Aude : État, police, gendarmerie et opérateurs signent une convention contre les vols de cuivre
Une convention départementale signée le 1er juin à Carcassonne coordonne la riposte contre les actes de malveillance visant les câbles télécom.
La préfecture de l'Aude, la police nationale, la gendarmerie et les quatre grands opérateurs télécom ont signé le 1er juin 2026 une convention de partenariat contre les vols et dégradations de câbles cuivre. En 2025, 14 procédures avaient été engagées dans le département pour ce type de faits.
L’essentiel
- Date : Convention signée le lundi 1er juin 2026 à la préfecture de Carcassonne.
- Signataires : État (Annabelle Ravni, directrice de cabinet du préfet), commissaire général Laurent Sindic (police nationale), colonel Francis David (gendarmerie), Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom.
- Bilan 2025 : 14 procédures engagées dans l’Aude pour vols ou dégradations d’infrastructures télécom ; 3 faits supplémentaires recensés depuis janvier 2026, selon L’Indépendant.
- Cadre : Cette convention départementale décline un accord national signé par le ministère de l’Intérieur, déjà décliné dans plusieurs départements depuis 2021.
Une signature à sept autour de la table
Lundi 1er juin 2026, sept parties ont apposé leur signature dans les salons de la préfecture de Carcassonne. D’un côté, l’État, représenté par Annabelle Ravni, directrice de cabinet du préfet de l’Aude - en poste depuis mai 2026. De l’autre, le commissaire général Laurent Sindic, directeur départemental de la police nationale, et le colonel Francis David, commandant du groupement de gendarmerie de l’Aude depuis septembre 2024. Les quatre opérateurs télécom nationaux - Orange, SFR, Free et Bouygues Telecom - complètent le tour de table.
La convention porte sur la prévention et la lutte contre les actes de malveillance visant les réseaux de télécommunication : vols de câbles cuivre, sabotages, dégradations. Elle s’inscrit dans un cadre national établi par le ministère de l’Intérieur, dont les premières déclinaisons départementales remontent à 2021 - notamment en Meuse.
Quatre piliers opérationnels
Le texte signé articule quatre engagements concrets, détaillés par la préfecture sur X. Premier pilier : une vigilance renforcée des sites et infrastructures sensibles dans l’Aude. Deuxième pilier : une alerte plus rapide et coordonnée entre opérateurs et forces de l’ordre dès qu’un incident est détecté. Troisième pilier : le dépôt de plainte systématique pour permettre une judiciarisation des faits. Quatrième pilier : un partage d’information renforcé et des actions de prévention coordonnées entre l’ensemble des signataires.
Aucun calendrier précis de réunion de suivi n’a été annoncé publiquement à ce stade. La mise en œuvre opérationnelle de ces quatre axes repose sur la coordination directe entre les signataires.
14 procédures en 2025, un rythme qui se maintient
Les chiffres locaux illustrent la réalité du phénomène. Selon L’Indépendant, 14 procédures judiciaires ont été engagées dans l’Aude en 2025 pour des vols ou dégradations d’infrastructures télécom. Depuis le 1er janvier 2026, trois faits similaires ont déjà été constatés dans le département.
Ces actes ne sont pas anodins : couper un câble cuivre peut priver un secteur rural entier de téléphonie fixe et d’accès internet, parfois pendant plusieurs jours. Dans un département comme l’Aude, où des zones restent encore dépendantes du réseau cuivre historique, les conséquences sont directes pour les habitants et les entreprises. La mobilisation des préfectures en Occitanie autour des enjeux de sécurité publique s’inscrit dans une dynamique régionale plus large.
Contexte dans l’Aude
L’Aude est un département majoritairement rural, avec environ 380 000 habitants répartis sur un vaste territoire allant des Corbières aux Pyrénées audoises. La dépendance aux infrastructures de télécommunication y est forte, en particulier dans les zones de montagne et les communes isolées encore connectées via le réseau cuivre d’Orange, avant basculement progressif vers la fibre.
Le vol de cuivre cible précisément ces réseaux : le métal se revend facilement sur des circuits parallèles, et sa valeur a fortement augmenté ces dernières années en lien avec la demande industrielle mondiale. Le phénomène touche également d’autres infrastructures - réseaux électriques, voies ferrées - mais les câbles télécom sont des cibles particulièrement accessibles en zone rurale.
Des initiatives similaires ont été lancées dans d’autres départements, comme le Cher ou le Morbihan, selon L’Indépendant. La convention nationale, cadre de référence depuis 2021, a ainsi été progressivement déclinée localement. Les opérations coordonnées entre forces de l’ordre et acteurs locaux constituent désormais un mode d’action répandu face aux réseaux criminels organisés.
Des réseaux organisés dans le viseur
Les autorités qualifient les auteurs de ces vols de « réseaux criminels organisés ». Le dépôt de plainte systématique - l’un des quatre piliers de la convention - vise précisément à alimenter les enquêtes judiciaires et à remonter ces filières. Sans plainte, les faits restent non judiciarisés et les auteurs rarement identifiés.
La coordination directe entre opérateurs et forces de l’ordre doit permettre de réduire le délai entre la détection d’une coupure et l’intervention des enquêteurs, avant que les câbles volés ne disparaissent dans les circuits de revente. Le partage d’information prévu entre les quatre opérateurs peut aussi aider à repérer des modes opératoires récurrents sur le territoire.
La préfecture de l’Aude n’a pas précisé si des gardes à vue ou interpellations sont intervenues dans le département dans le cadre des 14 procédures de 2025.
La mise en œuvre concrète de la convention sera désormais suivie par l’ensemble des signataires. L’absence de date de bilan intermédiaire annoncée publiquement laisse ouverte la question des indicateurs de résultat que les parties se sont fixés. Les opérateurs et les forces de l’ordre ont indiqué que les bilans de sécurité départementaux permettront de mesurer l’évolution du phénomène dans les prochains mois.
Sources
- Préfecture de l'Aude (@Prefet11) : Signature de la convention nationale de lutte contre la malveillance visant les réseaux de télécommunication
- L'Indépendant : Explosion des vols de cuivre dans l'Aude : l'État, la police, la gendarmerie et les opérateurs téléphoniques font front commun face aux réseaux criminels organisés
- Pyrénées FM : L'Aude renforce la protection de ses réseaux de télécommunication
- Sénat : Question au Sénat sur les vols de cuivre ciblant les infrastructures télécom