Aubervilliers : 15 nouvelles classes supprimées, syndicats et parents dans la rue
Après 15 fermetures en 2025, la ville fait face à un nouveau cycle de suppressions qui inquiète élus, enseignants et familles.
Quinze fermetures de classes supplémentaires sont annoncées à Aubervilliers pour la rentrée 2026. Syndicats, parents d'élèves et élus ont manifesté le 6 avril à Bobigny. La municipalité exige l'annulation de ces suppressions.
C’est un chiffre qui cristallise la colère : 15 nouvelles classes fermées à Aubervilliers à la rentrée 2026, selon la mairie. Un de plus que l’an passé. Après les 15 suppressions déjà actées pour 2025, la commune de Seine-Saint-Denis encaisse un nouveau coup dur pour son école publique.
Une mobilisation collective devant la préfecture
Le 6 avril 2026, l’intersyndicale 93 - CGT Éduc’action, CNT Éducation, FSU, Sud Éducation - et la FCPE 93 ont réuni enseignants et parents sur le parvis de la préfecture de Bobigny, selon Le Parisien. Le lendemain, 7 avril, le conseil départemental de l’Éducation nationale se tenait dans la même ville. Les élus du département, à l’initiative du président Stéphane Troussel, ont adressé un courrier au recteur de l’académie de Créteil pour alerter sur les conséquences de ces fermetures, soulignant un déficit structurel de moyens dans le 93, selon le conseil départemental.
Le député LFI de la circonscription, Bastien Lachaud, a lui aussi réagi publiquement :
Un département particulièrement touché
À l’échelle de la Seine-Saint-Denis, le bilan est sévère. L’académie de Créteil prévoit 296 fermetures de classes pour 115 ouvertures seulement, soit 67 postes d’enseignants supprimés dans le premier degré, selon Actu.fr. Saint-Denis, ville voisine d’Aubervilliers, enregistre 34 classes nettes fermées - 43 fermetures contre 9 ouvertures - d’après la mairie saint-dionysienne.
Ces suppressions s’inscrivent dans un mouvement national : plus de 2 000 classes disparaissent à la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré, justifiées par le ministère par une baisse démographique de 150 000 élèves, selon L’Anticapitaliste. Une grève nationale avait déjà eu lieu le 31 mars 2026, avec des rassemblements à Paris et en banlieue contre 4 000 postes supprimés au niveau national, toujours selon Actu.fr.
« Les conséquences seront dévastatrices »
La municipalité d’Aubervilliers qualifie les conséquences de ces suppressions de « dévastatrices » pour les élèves, dans une commune déjà considérée comme sous-dotée en moyens éducatifs, selon son site officiel. Les syndicats et parents dénoncent des effectifs encore plus chargés dans des classes déjà surchargées. Des recours juridiques pour défendre l’égalité républicaine en éducation n’ont pas été exclus à ce stade, sans qu’une procédure formelle ait été confirmée.
Prochaine étape : les décisions définitives du rectorat de l’académie de Créteil sont attendues dans les prochaines semaines, avant l’arrêté officiel de la carte scolaire pour la rentrée 2026.
Sources
- Mairie d'Aubervilliers : Fermetures de classes : Aubervilliers dit non
- Le Parisien : Syndicats et parents vent debout contre les suppressions de classes annoncées en Seine-Saint-Denis
- Actu.fr : "Une saignée inacceptable" : une journée de grève mardi contre la fermeture des classes en Seine-Saint-Denis
- Conseil départemental de Seine-Saint-Denis : Les élu·es de Seine-Saint-Denis mobilisé·es contre les fermetures de classes