Ariège : troupeau vacciné de force, l’éleveuse de Baulou ferme son exploitation

Déboutée par le tribunal administratif de Toulouse, Christelle Record a vu son troupeau vacciné sous escorte policière le 17 avril 2026.

Ariège : troupeau vacciné de force, l’éleveuse de Baulou ferme son exploitation
Illustration Lucas Fabre / info.fr

Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le 16 avril le recours de l'éleveuse bio de Baulou contre l'obligation de vaccination de ses bovins contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse. Le lendemain, gendarmes, CRS et vétérinaires intervenaient à la Ferme du Soulé. Christelle Record a annoncé la fermeture de son entreprise le 18 avril.

Le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le 16 avril 2026 la demande de suspension déposée par Christelle Record, éleveuse bio à Baulou, en Ariège. Elle contestait l’arrêté préfectoral du 10 avril l’obligeant à vacciner son troupeau d’une trentaine de bovins contre la Dermatose Nodulaire Contagieuse (DNC), selon Le Journal Toulousain.

Une intervention sous haute tension

Le 17 avril au matin, les agents se sont présentés à la Ferme du Soulé. Selon La Dépêche du Midi, le dispositif comprenait des gendarmes, des CRS et des vétérinaires équipés de fusils à fléchettes pour les animaux récalcitrants. L’État prenait en charge l’intégralité des frais, conformément à l’arrêté préfectoral.

Christelle Record, certifiée bio et Label Rouge, élève des veaux sous la mère et tient également une épicerie de produits locaux, L’Épicerie d’ici. Elle invoquait l’immunité naturelle de ses bêtes pour refuser la vaccination. Selon France 3 Occitanie, elle et ses soutiens avaient tenté de soustraire les animaux à l’intervention.

La fermeture annoncée, un recours en préparation

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Le 18 avril, Christelle Record a annoncé la fermeture de son exploitation. Elle a déclaré à La Dépêche : « Ils ont pu entrer chez moi parce qu’ils m’ont menacée. » Son avocate, Me Caroline Lecoq, a dénoncé des « violations graves des droits fondamentaux » lors de l’intervention et annoncé un nouveau recours judiciaire.

Dans la foulée, la situation a dégénéré en ligne. La préfecture de l’Ariège a déposé plusieurs plaintes le 20 avril pour contenus haineux et menaces visant les vétérinaires et agents mobilisés. Le préfet Hervé Brabant a déclaré : « La vaccination vise à protéger. Si la DNC se propage ici, ce sera une vraie problématique. »

Un contexte sanitaire tendu depuis décembre 2025

En décembre 2025, un premier foyer de DNC avait été détecté aux Bordes-sur-Arize, entraînant l’abattage d’un troupeau de 200 bovins et l’extension de la zone vaccinale obligatoire à l’ensemble de l’Ariège, selon 20 Minutes. L’objectif fixé par le ministère de l’Agriculture était de vacciner l’intégralité des 73 000 têtes ariégeoises avant le 1er janvier 2026.

La maladie, virale, peut provoquer jusqu’à 10 % de mortalité dans un troupeau atteint. Le cas de Baulou n’est pas isolé : selon la préfecture, une dizaine d’élevages ariégeois restaient non vaccinés au 20 avril. Les vaccinations d’office des derniers élevages concernés doivent être réalisées dans les prochains jours, toujours selon la préfecture de l’Ariège.

Prochaine étape : un nouveau recours judiciaire est attendu de la part de Me Lecoq pour violations des droits fondamentaux. Les dernières vaccinations forcées dans le département sont prévues dans les jours suivant le 20 avril 2026.

Sources

Lucas Fabre

Lucas Fabre

Correspondant à Foix, traite l'élevage ovin, les tensions sur la présence de l'ours, les routes de montagne et la fermeture de maternités. Diplômé de l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Couserans et connaît les réseaux locaux. Principe journalistique : rencontrer bergers, élus, écologistes, confronter les versions, publier quand le tableau est complet.

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