Aube : le préfet interdit pétards, barbecues et feux en plein air
Face à la canicule et aux incendies de végétation, le préfet Pascal Gauci restreint aussi les moissons l'après-midi dans tout le département
Le préfet de l'Aube a pris un arrêté interdisant pétards, feux et barbecues sur l'espace public. Les moissons sont également proscrites entre 13h et 18h depuis le 8 juillet, après plusieurs départs de feu dans le département.
L’essentiel
- Interdiction : pétards, feux festifs, feux de camp et barbecues sont interdits sur l’espace public dans tout le département de l’Aube, selon un arrêté du préfet Pascal Gauci.
- Moissons : les moissons, le broyage et le pressage de paille sont interdits entre 13h00 et 18h00 depuis le 8 juillet 2026.
- Bilan : plus de 400 hectares de végétation ont brûlé dans l’Aube depuis le 4 juillet 2026, selon la préfecture.
- Pompiers : le SDIS 10 a combattu 33 départs de feu en une seule journée début juillet, pour 255 hectares détruits, avec jusqu’à 93 sapeurs-pompiers mobilisés.
Ce que prévoit l’arrêté préfectoral
Le préfet de l’Aube, Pascal Gauci, en poste depuis mai 2026, a pris un arrêté interdisant, dans l’espace public, l’utilisation de pétards, l’usage de barbecues et autres dispositifs à flamme nue, ainsi que les feux festifs ou de camp. La préfecture l’a annoncé sur son compte X.
Cette mesure vise l’ensemble du territoire aubois, sans distinction de commune. Elle intervient alors que le département est placé en vigilance canicule par Météo-France, avec des températures ayant atteint 35°C à Troyes le 7 juillet, selon Plaines Radio.
Moissons interdites l’après-midi depuis le 8 juillet
Un second volet de l’arrêté, numéroté SIDPC-188-002 et daté du 7 juillet 2026, restreint les travaux agricoles. Les moissons, le broyage et le pressage de paille et de foin sont interdits entre 13h00 et 18h00 dans tout le département, à compter du 8 juillet. La préfecture justifie cette décision par le risque d’incendie de végétation, particulièrement élevé en période de forte chaleur.
Pour les récoltes autorisées en dehors de ce créneau, les agriculteurs doivent disposer d’un déchaumeur et d’une réserve d’eau d’au moins un mètre cube sur la parcelle, afin de pouvoir intervenir en cas de départ de feu accidentel.
Une semaine sous tension pour les pompiers
La décision du préfet fait suite à une série d’incendies. Depuis le 4 juillet 2026, plus de 400 hectares de végétation ont brûlé dans l’Aube, selon la préfecture. La veille de l’arrêté sur les moissons, le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS 10) a dû combattre 33 feux de cultures ou de hangars, pour un total de 255 hectares détruits en une seule journée.
Au plus fort de ces interventions, 93 sapeurs-pompiers aubois et 12 personnels de coordination du centre de traitement de l’alerte (CTA-CODIS) ont été déployés sur le terrain. La préfecture rappelle par ailleurs que des renforts de pompiers aubois ont été envoyés vers le sud de la France, dans le cadre de la solidarité nationale face aux incendies, ce qui réduit d’autant les moyens disponibles localement. La situation rappelle celle vécue par les coureurs du Tour de France sous une chaleur écrasante ces derniers jours, la vague de canicule touchant plusieurs régions au même moment.
Feux d’artifice du 14-Juillet sous conditions
Si les pétards sont interdits pour les particuliers, la préfecture n’a pas annulé les feux d’artifice officiels prévus pour le 14 juillet. Un arrêté complémentaire impose des conditions de sécurité strictes plutôt qu’une interdiction pure et simple, selon Inforadar. Les organisateurs de spectacles pyrotechniques doivent s’y conformer commune par commune. Cette approche diffère de celle retenue ailleurs : dans le bassin montluçonnais, plusieurs communes ont préféré annuler purement leurs feux d’artifice du 14 juillet face aux mêmes risques.
Contexte dans l’Aube
L’Aube est un département largement rural, où les grandes cultures céréalières occupent une part importante du territoire, notamment autour de Troyes et dans la Champagne crayeuse. Les moissons de juillet y mobilisent chaque année un nombre élevé d’exploitations, ce qui explique la portée de la restriction horaire décidée par la préfecture. Le SDIS 10, dont les effectifs sont aussi sollicités hors du département pour appuyer d’autres zones en difficulté, se retrouve en première ligne sur un territoire où la végétation asséchée par la canicule augmente mécaniquement le risque d’embrasement, qu’il s’agisse de parcelles agricoles ou d’espaces naturels.
La préfecture n’a pas communiqué à ce stade de durée de validité précise pour ces arrêtés, ni de date de réexamen de la situation. Une nouvelle évaluation dépendra probablement de l’évolution de la vigilance météorologique dans les prochains jours.