Attaques de drones ukrainiens en Russie : 8 morts et incendie pétrolier
Des frappes coordonnées ont touché des entrepôts logistiques et un dépôt pétrolier près de Moscou, faisant huit victimes civiles et provoquant l'évacuation d'une maternité.
Dans la nuit du 17 au 18 juillet 2026, l'Ukraine a mené une vague massive d'attaques de drones en territoire russe. Huit personnes ont été tuées et des dizaines blessées dans des frappes visant des centres logistiques de l'entreprise Wildberries et un dépôt pétrolier. Moscou affirme avoir détruit 379 drones.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Huit personnes tuées dans des attaques de drones ukrainiens en Russie dans la nuit du 17 au 18 juillet 2026.
- Sept morts à l'entrepôt Wildberries de Kotovsk (région de Tambov), 25 blessés sur ce site.
- Un dépôt pétrolier à Noguinsk, à 50 km de Moscou, a pris feu, entraînant l'évacuation d'une maternité.
- Le ministère russe de la Défense affirme avoir détruit 379 drones ukrainiens dans une vingtaine de régions.
- Le président Zelensky revendique ces frappes en affirmant que les sites visés approvisionnaient l'armée russe.
La nuit du 17 au 18 juillet 2026 a été l’une des plus meurtrières pour des civils russes depuis le début de la guerre. Des attaques de drones ukrainiens coordonnées ont frappé plusieurs sites en profondeur du territoire russe, tuant au moins huit personnes et en blessant plusieurs dizaines d’autres. Les frappes ont visé des infrastructures logistiques et énergétiques dans les régions de Tambov et de Moscou.
Sept morts à l’entrepôt de Kotovsk
L’attaque la plus meurtrière a touché un centre logistique de l’entreprise de vente en ligne Wildberries à Kotovsk, dans la région de Tambov, à plus de 400 kilomètres au sud-est de Moscou. Sept employés travaillant de nuit ont été tués sur le coup, selon Reuters. Vingt-cinq autres personnes ont été blessées dans cette frappe.
Le gouverneur de la région de Tambov, Evgueni Pervychov, a qualifié l’assaut d’« attaque la plus importante et la plus inhumaine » ayant touché sa région, selon Türkiye Today. La directrice générale de Wildberries, Tatiana Kim, a exprimé ses condoléances aux familles des victimes de « cette nuit tragique pour l’entreprise », rapporte Reuters.
Un second site touché près de Moscou
Un autre entrepôt de Wildberries, situé à Elektrostal dans la région de Moscou, a également été frappé. Une personne est décédée à l’hôpital des suites de ses blessures, selon l’Associated Press. Plusieurs dizaines d’autres ont été blessées. Des débris de drone ont endommagé et incendié temporairement un jardin d’enfants dans la ville, sans faire de victimes, selon India Today.
Ces deux centres logistiques de Wildberries, géant russe du commerce en ligne, représentent des sites de stockage et de distribution d’envergure nationale. Selon le Kyiv Post, les attaques ont ciblé des infrastructures que Kiev considère comme stratégiques.
Incendie à un dépôt pétrolier près de Moscou
Parallèlement aux frappes sur les entrepôts, un dépôt pétrolier situé à Noguinsk, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Moscou, a pris feu à la suite d’un impact ou de débris de drones, selon United24 Media. L’incendie a contraint les autorités locales à évacuer préventivement une maternité et un bâtiment résidentiel situés à proximité, rapporte Newsday.
Les images diffusées sur les réseaux sociaux montraient d’importantes flammes et une épaisse colonne de fumée noire s’élevant au-dessus du site. Aucune victime n’a été signalée sur ce site au moment des premières informations.
Kiev revendique des cibles militaires
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a revendiqué ces frappes en affirmant que les centres logistiques visés servaient à approvisionner l’armée russe en composants de drones, selon l’AFP. « Ces installations ne sont pas de simples entrepôts civils, mais des plaques tournantes logistiques pour l’effort de guerre russe », a-t-il déclaré.
Cette justification s’inscrit dans la stratégie ukrainienne de frappes en profondeur visant à perturber les chaînes d’approvisionnement militaires russes. Kiev multiplie ces derniers mois les attaques de drones contre des infrastructures énergétiques, logistiques et industrielles situées loin du front.
Moscou annonce 379 drones interceptés
Le ministère russe de la Défense a affirmé avoir intercepté et détruit 379 drones ukrainiens dans une vingtaine de régions russes et en Crimée, selon l’agence EFE. Ce chiffre, s’il est confirmé, ferait de cette nuit l’une des vagues d’attaques aériennes les plus massives depuis le début du conflit.
La défense antiaérienne russe a été mobilisée dans plusieurs régions, de la Crimée annexée jusqu’aux oblasts de Tambov et de Moscou. Malgré ces interceptions revendiquées, plusieurs drones ont atteint leurs cibles, causant des pertes humaines et matérielles significatives.
Contexte d’escalade des frappes réciproques
Ces attaques s’inscrivent dans un cycle d’escalade entre les deux pays. La Russie mène régulièrement des frappes de missiles et de drones contre des infrastructures énergétiques et civiles ukrainiennes, tandis que Kiev intensifie ses opérations en territoire russe, visant des dépôts de carburant, des bases militaires et des installations logistiques.
L’utilisation croissante de drones de longue portée par l’Ukraine modifie la nature du conflit. Ces engins, moins coûteux que les missiles de croisière, permettent à Kiev de frapper en profondeur du territoire russe et de forcer Moscou à disperser ses moyens de défense antiaérienne.
Les prochains jours diront si cette vague d’attaques marque une nouvelle phase dans la campagne aérienne ukrainienne ou s’il s’agit d’une opération ponctuelle de grande ampleur. Moscou a déjà annoncé que des mesures de représailles seraient prises.
