Attaques de loups dans l’Ain : le préfet confirme sa priorité pour les éleveurs
Louis-Xavier Thirode place la prédation du loup parmi ses deux chantiers urgents. Un arrêté national a relevé le quota d'abattage en février 2026.
Le préfet de l'Ain, Louis-Xavier Thirode, a réaffirmé le 9 mai 2026 que la protection des éleveurs face aux attaques de loups est une priorité. Une position qui s'inscrit dans un assouplissement national des règles d'abattage et une hausse des signalements dans le département.
L’essentiel
- Priorité affichée : Le préfet Louis-Xavier Thirode a déclaré le 9 mai 2026 que la prédation du loup est l’un de ses deux chantiers urgents.
- Quota relevé : Par arrêté du 23 février 2026, le gouvernement a porté le quota d’abattage de loups de 19 % à 21 % de l’effectif national.
- Attaques meurtrières : Six attaques en une semaine en avril 2024 ont causé la mort de 33 brebis dans l’Ain.
- Meute signalée : Une meute serait en formation dans le Haut-Bugey, selon des signalements rapportés en juin 2026.
- Dispositif local : Une cellule de veille départementale loup et lynx a été mise en place, et deux tirs létaux ont été autorisés en 2024.
Dans l’Ain, la question de la cohabitation entre élevage et loup revient au premier plan. Le préfet du département, Louis-Xavier Thirode, a clairement pris parti : les éleveurs passeront avant le prédateur. Une position qu’il a réaffirmée à plusieurs reprises depuis sa prise de fonction en décembre 2025.
Une priorité affichée pour les éleveurs
Le 9 mai 2026, lors d’une intervention devant la chambre d’agriculture de l’Ain, le préfet Thirode a classé la prédation du loup parmi ses deux chantiers urgents et prioritaires. « Nous privilégierons toujours les éleveurs aux loups en cas d’attaques », a-t-il tweeté le même jour sur le compte officiel de la préfecture.
Cette déclaration fait écho à celle de la sous-préfète de Nantua, Karine Garcin-Escobar, qui affirmait en février 2026 qu’il fallait « privilégier nos éleveurs » face aux loups. Ces prises de parole traduisent un changement d’orientation assumé par l’État dans l’Ain.
Un cadre national assoupli
Ce recentrage local s’appuie sur une évolution nationale. Par arrêté du 23 février 2026, le ministère de l’Agriculture a relevé le quota annuel d’abattage de loups de 19 % à 21 % de l’effectif estimé. Une mesure qui facilite les tirs de défense pour les éleveurs confrontés à des attaques répétées.
Dans l’Ain, les attaques ne sont pas un phénomène nouveau. En avril 2024, six attaques de loups avaient été enregistrées en une semaine, tuant 33 brebis. L’émotion avait été vive parmi les éleveurs, notamment dans le secteur du Haut-Bugey, où la présence du loup est de plus en plus régulière.
Des mesures concrètes sur le terrain
Face à cette pression, la préfecture de l’Ain a mis en place un dispositif d’aides à la protection des troupeaux, officialisé le 26 février 2026. Ce dispositif finance des mesures de prévention - clôtures, chiens de protection, gardiennage renforcé - pour les exploitations situées en zone de prédation.
Par ailleurs, une cellule de veille départementale « loup et lynx » a été créée. Elle réunit les services de l’État, l’Office français de la biodiversité (OFB), les chambres d’agriculture et les associations de protection de la nature. En 2024, deux autorisations de tir létal ont été délivrées dans l’Ain, sans que l’on sache si elles ont abouti à des abattages.
La présence du loup s’intensifie. En juin 2026, un spécimen a été repéré en plein après-midi dans un lotissement de l’Ain, confirmé par l’OFB. Les attaques, selon les témoignages, surviennent « sous les fenêtres de lotissements », rendant la situation de plus en plus délicate pour les éleveurs.
Contexte dans l’Ain
Avec ses zones de montagne et de piémont, le département de l’Ain (01) est un territoire d’élevage ovin et bovin important. La prédation du loup, revenue dans les Alpes dans les années 1990, s’est étendue au Jura et au Bugey. Selon les dernières estimations, une meute serait en formation dans le Haut-Bugey. Le département compte aujourd’hui plusieurs dizaines d’exploitations impactées, un chiffre qui augmente chaque année. La cellule de veille départementale vise à coordonner les réponses et à informer les éleveurs des aides disponibles.
Réactions et vigilance
Les éleveurs de l’Ain ont salué l’assouplissement de la protection du loup décidé par le gouvernement en octobre 2024 et les déclarations du préfet. « On privilégiera les éleveurs plutôt que le loup », a résumé une source officielle dans un reportage de France 3 Régions diffusé en juin 2026. De son côté, France Nature Environnement (FNE) Ain a interpellé la préfecture sur les tirs de défense, estimant que la protection du loup, espèce protégée au niveau européen, ne doit pas être sacrifiée.
La préfecture assure que les autorisations de tir restent encadrées et proportionnées aux dommages constatés. Le préfet Thirode a promis un bilan des mesures mises en œuvre d’ici la fin de l’année 2026.