Ardennes : le délibéré de l’accident ferroviaire de Rumigny fixé au 7 septembre

Cinq ans après la collision de juin 2021 et cinq reports de procès, le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières rendra son jugement à l'automne.

Ardennes : le délibéré de l'accident ferroviaire de Rumigny fixé au 7 septembre
Illustration Marion Lambert / info.fr

L'audience s'est tenue le 28 mai 2026 au tribunal judiciaire de Charleville-Mézières. Le jugement dans l'affaire de l'accident ferroviaire de Rumigny est attendu pour le 7 septembre 2026, soit plus de cinq ans après les faits.

L’essentiel

  • Accident : collision le 16 juin 2021 à 3h au passage à niveau n°17 (RD27) à Rumigny, entre un train de fret transportant de l’acide phosphorique et un convoi exceptionnel bloqué sur les voies.
  • Cinq reports : procès initialement prévu le 12 décembre 2022, renvoyé quatre fois avant l’audience du 28 mai 2026.
  • Délibéré : jugement fixé au 7 septembre 2026 par le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières.
  • Réquisitions : 6 mois de prison avec sursis pour chauffeurs et dirigeants des sociétés Sleepy et Polymère ; 18 750 € d’amende par société.
  • Huit prévenus : cinq personnes physiques et les dirigeants des deux sociétés de transport jugés lors de l’audience.

Une collision dans la nuit, un train déraillé

Le 16 juin 2021, vers 3 heures du matin, un train de marchandises opéré par Europorte percute un convoi exceptionnel immobilisé sur les voies au passage à niveau n°17 de la RD27, à Rumigny. Le poids lourd transportait un yacht sur semi-remorque surbaissée. Le train circulait à 92 km/h. La motrice et huit des douze wagons-citernes déraillent. Plusieurs citernes sont éventrées, provoquant une fuite d’acide phosphorique. Le conducteur du train et un agent SNCF Réseau sont blessés. La semi-remorque et le yacht sont détruits par l’incendie. La circulation ferroviaire est interrompue pendant plusieurs semaines.

Le convoi appartenait à une société de transport allemande. Selon Radio 8 Ardennes, les deux chauffeurs avaient des informations contradictoires sur la destination du yacht - Port-Saint-Louis ou Antibes. Un convoi similaire avait franchi le même passage à niveau sans incident en mars 2021, avec un bateau de dimensions inférieures.

Ce que dit le rapport BEA-TT

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Le Bureau d’Enquêtes sur les Accidents de Transport Terrestre (BEA-TT) a rendu son rapport en août 2023. La cause directe retenue est l’immobilisation du poids lourd sur les voies. Aucune cause volontaire n’est établie.

Le rapport pointe une organisation déficiente du convoi exceptionnel : absence de chef de convoi désigné, non-respect des prescriptions de la SNCF et de la DDT des Ardennes (franchissement de nuit interdit sans accompagnement, absence de consignation de la caténaire, non-prévenance de la SNCF pour l’arrêt des circulations). Le profil en long du passage à niveau, rendu plus difficile par des travaux antérieurs, est également mentionné. Le BEA-TT a formulé cinq recommandations et quatre invitations, dont la désignation obligatoire d’un chef de convoi et une meilleure transmission des données de profil en long aux abords des passages à niveau.

Cinq reports en quatre ans

Le dossier judiciaire s’est étiré sur plus de quatre ans avant qu’une audience soit tenue. Selon France 3 Grand Est et Radio 8 Ardennes, le procès était initialement fixé au 12 décembre 2022. Il a été renvoyé successivement au 15 mai 2023, au 18 mars 2024, au 9 décembre 2024, puis au 15 septembre 2025, avant que l’audience ne se tienne finalement le 28 mai 2026 au tribunal judiciaire de Charleville-Mézières.

Huit personnes ont comparu : cinq personnes physiques et les dirigeants des deux sociétés impliquées dans l’organisation du convoi, Sleepy et Polymère. Le parquet a requis six mois de prison avec sursis pour les chauffeurs et dirigeants, ainsi que 18 750 € d’amende pour chacune des deux sociétés.

Le délibéré au 7 septembre 2026

À l’issue des débats du 28 mai, le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières a mis l’affaire en délibéré. Le jugement sera rendu le 7 septembre 2026, soit plus de cinq ans après l’accident.

Contexte dans les Ardennes

Rumigny est une commune rurale du département des Ardennes comptant environ 284 habitants selon les données INSEE. L’affaire a mobilisé les médias locaux pendant cinq ans - Radio 8 Ardennes, France 3 Grand Est et L’Ardennais ont suivi chaque étape de la procédure. Dans le département, les services de l’État restent actifs sur plusieurs fronts de sécurité publique. Les passages à niveau constituent un point de vigilance récurrent dans les zones rurales traversées par des lignes de fret : le réseau ardennais comporte plusieurs axes de transport de matières dangereuses, notamment en direction de la Belgique et de l’Allemagne. L’accident de Rumigny a conduit le BEA-TT à formuler des recommandations nationales sur la réglementation des convois exceptionnels, dont l’application reste à confirmer.

Dans le Grand Est, d’autres départements frontaliers sont concernés par la circulation de convois lourds sur des infrastructures vieillissantes. La Meurthe-et-Moselle se distingue par ailleurs sur d’autres politiques de transport, mais la question des passages à niveau reste commune à l’ensemble de la région.

Prochaine étape

Le tribunal correctionnel de Charleville-Mézières rendra son jugement le 7 septembre 2026. Ce sera la première décision judiciaire dans cette affaire, cinq ans et deux mois après la nuit de la collision à Rumigny.

Sources

Marion Lambert

Marion Lambert

Marion est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Ardennes (08), avec Charleville-Mézières pour chef-lieu. Spécialité du département : Festival mondial des théâtres de marionnettes et Forge de Vrigne. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Grand Est.

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