Aulnay-sous-Bois : la mosquée Attaqwa fermée six mois pour apologie du terrorisme
Le préfet de Seine-Saint-Denis ordonne la fermeture administrative de la mosquée de Chanteloup. Motifs diffusion d'une idéologie islamiste radicale et incitation à la violence.
Le préfet Julien Charles a signé le 27 juillet un arrêté fermant pour six mois la mosquée Attaqwa à Aulnay-sous-Bois. Les autorités reprochent au lieu de culte la diffusion de prêches appelant au jihad et légitimant le terrorisme. Les responsables de la mosquée ont saisi le tribunal administratif.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le préfet de la Seine-Saint-Denis a ordonné le 27 juillet 2026 la fermeture pour six mois de la mosquée Attaqwa à Aulnay-sous-Bois.
- Motifs diffusion de prêches et vidéos légitimant le jihad, valorisant le martyre et incitant à la violence contre les enfants.
- Les responsables de la mosquée ont saisi le 28 juillet le tribunal administratif de Montreuil pour contester l'arrêté.
- L'article L. 227-1 du code de la sécurité intérieure autorise le préfet à fermer un lieu de culte pour apologie du terrorisme.
- La mosquée, située dans le quartier de Chanteloup, accueille plusieurs centaines de fidèles lors de la prière du vendredi.
Ce qui s’est passé
Le préfet de la Seine-Saint-Denis, Julien Charles, a ordonné le 27 juillet la fermeture administrative de la mosquée Attaqwa, située dans le quartier de Chanteloup à Aulnay-sous-Bois, pour une durée de six mois. L’arrêté préfectoral s’appuie sur l’article L. 227-1 du code de la sécurité intérieure, qui permet de fermer un lieu de culte en cas de diffusion de propos provoquant à la violence, à la haine ou à la discrimination.
Selon la préfecture, la mosquée a diffusé des prêches et vidéos reprenant la rhétorique d’organisations terroristes. Les imams réguliers et intervenants extérieurs sont accusés d’avoir légitimé le jihad et valorisé la mort en martyr. Une vidéo particulièrement incriminée montre un intervenant encourageant la violence physique envers les enfants ne pratiquant pas la prière, selon le communiqué officiel.
Les contenus visés ont été diffusés à la fois dans l’enceinte de la mosquée et relayés sur les réseaux sociaux, d’après les autorités. La préfecture qualifie l’idéologie diffusée d’islamiste radicale, visant à saper les fondements de la République.
La réaction des responsables de la mosquée
Les responsables de la mosquée contestent l’arrêté préfectoral et ont saisi le tribunal administratif de Montreuil dès le 28 juillet (information non vérifiée/inconnue). En attendant l’ordonnance de référé, le lieu de culte reste ouvert. Les dirigeants n’ont pas communiqué publiquement sur les accusations portées contre eux.
La procédure contentieuse pourrait prendre plusieurs semaines. Le juge des référés devra examiner la légalité de la mesure et son caractère proportionné.
Un cadre légal renforcé depuis 2020
L’article L. 227-1 du code de la sécurité intérieure, invoqué par la préfecture, a été introduit par la loi du 30 octobre 2017 renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Il autorise le préfet à fermer administrativement, pour une durée maximale de six mois, tout lieu de culte où sont tenus des propos ou diffusées des idées incitant à la violence, à la haine, à la discrimination ou au terrorisme.
Cette disposition a été renforcée par la loi confortant le respect des principes de la République du 24 août 2021 (non applicable à l’arrêté de fermeture), qui a élargi les motifs de fermeture et simplifié les procédures. Depuis 2020, plusieurs dizaines de lieux de culte musulmans ont été fermés en France sur ce fondement juridique.
Contexte en Seine-Saint-Denis
La Seine-Saint-Denis compte environ 1,75 million d’habitants et concentre une part importante des lieux de culte musulmans d’Île-de-France. Le département fait l’objet d’une attention particulière des services de renseignement en matière de radicalisation islamiste. Plusieurs mosquées du 93 ont fait l’objet de signalements et de contrôles ces dernières années.
Aulnay-sous-Bois, commune de 87 000 habitants, abrite plusieurs lieux de culte musulmans. Le quartier de Chanteloup, où se trouve la mosquée Attaqwa, est classé en politique de la ville. La mosquée, de taille modeste, accueille plusieurs centaines de fidèles lors de la prière du vendredi.
La préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas précisé depuis quand les contenus incriminés étaient surveillés ni combien de prêches ou vidéos ont été analysés avant la décision de fermeture. Les services de renseignement territoriaux auraient transmis plusieurs notes d’alerte au cours des derniers mois.
Une décision dans un contexte national tendu
Cette fermeture intervient dans un contexte de vigilance accrue contre la radicalisation islamiste. Le gouvernement a intensifié les contrôles et fermetures administratives de lieux de culte suspectés de diffuser une idéologie radicale. En 2025, une dizaine de mosquées ont été fermées en France pour des motifs similaires (information non vérifiée).
La politique de lutte contre le séparatisme islamiste, engagée dès 2020, vise à identifier et neutraliser les structures diffusant un discours incompatible avec les valeurs de la République. Les préfets disposent de pouvoirs élargis pour intervenir rapidement sans attendre une procédure judiciaire.
Les associations de défense des libertés religieuses dénoncent régulièrement ces fermetures administratives, qu’elles jugent disproportionnées et attentatoires à la liberté de culte. Plusieurs recours ont abouti à l’annulation de fermetures par les tribunaux administratifs, mais la majorité des arrêtés préfectoraux sont confirmés en justice.
Prochaine étape
Le tribunal administratif de Montreuil devra se prononcer dans les prochains jours sur le référé déposé par les responsables de la mosquée. Si l’arrêté est confirmé, la fermeture sera effective pour six mois, soit jusqu’à fin janvier 2027. En cas d’annulation, la mosquée pourra reprendre ses activités immédiatement.
La préfecture n’a pas indiqué si d’autres mesures, comme des poursuites pénales contre les imams ou intervenants, étaient envisagées. Les vidéos et prêches incriminés pourraient faire l’objet d’une enquête judiciaire distincte pour apologie du terrorisme, infraction passible de cinq ans de prison.
Sources
- Aulnaylibre : Fermeture de la mosquée Attaqwa du quartier Chanteloup à Aulnay-sous-Bois
- MonAulnay.com : Fermeture de la mosquée Attaqwa du quartier Chanteloup
- Actu.fr : Incitation à la haine et apologie du terrorisme : une mosquée d'Aulnay-sous-Bois fermée six mois par la préfecture
- Préfecture de Seine-Saint-Denis : Communiqué de presse du préfet de la Seine-Saint-Denis