Ariège : la chute des naissances vide les clubs sportifs, de Foix à Rieux-de-Pelleport
L'AS Rieux-de-Pelleport est passée de 140 à 39 enfants licenciés. Les clubs fusionnent ou disparaissent.
Les clubs sportifs ariégeois subissent de plein fouet la baisse démographique. Moins d'enfants dans les écoles, moins de licenciés sur les terrains. Fusions et disparitions se multiplient, selon La Dépêche du 11 mai 2026.
Les clubs sportifs ariégeois subissent de plein fouet la baisse démographique. Moins d’enfants dans les écoles, moins de licenciés sur les terrains. Fusions et disparitions se multiplient, selon La Dépêche du 11 mai 2026.
L’essentiel
- 140 → 39 : l’AS Rieux-de-Pelleport est passée de 140 à 39 enfants de 6 à 13 ans cette saison, selon La Dépêche.
- -15% : l’école de rugby de l’US Fuxéenne (Foix) a perdu 15% de ses effectifs par rapport à la saison précédente.
- Fusions inédites : des clubs comme Saint-Jean-du-Falga et Varilhes s’associent à Rieux-de-Pelleport pour aligner des équipes - une démarche jugée inutile il y a dix ans.
- 395 élèves en moins sont attendus à la rentrée 2026 en Ariège, selon la Gazette Ariégeoise.
- 645 000 naissances en France en 2025, soit -24% par rapport à 2010, selon le ministère de l’Éducation cité par La Dépêche.
De 140 à 39 enfants : le symbole Rieux-de-Pelleport
Le chiffre résume la situation mieux que tout discours. À l’AS Rieux-de-Pelleport, club de football du Pays de Pamiers, les catégories 6-13 ans comptaient 140 jeunes il y a quelques années. Cette saison, ils ne sont plus que 39, selon La Dépêche.
La conséquence est mécanique : impossible d’aligner des équipes complètes dans les catégories d’âge. Le club a dû se tourner vers ses voisins. Saint-Jean-du-Falga et Varilhes participent désormais à des équipes communes avec Rieux-de-Pelleport. Une pratique qui n’avait aucune raison d’exister voilà dix ans, quand les effectifs suffisaient.
Le rugby de Foix aussi touché
À Foix, l’US Fuxéenne n’échappe pas au phénomène. Son école de rugby a enregistré une baisse de 15% de ses effectifs par rapport à la saison précédente, selon La Dépêche. Le club pointe la combinaison du déclin démographique et des effets post-Covid, qui avaient déjà fragilisé les habitudes d’inscription dans les clubs.
Le rugby ariégeois n’est pas un cas isolé. D’autres disciplines sont concernées, même si les données précises par sport ne sont pas encore disponibles à ce stade.
Contexte en Ariège
Au 1er janvier 2026, l’Ariège compte 155 722 habitants, avec une croissance annuelle de 0,3% entre 2017 et 2023, selon l’INSEE et la Gazette Ariégeoise. Mais cette progression masque un solde naturel négatif : les décès sont plus nombreux que les naissances.
En 2025, le département a enregistré 1 069 naissances, contre 1 024 en 2024, soit un taux de natalité de 7,0‰. Une légère hausse, mais un niveau historiquement bas. Dans les écoles, la tendance est sans équivoque : 138 élèves de moins entre les rentrées 2024 et 2025, et 115 suppressions supplémentaires prévues pour la rentrée 2026, selon la Gazette Ariégeoise. Au total, 395 élèves en moins sont attendus dès septembre.
Ces chiffres scolaires annoncent directement le vivier de demain pour les clubs sportifs. Certains collèges ariégeois passent déjà sous des seuils critiques, selon La Dépêche de mars 2026.
Foix elle-même fait figure d’exception relative : la préfecture atteint 10 256 habitants en 2026, en hausse de 5% depuis 2021, selon Azinat. Mais cette dynamique locale ne compense pas le déclin du bassin de vie environnant, où les clubs recrutent traditionnellement leurs jeunes.
Une tendance nationale, un impact local amplifié
Le phénomène dépasse largement l’Ariège. En France, 645 000 naissances ont été recensées en 2025, soit une chute de 24% par rapport à 2010, selon le ministère de l’Éducation cité par La Dépêche. Ces cohortes réduites arrivent progressivement dans les catégories juniors des clubs sportifs.
Dans les territoires ruraux et semi-ruraux comme l’Ariège, l’effet est amplifié. Les clubs disposent d’un bassin de recrutement limité, sans la densité urbaine qui permet d’amortir les variations démographiques.
Kamel Chibli, vice-président de la Région Occitanie chargé du sport, alerte sur ce défi selon La Dépêche : capter les jeunes disponibles reste la priorité, mais les marges se réduisent d’année en année. Les modalités concrètes d’intervention régionale n’ont pas été détaillées à ce stade.
Fusions comme solution de survie
Face à la contraction des effectifs, la fusion entre clubs voisins s’impose comme réponse pragmatique. L’exemple de Rieux-de-Pelleport avec Saint-Jean-du-Falga et Varilhes illustre une tendance qui pourrait s’accélérer dans les prochaines saisons.
Cette organisation en ententes permet de maintenir la compétition et de conserver une pratique sportive dans les communes. Mais elle suppose une coordination entre structures, des déplacements plus longs pour les familles, et une identité de club diluée - des contraintes qui peuvent freiner les nouvelles inscriptions. Les clubs qui ne parviennent pas à trouver de partenaire risquent quant à eux la dissolution pure et simple.
Les données scolaires de la rentrée 2026, attendues en septembre, fourniront un premier indicateur sur l’ampleur réelle de la vague pour la saison sportive 2026-2027. Pour les clubs en tension sur leurs effectifs compétitifs, la marge de manœuvre se rétrécit chaque année un peu plus.
Sources
- La Dépêche du Midi : Avant, on avait 140 enfants de 6 à 13 ans alors qu'on en a 39 cette année : disparitions, fusions… Quel avenir pour les clubs de sport ariégeois ?
- Gazette Ariégeoise : 3000 élèves en moins en 15 ans en Ariège, l'école va devoir s'adapter
- La Dépêche du Midi : Certains collèges passent sous des seuils critiques : la baisse démographique menace-t-elle l'avenir des établissements scolaires en Ariège ?
- Azinat : Foix poursuit sa dynamique démographique positive