Ariège : le préfet d’Occitanie rencontre les éleveurs après l’autorisation des tirs d’effarouchement
Fabrice Rigoulet-Roze s'est rendu à Foix le 17 juillet pour échanger avec le groupement pastoral d'Arreau sur le nouveau dispositif d'effarouchement sonore des ours, opérationnel depuis le 13 juillet
Le préfet de la région Occitanie Fabrice Rigoulet-Roze s'est déplacé en Ariège le vendredi 17 juillet au soir pour rencontrer les éleveurs du groupement pastoral d'Arreau. Cette visite intervient cinq jours après l'entrée en vigueur d'un arrêté ministériel autorisant les éleveurs à pratiquer eux-mêmes l'effarouchement renforcé des ours par tirs sonores.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le préfet d'Occitanie Fabrice Rigoulet-Roze s'est rendu à Foix le 17 juillet 2026 pour rencontrer les éleveurs du groupement pastoral d'Arreau
- Un arrêté ministériel entré en vigueur le 13 juillet autorise les éleveurs formés à pratiquer l'effarouchement renforcé des ours par tirs sonores
- Le groupement pastoral d'Arreau a perdu 122 brebis en 2025 lors d'attaques d'ours sur l'estive
- L'Ariège concentre 73,3 % des 289 attaques d'ours recensées dans les Pyrénées en 2025
- L'association One Voice a déposé un recours devant le Conseil d'État le 15 juillet pour contester la légalité de l'arrêté
Le préfet de la région Occitanie Fabrice Rigoulet-Roze, accompagné du préfet de l’Ariège Hervé Brabant et de la sous-préfète de Saint-Girons Sophie Pauzat, s’est rendu à Foix le vendredi 17 juillet au soir. L’objectif : échanger avec Eric Fournié, président du groupement pastoral d’Arreau, et les éleveurs locaux sur la mise en œuvre du nouvel arrêté ministériel concernant l’effarouchement des ours.
Un arrêté opérationnel depuis le 13 juillet
Signé le 13 juillet et publié au Journal officiel le 14 juillet, l’arrêté ministériel est entré en vigueur le 14 juillet 2026. Selon Savoir Animal, il autorise désormais les présidents de groupements pastoraux, éleveurs et bergers formés à réaliser des tirs d’effarouchement renforcés à effet sonore contre les ours. Le dispositif permet l’utilisation de cartouches à double détonation avec un fusil de calibre 12 et de dispositifs lacrymogènes. Les opérateurs doivent détenir un permis de chasser valide.
Jusqu’à présent, seuls les agents de l’Office français de la biodiversité (OFB) étaient habilités à mener ces opérations d’effarouchement renforcé. La délégation de cette compétence aux éleveurs constitue une rupture dans la gestion de la cohabitation avec l’ours.
122 brebis perdues en 2025 sur l’estive d’Arreau
Le groupement pastoral d’Arreau avait demandé cette mesure expérimentale après une année 2025 marquée par la perte de 122 brebis attaquées sur l’estive par une dizaine d’ours, selon la DREAL Occitanie. L’Ariège concentre à elle seule 73,3 % des 289 attaques d’ours recensées dans l’ensemble du massif pyrénéen en 2025, d’après Vie publique.
La FDSEA de l’Ariège a salué cette décision, la considérant comme un outil supplémentaire essentiel pour la protection des troupeaux face à la présence de l’ours, rapporte Le Journal Toulousain.
Contexte dans l’Ariège
L’Ariège est le département français le plus exposé à la prédation ursine. Depuis la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées dans les années 1990, le département concentre l’essentiel des interactions conflictuelles entre élevage et faune protégée. Les estives ariégeoises, qui s’étendent sur plusieurs milliers d’hectares en montagne, accueillent chaque été des milliers de brebis. La cohabitation avec une population d’ours estimée à une quarantaine d’individus dans le massif pyrénéen génère des tensions récurrentes entre éleveurs et associations de protection de la nature.
Cette visite préfectorale s’inscrit dans une série de déplacements de l’État en Occitanie pour accompagner la mise en œuvre de nouvelles mesures pastorales. Le préfet de la Creuse a récemment levé les restrictions canicule sur les feux d’artifice, tandis qu’à Toulouse, la préfecture a renforcé les restrictions d’eau depuis le 18 juillet en raison de la sécheresse.
Recours juridique et contestations
L’association One Voice a déposé un recours devant le Conseil d’État le 15 juillet 2026 pour contester la légalité de cet arrêté. Elle dénonce le harcèlement d’une espèce protégée et une atteinte aux engagements internationaux de la France. L’association Pays de l’Ours - Adet a également contesté le texte, le qualifiant d’illégal et dangereux.
La consultation publique préalable à l’arrêté avait mobilisé 2 626 participants. Selon Pays de l’Ours - Adet, 75,5 % d’entre eux s’étaient déclarés opposés à ce que les éleveurs pratiquent l’effarouchement eux-mêmes.
Prochaines étapes
Le Conseil d’État devra se prononcer sur le recours déposé par One Voice dans les prochains mois. En attendant, le dispositif reste opérationnel sur le terrain. Les échanges entre la préfecture et les groupements pastoraux se poursuivront pour évaluer l’efficacité du protocole et adapter les modalités d’intervention si nécessaire.
Sources
- Préfecture d'Occitanie : Visite du préfet de la région Occitanie en Ariège
- Préfet d'Occitanie (X) : Visite du préfet en Ariège sur la prédation ursine
- Pays de l'Ours - Adet : Effarouchement renforcé des ours par les éleveurs : un arrêté illégal et dangereux
- Légifrance : Arrêté du 13 juillet 2026 relatif à l'effarouchement renforcé