court central permettra d’organiser des matchs en nocturne et de s’adapter aux conditions climatiques extrêmes de la région. Un détail technique qui fait écho aux solutions déployées dans les stades du Qatar pour la Coupe du monde 2022.
Calendrier et prochaine étape
Alors que les travaux se poursuivent, l’échéance de 2028 marque un cap décisif. D’ici là, la phase 1 du centre devra être livrée pour accueillir le premier Masters 1000 saoudien. L’ATP n’a pas encore précisé le mois exact du tournoi, mais la fenêtre automnale semble privilégiée pour éviter les fortes chaleurs. La prochaine étape consistera à officialiser le calendrier et à dévoiler les premières images de l’avancement du chantier. En parallèle, les instances du tennis mondial suivent de près ce projet, qui pourrait redessiner la carte des grands rendez-vous du circuit.
Dans le paysage sportif actuel, l’expansion saoudienne interroge, mais elle est désormais une réalité avec laquelle les fédérations et les joueurs doivent composer. Le tableau de Wimbledon 2026 vient d’ailleurs de s’enrichir d’un nom italien, pendant que l’Arabie prépare son propre théâtre tennistique. Et pendant que Kylian Mbappé écrit l’histoire des Bleus avec 58 buts, le royaume mise sur le tennis pour briller sur la scène mondiale.
Sources
- Construction Briefing : L'Arabie saoudite dévoile son projet de centre de tennis de 30 courts
- Agence de presse saoudienne (SPA) : Qiddiya propulse l'Arabie Saoudite sur la scène mondiale avec le Centre national de tennis
- Ouest-France : Tennis. Un Wimbledon dans le désert ? Le projet pharaonique de l'Arabie saoudite qui plaît à l'ATP
- Qiddiya.com : Qiddiya Investment Company announces the National Tennis Centre
