ATP Finals : Turin prolongée jusqu’en 2027, sept ans de règne italien
Turin garde les ATP Finals pour une septième édition consécutive en 2027. L'Italie consolide son emprise sur le tournoi le plus lucratif après les Grands Chelems.
Turin garde les ATP Finals pour une septième édition consécutive en 2027. L'Italie consolide son emprise sur le tournoi le plus lucratif après les Grands Chelems.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Un tournoi itinérant devenu sédentaire
Les ATP Finals ont longtemps été nomades. Créées en 1970 sous le nom de Masters - elles ont voyagé de Tokyo à New York (1977-1989) - Shanghai (20…
L'Italie verrouille jusqu'en 2030
Au-delà de Turin, l'Italie est assurée de conserver l'organisation des ATP Finals jusqu'en 2030 . La localisation exacte reste à définir après 20…
Ce que la prolongation ne dit pas
L'extension jusqu'en 2027 évite une question : pourquoi seulement deux ans de plus ? Londres avait signé pour 12 années d'affilée . Turin obtient…
Un tournoi taillé pour l'élite
Les ATP Finals ne sont pas un tournoi majeur comme les Grand Chelems. Elles rassemblent uniquement les huit meilleurs joueurs de simple et les hu…
Le Pala Alpitour de Turin continuera de vibrer jusqu’en 2027. L’annonce est tombée en juillet 2026: les ATP Finals, qui rassemblent les huit meilleurs joueurs de simple - restent en Italie pour une septième édition consécutive. Turin les accueille depuis 2021. L’extension officialise trois années supplémentaires dans une ville qui a transformé le tournoi en phénomène national.
Les chiffres parlent. L’édition 2025 a attiré 229 879 spectateurs - soit une progression de 9 % par rapport à l’année précédente. La finale a été suivie par 7 millions de téléspectateurs - devenant le match de tennis le plus regardé de l’histoire de la télévision italienne. Andrea Gaudenzi - président de l’ATP, l’a dit sans détour: « Le succès des ATP Finals à Turin a été extraordinaire. La ville a su créer une atmosphère unique qui a conquis les joueurs comme le public. Prolonger jusqu’en 2027 est une évidence au vu de la qualité des infrastructures et de la passion démontrée par l’Italie. »
Le prize money a explosé. L’édition 2025 a distribué 15,5 millions de dollars - un record pour le tournoi. L’Italien Jannik Sinner - vainqueur, a empoché 5,07 millions de dollars, le plus gros chèque jamais signé dans l’histoire du tournoi. Deux chiffres qui révèlent une mécanique économique implacable: l’Italie investit massivement, l’ATP encaisse, et Turin devient la vitrine tennistique du pays.
Un tournoi itinérant devenu sédentaire
Les ATP Finals ont longtemps été nomades. Créées en 1970 sous le nom de Masters - elles ont voyagé de Tokyo à New York (1977-1989) - Shanghai (2002, 2005-2008) - puis Londres, qui les a accueillies pendant 12 ans - de 2009 à 2020. Turin a repris le flambeau en 2021 avec un accord initial jusqu’en 2025. L’extension jusqu’en 2027 marque un ancrage inédit: sept années consécutives dans la même ville, du jamais-vu depuis l’ère londonienne.
L’Inalpi Arena - héritière des Jeux Olympiques d’hiver de 2006 - a été réaménagée pour l’occasion. La capacité passera à plus de 13 500 places dès 2027. En 2024, les 15 sessions du tournoi avaient déjà affiché complet, avec 183 000 spectateurs. Angelo Binaghi - président de la Fédération Italienne de Tennis et de Padel, a revendiqué la victoire: « C’est une victoire pour tout le mouvement tennistique italien. Nous avons prouvé que nous pouvions organiser l’un des plus grands événements sportifs au monde avec une efficacité exemplaire. Turin est désormais, et pour les années à venir, la maison naturelle de ce tournoi. »
L’Italie verrouille jusqu’en 2030
Au-delà de Turin, l’Italie est assurée de conserver l’organisation des ATP Finals jusqu’en 2030. La localisation exacte reste à définir après 2027, mais le pays a déjà gagné la bataille diplomatique. Stefano Lo Russo - maire de Turin, a salué le prolongement: « Turin est fière de confirmer son rôle de protagoniste sur la scène sportive internationale. Cet événement n’est pas seulement une compétition tennistique, c’est une vitrine exceptionnelle pour notre ville, qui continue de rayonner bien au-delà de nos frontières. »
Ce que la prolongation ne dit pas
L’extension jusqu’en 2027 évite une question: pourquoi seulement deux ans de plus? Londres avait signé pour 12 années d’affilée. Turin obtient une rallonge modeste, qui repousse les négociations à 2026. La concurrence des autres métropoles mondiales s’intensifiera dès 2028 - et l’ATP devra trancher: rester en Italie ou relancer l’itinérance. Le cycle 2025-2027 permet aux instances de planifier des investissements structurels, mais c’est aussi un sursis. Turin a gagné trois ans. Pas dix.
Autre angle mort: le déséquilibre entre les promesses économiques et la réalité des retombées locales. Les 229 879 spectateurs de 2025 ont généré des millions pour l’hôtellerie et la restauration turinoise, mais aucune étude d’impact détaillée n’a été publiée par la FITP ni la mairie. Les 15,5 millions de dollars de prize money restent dans le circuit ATP. La ville, elle, finance les infrastructures et la sécurité. Le bilan comptable réel reste opaque.
Un tournoi taillé pour l’élite
Les ATP Finals ne sont pas un tournoi majeur comme les Grand Chelems. Elles rassemblent uniquement les huit meilleurs joueurs de simple et les huit meilleures équipes de double de la saison. Pas de qualifications, pas de tableau élargi. Le format est concentré, lucratif, télévisuel. Turin a compris l’enjeu: offrir un écrin à la hauteur d’un produit premium, pas d’un marathon de deux semaines. L’Inalpi Arena est devenue le théâtre d’une ambiance électrique, portée par un public qui a transformé chaque session en événement national.
Le précédent londonien avait montré la limite du modèle: après 12 ans - la ville avait refusé de prolonger, fatiguée des exigences financières de l’ATP. Turin, elle, tient le rythme. Pour combien de temps encore?
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