Ardèche : le préfet Trévisani annonce la tolérance zéro dès ce 1er juin pour téléphone au volant
Interviewé ce matin sur France Info, le préfet de l'Ardèche confirme l'entrée en vigueur immédiate de la suspension administrative du permis, pouvant aller jusqu'à six mois.
Le préfet de l'Ardèche Benoît Trévisani était ce lundi matin sur France Info. Il a confirmé l'application dès ce 1er juin de la suspension du permis de conduire pour usage du téléphone tenu en main au volant. L'Ardèche devient le 5e département français à franchir ce cap.
L’essentiel
- Entrée en vigueur : suspension administrative du permis (jusqu’à 6 mois) applicable dès ce 1er juin 2026 en Ardèche pour usage du téléphone tenu en main ou port d’un dispositif sonore à l’oreille.
- Mortalité routière : 19 morts sur les routes ardéchoises depuis le début 2026, soit l’équivalent du bilan annuel complet de 2025.
- Phase préalable : mesure annoncée le 6 mai 2026, précédée d’une campagne pédagogique avec distribution de plus de 500 flyers tout au long du mois de mai.
- Sanctions cumulées : la suspension du permis s’ajoute à l’amende de 135 € et au retrait de 6 points déjà en vigueur.
- Rang national : l’Ardèche est le 5e département à appliquer cette mesure préfectorale, après les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime.
L’interview du préfet ce matin sur France Info
Benoît Trévisani, préfet de l’Ardèche, a accordé une interview à France Info ce lundi 1er juin 2026. Il a confirmé que la suspension administrative du permis de conduire entre en vigueur ce jour même dans le département. La mesure vise les conducteurs surpris à tenir leur téléphone en main ou à porter un dispositif émettant du son à l’oreille - oreillette ou écouteur - pendant la conduite.
Le préfet a justifié la décision par la mortalité routière : 19 morts enregistrés en Ardèche depuis janvier 2026, un chiffre qui égale déjà le bilan de toute l’année 2025. L’objectif affiché est de réduire de moitié le nombre de tués sur les routes ardéchoises d’ici 2030, selon la préfecture.
Ce que change concrètement la mesure
Jusqu’ici, l’usage du téléphone tenu en main au volant exposait le conducteur à une amende de 135 € et un retrait de 6 points sur le permis. Désormais, le préfet peut prononcer une suspension administrative du permis pouvant aller jusqu’à six mois. Cette procédure est distincte des poursuites judiciaires : elle est décidée par le représentant de l’État, sans passer par un tribunal.
La Gendarmerie de l’Ardèche a relayé la tolérance zéro sur ses canaux officiels, précisant que la mesure couvre également les dispositifs à l’oreille. La caserne de Privas, qui accueillait fin mai la cérémonie de diplômes des cadets de la gendarmerie, est l’un des points d’appui de ce plan de sécurité routière départemental.
Un mois de pédagogie avant le passage à l’acte
La décision n’est pas tombée sans préavis. Annoncée le 6 mai 2026 par la préfecture, elle a été précédée d’une phase d’information de quatre semaines. Plus de 500 flyers ont été distribués dans le département pour prévenir les conducteurs, selon les chiffres de la préfecture de l’Ardèche. Ce délai visait explicitement à ne pas prendre les usagers au dépourvu.
À partir de ce 1er juin, la logique change : tout conducteur verbalisé pour téléphone au volant s’expose à la suspension immédiate, sans phase de grâce supplémentaire.
Contexte dans l’Ardèche
L’Ardèche est un département rural de 330 000 habitants environ, traversé par un réseau routier dense de routes secondaires et départementales à faible séparation des flux. La mortalité routière y est structurellement élevée rapportée à la population. Le bilan de 19 morts en cinq mois sur les routes du département place 2026 sur une trajectoire nettement supérieure aux années précédentes, selon la préfecture.
L’Ardèche devient le 5e département français à recourir à la suspension administrative préfectorale pour ce motif, après les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et la Charente-Maritime. Le Vaucluse est également cité dans plusieurs sources comme département ayant emprunté cette voie. Cette généralisation progressive intervient sans cadre législatif national unifié : chaque préfet actionne la mesure par arrêté, dans le cadre de ses pouvoirs de police administrative. La sécurité routière reste un enjeu prégnant sur les axes régionaux, comme l’illustre la récente mortalité enregistrée sur l’A89 en Auvergne-Rhône-Alpes.
Prochaine étape
Les premières suspensions prononcées en Ardèche permettront de mesurer l’effet concret de la mesure sur le terrain. La préfecture n’a pas encore communiqué de calendrier pour un premier bilan chiffré.
Sources
- Préfecture de l'Ardèche (@Prefet07) : Tweet officiel du préfet de l'Ardèche – suspension du permis France Info
- France Info : Trop de morts sur les routes : le préfet de l'Ardèche justifie la suspension du permis pour téléphone au volant
- Préfecture de l'Ardèche : Sécurité routière en Ardèche : le préfet renforce les mesures
- Gendarmerie de l'Ardèche (Facebook) : Tolérance zéro au volant en Ardèche à partir du 1er juin