Arles : la CGT conteste son expulsion de la Bourse du travail et fait appel
Le tribunal administratif de Marseille a ordonné la libération des locaux occupés depuis 1900. Le syndicat dénonce une atteinte à la liberté syndicale et organise la résistance.
Le 9 juillet 2026, le tribunal administratif de Marseille a ordonné à l'Union locale CGT d'Arles de quitter la Bourse du travail, occupée depuis 126 ans. La mairie veut y installer l'Office de tourisme. Le syndicat fait appel et sollicite un moratoire ministériel.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le tribunal administratif de Marseille a ordonné le 9 juillet 2026 l'expulsion de la CGT de la Bourse du travail d'Arles, avec une astreinte de 50 € par jour à partir du 14 septembre.
- La CGT occupe ces 400 m² de locaux de manière ininterrompue depuis 1900, soit 126 ans.
- La mairie veut installer l'Office de tourisme dans le bâtiment en 2028 et propose deux bureaux de 11 m² en relogement.
- La confédération CGT a demandé un moratoire au ministre du Travail en invoquant une mission ministérielle sur les Bourses du travail.
- Le syndicat a fait appel de la décision et annonce des mobilisations sans trêve estivale.
Le conflit entre la municipalité d’Arles et l’Union locale CGT sur l’occupation de la Bourse du travail entre dans une nouvelle phase juridique. Le 9 juillet 2026, le tribunal administratif de Marseille a ordonné au syndicat de libérer sans délai les 400 m² de locaux situés en centre-ville, jugés irrégulièrement occupés. Une astreinte de 50 € par jour ne fait pas l’objet d’une mention publique spécifique à cette date, selon La Provence.
La CGT conteste cette décision et a déposé un recours en appel, non suspensif. Le syndicat invoque une délibération municipale de 1900 et conteste le statut d’occupant sans droits ni titres que lui attribue le tribunal. « Une convention d’occupation n’est pas obligatoire », argumente l’Union locale.
Un bâtiment occupé depuis 1900
La Bourse du travail d’Arles est occupée par la CGT de manière ininterrompue depuis 1900, soit 126 ans d’implantation. La mairie, dirigée par Patrick de Carolis (Horizons), n’a pas renouvelé la convention d’occupation arrivant à échéance en 2024. Cette décision marque le point de départ du litige actuel.
Le maire souhaite récupérer les locaux pour y installer l’Office de tourisme en 2028, dans le cadre du programme Action Cœur de Ville. La municipalité propose au syndicat un relogement limité : deux bureaux de 11 m² chacun. Une offre que la CGT juge insuffisante pour maintenir son activité.
La CGT dénonce une atteinte à la liberté syndicale
L’Union locale CGT d’Arles, soutenue par l’Union départementale des Bouches-du-Rhône, la CGT régionale et la confédération nationale, dénonce une atteinte à la liberté syndicale. « Nous sommes des occupants avec des droits et des titres », affirme le syndicat dans un communiqué, repris par France 3 Régions.
La confédération CGT a demandé un moratoire au ministre du Travail sur cette expulsion. Le syndicat s’appuie sur une mission ministérielle en cours concernant l’avenir des Bourses du travail en France. « Les Bourses du travail doivent être sanctuarisées », plaide la CGT dans son communiqué officiel.
Le syndicat annonce organiser « la résistance » sur trois plans : juridique avec l’appel, syndical avec des mobilisations prévues, et politique en sollicitant le soutien d’élus. « Pas de trêve estivale », prévient l’Union locale, comme le rapporte Objectif Gard.
La position de la mairie et de l’opposition
La municipalité d’Arles affirme que le tribunal a écarté toute atteinte à la liberté syndicale dans sa décision du 9 juillet. Selon France 3 Régions, la mairie soutient que les solutions de relogement proposées permettent d’assurer la continuité de l’activité syndicale.
L’opposition municipale « Union pour Arles », menée par Nicolas Koukas, soutient la CGT. Elle dénonce un choix politique visant à effacer l’histoire ouvrière de la ville, selon La Provence. Ce soutien politique élargit le débat au-delà du strict cadre juridique.
Contexte dans les Bouches-du-Rhône
Arles, commune de 52 000 habitants, est la plus vaste de France métropolitaine en superficie. Son patrimoine historique attire près de 1 500 000 visiteurs par an. La ville connaît un taux de chômage supérieur à la moyenne départementale des Bouches-du-Rhône, et l’histoire ouvrière y reste vivace, notamment liée aux ateliers SNCF et à l’activité portuaire.
Le cas d’Arles s’inscrit dans un contexte national de tensions sur l’occupation des Bourses du travail. D’autres conflits similaires ont émergé ces dernières années dans plusieurs villes françaises, comme Villeneuve-Saint-Georges, où les tensions entre autorités locales et acteurs sociaux ont également fait l’actualité.
Prochaines étapes
L’appel déposé par la CGT sera examiné par la cour administrative d’appel de Marseille dans les prochains mois. En parallèle, la confédération attend la réponse du ministre du Travail sur sa demande de moratoire. L’astreinte de 50 € par jour débutera le 14 septembre si aucune décision de justice ne suspend l’ordonnance d’expulsion d’ici là.
Sources
- La Provence : Le tribunal administratif de Marseille demande à la CGT d'Arles de libérer sans délai la Bourse du travail
- CGT Confédération : La CGT s'oppose à l'expulsion de la CGT de la Bourse du travail d'Arles
- France 3 Régions : Nous sommes des occupants avec des droits et des titres : la CGT chassée de la Bourse du travail
- Objectif Gard : Arles Bourse du travail : nous allons organiser la résistance, la CGT refuse l'expulsion et fait appel