Autonomie de la Corse : le lobbying actif du maire de Bastia Gilles Simeoni à l’Assemblée nationale
Élu maire de Bastia en mars 2026, Gilles Simeoni multiplie les rendez-vous à Paris pour peser sur l'examen du projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie de l'île, dont le vote solennel est attendu le 23 juin.
Gilles Simeoni, nouveau maire de Bastia, mène une opération de lobbying auprès des députés depuis le début de l'examen du projet de loi constitutionnelle sur l'autonomie corse, le 16 juin. Un amendement définissant la Corse comme « communauté insulaire » a été adopté le 17 juin, salué par l'élu. Le vote solennel en première lecture est prévu le 23 juin.
L’essentiel
- Fait 1 : Gilles Simeoni a été élu maire de Bastia le 28 mars 2026 et a démissionné de la présidence du Conseil exécutif de Corse le 21 avril 2026.
- Fait 2 : L’Assemblée nationale examine depuis le 16 juin 2026 le projet de loi constitutionnelle pour une Corse autonome au sein de la République.
- Fait 3 : Le 17 juin 2026, un amendement définissant la Corse comme « communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle » a été adopté.
- Fait 4 : Un vote solennel en première lecture est prévu le 23 juin 2026.
Le lobbying du maire de Bastia
Gilles Simeoni n’a pas attendu d’être confortablement installé dans son fauteuil de maire pour se remobiliser sur le dossier de l’autonomie corse. Élu le 28 mars 2026 à la tête de la ville de Bastia, il a quitté la présidence du Conseil exécutif de Corse le 21 avril suivant, tout en conservant la responsabilité du suivi du processus d’autonomie. Depuis, il multiplie les allers-retours à Paris.
Selon plusieurs médias nationaux, dont RTL, le maire de Bastia a engagé une « opération de lobbying » auprès des différents groupes parlementaires. Il rencontre des députés de tous bords pour défendre le projet de révision constitutionnelle, dont l’examen a débuté à l’Assemblée nationale le 16 juin 2026. L’objectif : obtenir une majorité pour un texte ouvrant la voie à une autonomie législative et réglementaire de l’île.
Le magazine L’Express a consacré un article à cette campagne de persuasion, décrivant les coulisses d’un maire qui « use de ses réseaux » pour faire avancer son dossier.
Un amendement jugé satisfaisant
L’étape clé de la journée du 17 juin a été l’adoption d’un amendement définissant la Corse comme « une communauté insulaire, historique, linguistique et culturelle ». Cette formulation a été saluée par Gilles Simeoni, qui y voit une « reconnaissance de la spécificité corse ». Le contre-projet du Rassemblement national, qui proposait une réécriture territoriale de l’île, a été rejeté la veille.
Le maire de Bastia a qualifié le 18 juin l’amendement adopté de « satisfaisant », tout en appelant les députés à aller plus loin dans le détail des compétences transférées. Le texte doit encore être examiné en séance publique avant un vote solennel.
Contexte dans la Haute-Corse
La situation politique insulaire a connu des rebondissements récents. Après la démission de Gilles Simeoni de la présidence du Conseil exécutif, Bianca Fazi a assuré l’intérim du 21 avril au 4 mai 2026, devenant la première femme à occuper cette fonction. Le 4 mai, Gilles Giovannangeli a été élu président du Conseil exécutif par 34 voix sur 49 exprimées, selon Stampa Paese.
Bastia, préfecture de la Haute-Corse, reste le fief de Simeoni, qui entend peser de tout son poids électoral dans le débat national. L’île compte 340 000 habitants et sa position géographique et culturelle spécifique nourrit depuis des décennies les revendications autonomistes.
Par ailleurs, l’actualité de ce mois de juin 2026 est marquée par d’autres faits dans les régions voisines, comme la canicule dans le Var ou la parution d’un livre solidaire des pompiers de l’Aude.
Prochaine étape : le vote solennel
Le calendrier parlementaire prévoit un vote solennel en première lecture le 23 juin 2026. Ce scrutin constituera un test décisif pour la majorité présidentielle et pour Gilles Simeoni. Si le texte est adopté, il devra ensuite passer par le Sénat, où l’équilibre politique est plus incertain.