Avignon : mobilisation des acteurs du spectacle vivant contre l’austérité
Le Syndeac et la CGT Spectacle organisent une action devant le Palais des Papes ce lundi 13 juillet pour dénoncer les coupes budgétaires dans la culture
Le Festival d'Avignon devient le théâtre d'une contestation qui dépasse la scène. Après un premier rassemblement le 9 juillet devant la mairie, les syndicats du spectacle vivant organisent ce lundi 13 juillet une nouvelle action devant le Palais des Papes pour réclamer un budget culturel à 1 % du budget de l'État.
L’essentiel
- Mobilisation : conférence de presse et déambulation revendicative organisées le lundi 13 juillet 2026 devant le Palais des Papes à Avignon par le Syndeac et la CGT Spectacle
- Budget : la part de la culture dans le budget de l’État est aujourd’hui à 0,7 %, les syndicats réclament 1 %
- Élus : plus de 40 élus locaux, dont Xavier Bertrand et Emmanuel Grégoire, ont écrit à Emmanuel Macron pour contester les coupes
- Ministre : Catherine Pégard, huée le 4 juillet lors de l’ouverture du 80e Festival, assure se battre auprès de Bercy
Une action au cœur du Festival
Le Syndeac et la CGT Spectacle ont choisi le symbole. Ce lundi 13 juillet 2026, les deux organisations tiennent une conférence de presse suivie d’une déambulation revendicative devant le Palais des Papes, selon le Syndeac. L’appel « Culture partout, 1 % obligatoire » fédère artistes, techniciens et directeurs de structures culturelles.
Cette mobilisation fait suite à un premier rassemblement tenu le jeudi 9 juillet devant la mairie d’Avignon. Maxime Séchaud Do Dang, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle, avait alors qualifié la situation d’« hécatombe » pour le secteur du spectacle vivant.
Des huées à l’ouverture du Festival
Le ton était déjà donné le 4 juillet lors de l’inauguration de la 80e édition du Festival d’Avignon. Catherine Pégard, ministre de la Culture, a été accueillie par des huées de la CGT Spectacle. La ministre a assuré lors de son passage à Avignon se battre auprès du ministère de l’Économie pour préserver le budget du spectacle vivant.
Depuis la scène de la Cour d’honneur du Palais des Papes, le metteur en scène Julien Gosselin a appelé le public à refuser les économies sur l’art lors de sa pièce Maldoror. Le message passe du plateau à la rue.
Une revendication chiffrée
Les syndicats portent une demande précise : faire passer le budget de la culture de 0,7 % à 1 % du budget de l’État. Selon Cult News, ils contestent une réduction de 173,4 millions d’euros du budget de la création artistique pour 2026.
L’appel « Culture partout, 1 % obligatoire » vise à sanctuariser les financements publics du spectacle vivant. Les organisations dénoncent des coupes qui menacent la survie de compagnies, de festivals et de lieux de diffusion sur l’ensemble du territoire.
Contexte dans le Vaucluse
Le Festival d’Avignon constitue le premier employeur culturel temporaire du département pendant l’été. Avec sa 80e édition en cours, il attire chaque année plusieurs centaines de milliers de spectateurs et génère une activité économique majeure pour la ville-préfecture du Vaucluse.
La mobilisation d’Avignon fait écho à une contestation nationale. Plus de quarante élus locaux, parmi lesquels Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, et Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, ont interpellé le président de la République par courrier pour dénoncer des arbitrages financiers brutaux.
Le Vaucluse compte plusieurs structures culturelles subventionnées qui redoutent l’impact des restrictions budgétaires sur leur programmation. Le Festival d’Avignon, vitrine internationale du théâtre français, devient le porte-voix d’un secteur en alerte.
Prochaine étape
La mobilisation de ce lundi 13 juillet devant le Palais des Papes s’inscrit dans une série d’actions prévues cet été par les syndicats du spectacle vivant. Le gouvernement n’a pas encore précisé ses arbitrages définitifs sur le budget de la culture pour 2026.